«Hijabeuses»: les femmes «ont le droit» de porter le voile au foot, selon Moreno.

  • Les sénateurs ont adopté le 19 janvier, contre l’avis du gouvernement, un amendement proposé par le groupe LR interdisant «le port de signes religieux ostensibles» lors «d’événements sportifs»
  • Interrogée sur Cnews, la présidente déléguée du groupe LREM à l’Assemblée nationale Aurore Bergé a expliqué avoir voté contre l’abrogation de l’amendement

PARIS : Les femmes « ont le droit de porter le voile islamique pour jouer » sur un terrain de foot, a estimé jeudi la ministre déléguée à l’Egalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno, interrogée sur les « hijabeuses », un collectif qui milite pour ce droit en compétition.

« La loi dit que ces jeunes filles peuvent porter le voile et jouer au foot. Sur les terrains de foot aujourd’hui, il n’est pas interdit de porter le voile. Je veux qu’on respecte la loi », a déclaré la ministre sur LCI, alors que la Fédération française de Foot (FFF) interdit le port de signes religieux en compétition.

« Si elles veulent jouer au foot en étant voilées, en quoi c’est impossible? (…) Très souvent, les filles ont l’impossibilité de sortir de chez elles pour faire des choses, la fameuse assignation à résidence », a-t-elle dit, soutenant « la possibilité pour les filles de faire du sport ».

Un collectif, les « Hijabeuses », a saisi le Conseil d’Etat en novembre 2021 pour obtenir l’abrogation de l’article 1 du règlement de la Fédération française de football (FFF), qui interdit « tout port de signe ou tenue manifestant ostensiblement une appartenance politique, philosophique, religieuse ou syndicale ».

Les sénateurs ont adopté le 19 janvier, contre l’avis du gouvernement, un amendement proposé par le groupe LR interdisant « le port de signes religieux ostensibles » lors « d’événements sportifs et compétitions sportives organisées par les fédérations sportives ». Un amendement abrogé par l’Assemblée où LREM est majoritaire.

Le tribunal administratif a suspendu mercredi un arrêté préfectoral qui avait interdit une manifestation le même jour des « hijabeuses » près du Palais-Bourbon.

Interrogée sur Cnews, la présidente déléguée du groupe LREM à l’Assemblée nationale Aurore Bergé a expliqué avoir voté contre l’abrogation de l’amendement « pour dire qu’il ne fallait aucun prosélytisme ni politique ni religieux dans le sport ». Elle a loué « des fédérations sportives courageuses » qui « ont pris une décision dans leur règlement intérieur en disant qu’elles ne voulaient aucun prosélytisme religieux ».

« Pour moi la question n’est pas juste la question du hijab: c’est que sur un terrain de sport, la religion n’a rien à y faire, n’a pas sa place », a insisté la députée. « En aucune manière le hijab est un facteur d’émancipation des femmes. Ceux qui veulent le faire croire sont des tartuffes », a-t-elle estimé, en soulignant qu’en France, « pays laïc, universaliste et démocratique, aucune femme n’est empêchée de faire du sport, de jouer au foot ».

Plus généralement, Elisabeth Moreno a estimé sur LCI que « dans l’espace public, les femmes peuvent se vêtir comme elles le souhaitent » et qu’il « y a des femmes qui disent +je porte le voile par choix+ ». « Ma bataille c’est de protéger celles que l’on force à porter le voile », a-t-elle dit.

« S’il faut sanctionner les parents, pourquoi pas? Mais seulement celles qui sont forcées de le faire », a-t-elle prôné, interrogée sur la possibilité d’infliger des amendes dissuasives pour les parents de filles de moins de quinze ans qui portent le voile dans l’espace public. « Les femmes doivent pouvoir choisir de se vêtir comme elles le souhaitent », a encore estimé Mme Moreno.

La Ministre WOKE, Élisabeth Moreno a-t-elle sa place au gouvernement ?

Voile dans le sport: la manifestation des « Hijabeuses» interdite à Paris.

  • « Il est à craindre que cette manifestation n’attire, outre les personnes qui la soutiennent, des personnes hostiles à la cause défendue et susceptibles d’en découdre avec les premiers », argumente la préfecture de police de Paris
  • Les jeunes femmes avaient donné « rendez-vous à 16h30, pour le match Retour sur l’Esplanade des Invalides, juste à côté de l’Assemblée Nationale »

PARIS : La préfecture de police de Paris a annoncé mardi soir interdire la manifestation prévue mercredi sur l’esplanade des Invalides à l’appel des « Hijabeuses », un collectif de footballeuses qui militent pour le droit à porter le voile lors des compétitions sportives.

« Il est à craindre que cette manifestation n’attire, outre les personnes qui la soutiennent, des personnes hostiles à la cause défendue et susceptibles d’en découdre avec les premiers », argumente la PP dans un communiqué.

L’interdiction du rassemblement est justifiée « aussi bien pour la sécurité des manifestants eux-mêmes que pour le maintien de l’ordre public », ajoute la préfecture.

« Nous avons évidemment saisi le tribunal pour contester cette décision arbitraire, injuste et complètement disproportionnée », ont réagi les « Hijabeuses » sur Twitter, précisant que l’audience se tiendrait mercredi matin.

Les jeunes femmes avaient donné « rendez-vous à 16h30, pour le match Retour sur l’Esplanade des Invalides, juste à côté de l’Assemblée Nationale ». Au programme, des « matchs de foot avec les Hijabeuses, les allié.e.s et les élu.e.s + prises de parole », avaient-elles annoncé.

Elles s’étaient déjà invitées brièvement le 26 janvier dans le jardin du Luxembourg, au pied du Sénat, pour échanger quelques passes avec une banderole « Le football pour toutes », avant d’être invitées à partir par les gendarmes.

Ce collectif, créé en mai 2020, se dresse contre la Fédération française de football (FFF) qui leur interdit de jouer voilées en compétition.

Ce nouvel appel à manifester des « Hijabeuses » coïncide avec le retour au Palais Bourbon d’une proposition de loi LREM sur le sport qui voit députés et sénateurs s’opposer sur la question de l’interdiction du port du voile en compétition.

Les sénateurs avaient voté le 19 janvier un amendement interdisant le port « de signes religieux ostensibles » lors d’une compétition sportive, aussitôt gommé par les députés.

Les deux chambres n’ayant pu s’entendre sur un texte commun, une nouvelle lecture est prévue mercredi à l’Assemblée. Les débats doivent ensuite repasser par le Sénat le 16 février avant que les députés ne donnent leur dernier mot.

JForum – AFP

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