Des femmes brandissent les drapeaux nationaux iraniens lors d'une manifestation anti-américaine et anti-israélienne sur la place Hafte Tir à Téhéran, le 17 mai 2026.

Comment le régime iranien s’assure que les civils supportent la guerre

Le régime islamique iranien a récemment lancé une nouvelle vague de répressions économiques visant à protéger ses fidèles tout en accentuant la pression sur les Iraniens qui ne souscrivent pas à son idéologie chiite officielle. Cette stratégie, analysée par plusieurs experts, s’inscrit dans un contexte de crise économique profonde et d’instabilité politique croissante. Elle repose sur un système déjà en place, le processus dit de « Gozinesh », qui réserve les opportunités économiques et sociales aux seuls individus adhérant à la doctrine du Velayat-e Faqih, la tutelle du juriste islamique, et démontrant une loyauté explicite envers le régime.

Ce mécanisme exclut de facto les minorités religieuses et ethniques ainsi que les critiques du gouvernement, qui se voient interdits d’accès à l’emploi public, à la magistrature et aux études universitaires. Cette discrimination institutionnalisée renforce une fracture sociale où les non-alignés sur l’idéologie dominante subissent de plein fouet les conséquences économiques, qu’elles soient liées aux sanctions internationales, aux conflits armés ou aux politiques internes du régime.

Plus récemment, les autorités iraniennes ont intensifié leur campagne de confiscation des biens privés appartenant à ceux qu’elles qualifient de traîtres, séparatistes ou agents ennemis, notamment en lien avec les États-Unis et Israël. Ces mesures punitives, qui visent à punir et à réaffirmer le contrôle total du régime, ont touché plusieurs dizaines de personnes dans différentes provinces, dont Yazd et l’Azerbaïdjan occidental. Cette politique rappelle des pratiques anciennes, bien que moins fréquentes, de saisies de biens sous l’ère post-révolutionnaire.

Parallèlement, le régime a instauré un accès différencié à Internet, avec des services coûteux et fortement filtrés réservés à une élite soutenant le pouvoir. Le prix de ces accès, rapporté en rials iraniens, est prohibitif pour la majorité des citoyens, dont le salaire minimum mensuel est très faible face à une inflation galopante dépassant 70 %. Cette fracture numérique accentue encore davantage les inégalités, limitant l’accès à l’information, à l’éducation et aux opportunités économiques aux classes moyennes et supérieures fidèles au régime.

Enfin, la situation énergétique contribue à la dégradation des conditions de vie. Les hausses drastiques des prix du carburant, justifiées par des dommages causés aux infrastructures par des attaques israéliennes et américaines, poussent les Iraniens à se tourner vers le marché noir. Le gouvernement appelle à une réduction de la consommation d’énergie, soulignant les difficultés liées à la guerre et aux sanctions.

Ces mesures combinées traduisent une volonté claire du régime de consolider son pouvoir en renforçant le contrôle idéologique et économique sur la population, tout en isolant et punissant les dissidents. Cette stratégie risque d’aggraver la fracture sociale et d’alimenter un mécontentement latent dans un pays déjà fragilisé par une crise économique sévère et des tensions internes croissantes.

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