Inde : pourquoi le temple d’Ayodhya est avant tout politique

Des dizaines de milliers d’Indiens ont assisté, lundi 22 janvier, à l’inauguration du temple de Ram, troisième plus grand temple hindou du monde. Mais derrière ce symbole religieux se cache un combat politique nationaliste porté par Narendra Modi, le Premier ministre indien.

 

C’est une inauguration qui revêt des allures de fête nationale. Des dizaines de milliers d’Indiens ont convergé ce lundi 22 janvier vers la ville d’Ayodhya, dans l’État de l’Uttar Pradesh, dans le nord du pays, pour assister à l’inauguration du temple de Ram, troisième plus grand temple hindouiste du monde. Long de plus d’une centaine de mètres et aussi haut que l’Arc de Triomphe, ce bâtiment aux dimensions hors norme pourra accueillir près de 70 000 visiteurs simultanément, une aubaine dans ce pays où 80 % de la population est hindouiste – soit près d’un milliard de personnes.

“C’est le début d’une nouvelle ère”, a déclaré le Premier ministre indien, Narendra Modi, lors de l’inauguration de l’édifice. Il ne croit pas si bien dire. Comme le rappelle le quotidien The Hindu, cet événement pose aussi les jalons d’un nouveau pouvoir politique indien à l’idéologie nationaliste mené par le Bharatiya Janata Party (BJP), le parti politique de Narendra Modi. Son objectif est clair : faire de l’Inde, qui est aujourd’hui laïque, un État hindou. En d’autres termes, il s’agit de reléguer au second plan les minorités religieuses du pays, notamment les musulmans. Ils représentent 15 % de la population indienne – soit près de 200 millions de personnes –, ce qui fait d’ailleurs de l’Inde le troisième pays musulman du monde.

Un site disputé par hindous et musulmans

Pour ces derniers, l’inauguration du temple de Ram réveille des blessures profondes. L’édifice religieux est, en effet, construit sur les ruines d’une mosquée érigée au XVIe siècle et détruite violemment en décembre 1992 par des sympathisants du BJP et du Vishva Hindu Parishad (VHP), une autre organisation hindoue d’extrême droite. Cet événement a donné lieu à plusieurs mois d’émeutes entre hindous et musulmans “qui ont causé la mort d’au moins 2 000 personnes dans le pays”, rapporte le magazine Time.

Avec l’inauguration du temple de Ram, Modi cherche à séduire les conservateurs hindous et à polariser l’électorat en amont des élections législatives prévues d’avril à mai. Une stratégie qui semble payante, puisque, selon le magazine Time, les sondages le donnent pour l’instant gagnant.

JForum.fr

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires