La Russie ouvre la voie à des livraisons de missiles S-300 à l’Iran, dans le cadre du démarrage d’un échange pétrole-contre-armement.
[Ou : le 30 juin, c’est maintenant!, le droit international surinterprété par un Poutine particulièrement avide, rusé et revenchard, prêt à faire feu de tout bois, à propos d’un « accord » dont tout porte à croire qu’il n’a de valeur que déclarative, pour mettre fin aux sanctions, quel qu’en soit le prix payé par la région du Moyen-Orient et Israël en particulier]
(Reuters) – Lundi 13 avril, la Russie a pavé la voie à des livraisons de systèmes de missiles à l’Iran et démarré le cadre d’un échange de pétrole-contre- armement, signalant ainsi que Moscou envisage de prendre la pôle-position dans la course aux bénéfices tirés d’un éventuel assouplissement des sanctions pesant sur Téhéran.
Ces gestes surviennent peu de temps après que les puissances mondiales, dont la Russie, soient parvenues à un accord intérimaire avec l’Iran, ce mois-ci, visant à infléchir son programme nucléaire.
Le Kremlin déclare que le Président Poutine a signé un décret mettant fin à l’interdiction auto-imposée de livrer des systèmes de missiles et roquettes S-300 à l’Iran, supprimant ainsi une sujet d’irritation majeur entre les deux parties, à la suite de l’annulation, par Moscou d’un contrat correspondant à cette attente, en 2010, sous la pression de l’Occident.
Un responsable de haut-rang du gouvernement a déclaré, séparément, que la Russie a commencé à fournir du grain, du blé, des équipements et des matériaux de construction à l’Iran, en l’échange de pétrole brut, dans le cadre d’un troc.
Des sources ont confié à Reuters, il y a plus d’un an, qu’un accord d’une valeur de plus de 20 milliards de $ était en discussion et qu’il impliquerait un achat, par la Russie, de plus de 500.000 barils de pétrole iranien par jour.
Les responsables des deux pays ont publié des communiqués contradictoires, depuis lors, pour savoir si un accord avait été signé, mais le Vice-Ministre des Affaires étrangères Sergei Lavrov a déclaré, lundi, que l’un de ces accords était déjà instauré et en cours.
« Je tiens à attirer votre attention sur l’ampleur de cet accord pétrole-contre-produits, qui se réalise à une échelle vraiment très significative », a affirmé Ryabkov, lors d’un point avec les membres de la haute-chambre du Parlement, concernant les négociations avec l’Iran.
« En échange de la livraison de pétrole brut de l’Iran, nous lui livrons certains produits. Cela n’est pas interdit ni limité dans le cadre du régime actuel des sanctions ».
Il a refusé d’apporter des détails supplémentaires. Le Ministère russe de l’Agriculture a, également, refusé de s’exprimer à ce sujet, ainsi que le Ministère de l’Energie. Il n’y a eu aucun commentaire de la part de l’Iran.
L’Iran est le troisième acheteur mondial de blé russe et Moscou a commencé à discuter d’un possible accord de troc pétrole-contre-produits depuis plus d’un an.
La Russie espère bien faire la moisson de bénéfices économiques et commerciaux la plus large, si un accord final est conclu pour réaliser l’accord-cadre obtenu dans la ville suisse de Lausanne, entre l’Iran et les Six puissances mondiales – la Russie, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la Chine.
Ils ont jusqu’au 30 juin pour travailler sur les détails techniques de l’accord, dans lequel l’Iran réduirait son programme nucléaire et permettrait un contrôle international, en échange d’un assouplissement des sanctions économiques.
Il faut être deux pour danser le Tango.
Le Ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov a déclaré que l’accord de Lausanne balayait la nécessité d’une interdiction pour Moscou de livrer des S-300 et que ce système est de nature défensive, d’où il ne pose pas de menace directe (offensive) contre l’ennemi de l’Iran, Israël.
« Du fait de la suspension de ce contrat, nous n’avons pas perç des sommes importantes qui nous étaient dues. Nous ne voyons aucune raison de poursuivre cette mesure, étant donnés les progrès réalisés au cours des discussions sur le programme nucléaire iranien et de la nature absolument légitime de l’accord à venir »
Les Etats-Unis et Israël ont fait un intense lobbying auprès de la Russie, afin de bloquer cette vente de missiles avant q’uelle ne se réalise, en 2010, en affirmant que le système S-300 pourrait servir de bouclier anti-aérien aux installations nucléaires iraniennes contre d’éventuelles attaques aériennes, en cas d’échec complet des négociations [NDLR : la Russie choisit donc, comme c’était prévisible, de mettre la charrue avant les boeufs de la signature finale, de façon à rendre nulle et non avenue toute menace de frappe, au cas où l’accord n’aboutirait pas. Ce qui est encore le raccourci le plus simple pour le rendre caduc avant qu’il n’entre en vigueur].
Léonid Ivashov, un général russe à la retraite qui dirige à présent le Centre d’Analyse Géopolitique, un think tank basé à Moscou, affirme que ce geste fait partie intégrante de la course aux contrats futurs avec l’Iran.
« Si nous reportons maintenant et laissonsattendre l’Iran, alors demain, lorsque les sanctions sont pleinement levées, Washington et ses alliés obtiendrons l’accès au vaste marché de l’Iran », dit-il dans un entretien cité avec l’agence de presse RIA.
Ryabkov a laissé entendre que la Russie nourrit de grands espoirs que son ferme soutien à l’Iran serait récompensé par une coopération énergétique renforcée, dès que les sanctions internationales seraient levées.
“On doit être deux pour danser le Tango. Nous sommes fins prêts à fournir nos services et je suis sûr qu’ils seront très avantageux, comparés à ceux d’autres pays. Nous n’avons jamais abandonné l’Iran en situation difficile… Autant en ce qui concerne le pétrole que le gaz, je pense que les perspectives de notre coopération ne devraient pas être sous-estimées ».
Il a aussi répété la vision à Moscou, disant qu’un embargo sur les armes pour l’Iran devrait être levé dès qu’un accord nucléaire final est scellé.
Les sanctions ont réduit les exportations pétrolières de l’Iran de 2, 5 millions de Baril/jr en 2012 à environ 1, 1 million de barils par jour. Les analystes pensent que l’Iran n’enregistrera probablement pas de percée majeure dans ses exportations avant l’année prochaine.
Un député de la Chambre Haute a demandé à Ryabkov si la levée des sanctions contre Téhéran pouvait saper la position de la Russie sur les marchés mondiaux d’énergie, y compris en tant que principal fournisseur de gaz à l’Europe.
“Je ne suis pas aussi confiant que cela dans le fait que la partie iranienne serait prête à faire des livraisons de gaz naturel tiré de ses puits , rapidement et en vasdtes quantités vers l’Europe. Cela requiert une infrastructure qui est difficile à construire », a-t-il répondu.
MOSCOU | Par
(Reportage complémentaire par Polina Devitt, Olesya Astakhova et Vladimir Soldatkin, Edité par Timothy Heritage et Angus MacSwan)
Adaptation : Marc Brzustowski
![]() |
![]() |






































