Choc à Hébron suite aux évacuations après l’attaque : « Partir jusqu’à nouvel ordre ? Je ne partirai pas. »

L’armée israélienne estime qu’environ 2 000 habitants vivent dans les quartiers où l’opération a débuté après l’attaque qui a coûté la vie à des combattants du bataillon ARI du Commandement du Front intérieur. Les Palestiniens dénoncent une « punition collective », tandis que le maire affirme : « Netanyahu et ses ministres radicaux cherchent simplement à obtenir plus de voix des colons. », et nous, nous pensons que Hébron est une ville israélienne, où la loi d’Israël s’impose.

L’armée israélienne a arrêté dix suspects samedi après-midi lors d’une opération lancée vendredi soir à Hébron , suite à l’attaque qui a coûté la vie aux combattants israéliens Ron Yonatan Roitman et Yuval Shai Suylem ( décédé depuis ). L’armée a précisé avoir autorisé les habitants qui le souhaitaient à évacuer la zone de l’opération à quitter les lieux par des points de contrôle désignés par le Shin Bet et l’armée israélienne.

Selon l’armée, des forces de Duvdevan, Maglan, des parachutistes, la réserve de patrouille Givati ​​(6261) et la police des frontières de Judée-Samarie participent à l’opération, menée sous la direction du Shin Bet et sous le commandement de la brigade Yehuda. L’opération se concentre principalement sur les quartiers de Deir Baha et d’Al-Jalda à Hébron. D’après les estimations de Tsahal, la zone compte environ 2 000 habitants affiliés au clan Jebaa, lui-même lié au Hamas et dont sont issus les terroristes responsables de l’attentat d’hier.


Majdi Nasser fait partie des habitants qui ont reçu l’ordre de partir. Il affirme n’avoir aucun lien avec le clan. « Vers 0h30, l’armée nous a ordonné de quitter nos maisons. Quand nous avons demandé jusqu’à quand, ils ont répondu : « Jusqu’à nouvel ordre ». Une cinquantaine de soldats et de voitures ont évacué toutes les maisons alentour », raconte-t-il. « Je ne quitterai pas ma maison. Je ne partirai pas d’ici. Nous faisons appel à l’ONU, car l’Autorité palestinienne est impuissante. Nous demandons aux autorités officielles de nous soutenir, car nous ne sommes impliqués en rien dans cette affaire. Il y a des enfants ici. Nous sommes isolés. C’est arbitraire. »

Yousef al-Jabari, le maire d’Hébron, a établi un lien entre les élections à venir et l’opération annoncée la nuit dernière par Tsahal. « Netanyahu et les ministres radicaux de son gouvernement tentent de gagner un maximum de voix parmi les colons », a-t-il déclaré. Selon lui, Tsahal a détruit des commerces, des usines et des routes, ce qui constitue, à ses yeux, une riposte disproportionnée et injustifiée. Des habitants d’Hébron ont affirmé que certaines des personnes expulsées de leurs logements n’avaient aucun lien avec les terroristes ayant perpétré l’attaque, et l’Autorité palestinienne a qualifié cette mesure de « châtiment collectif ».
Hébron


Drapeaux israéliens devant une maison sous contrôle des forces de Tsahal dans le quartier de Deir Baha, à Hébron( Photo : JOHN WESSELS / AFP )

Le gouverneur d’Hébron, Khaled Dodin, a convoqué des réunions d’urgence avec des représentants des institutions officielles et des organisations civiles afin d’examiner les conséquences de l’opération et la réponse à apporter aux familles touchées. À l’issue de ces réunions, il a été décidé de créer un comité d’urgence conjoint chargé de recenser les besoins des familles et de coordonner les efforts de secours ainsi que l’acheminement de l’aide d’urgence. Les plus hautes instances palestiniennes sont également impliquées : le vice-président de l’Autorité palestinienne, Hussein al-Sheikh, le Premier ministre Muhammad Mustafa et le chef des renseignements généraux, Majed Faraj, se sont engagés à maintenir le contact international et à faire pression pour la fin de l’opération.

Issam al-Qawasmeh, un marchand de carreaux, a déclaré avoir reçu une demande d’évacuation de ses marchandises et de ses entrepôts, qui s’étendent sur environ 17 dounams. Face à l’urgence et à l’importance des marchandises, il a sollicité l’aide des habitants pour évacuer d’urgence ses biens à l’aide de camions et de chariots élévateurs. La direction de l’éducation d’Hébron a décidé que les cours n’auront pas lieu normalement demain et après-demain, et ne reprendront que mardi, sous réserve de l’évolution de la situation sur le terrain.

Hijazi al-Tamimi (70 ans), propriétaire d’un magasin vendant des poulets vivants et de l’alimentation animale et figure importante de son quartier à Hébron, a raconté avoir été réveillé à 1 h du matin par des soldats de Tsahal et un officier supérieur qui lui ont ordonné d’évacuer son domicile. « Je leur ai demandé combien de temps durerait l’évacuation, et ils m’ont répondu « jusqu’à nouvel ordre » », a-t-il déclaré à l’AFP. Il a précisé n’avoir eu que très peu de temps pour faire ses bagages, ajoutant que pour certains habitants, quitter le quartier était difficile. « La mère de ma femme, par exemple, qui a 90 ans, a dû être évacuée de la maison car elle est malade. »

Khaled al-Tamimi, 68 ans, frère de Hijazi, est resté avec son fils après l’ordre d’évacuation donné par Tsahal. « L’armée a annoncé par haut-parleur : « Évacuez la zone. » Alors nous sommes partis », se souvient-il. Il s’est dit surpris de constater que les terroristes avaient quitté son quartier, qu’il décrit comme « résidentiel et respectueux des lois ». « Nous n’avons ni vu ni entendu un seul coup de feu », a-t-il déclaré. « Pourquoi devrais-je être expulsé de chez moi ? », s’est-il interrogé, furieux contre les terroristes : « Ce sont eux qui ont commis cet acte, et si le gouvernement israélien veut les punir, qu’ils le soient. »

L’opération de Tsahal à Hébron, baptisée « Le Rugissement de Yedu », a été lancée suite à l’attaque meurtrière qui a coûté la vie à Roitman et Suylem, les premières victimes du bataillon ARI du Commandement du Front intérieur. L’attaque a eu lieu hier matin au carrefour de Yehuda, sur la route nationale 35, près d’Hébron. Deux terroristes palestiniens sont arrivés sur les lieux à bord d’un véhicule, en sont descendus et ont ouvert le feu sur les forces de Tsahal. Au cours de l’échange de tirs, qui a duré plus de 20 minutes, les deux combattants ont été tués et trois autres légèrement blessés. Des renforts sont arrivés sur place, notamment le commandant adjoint du bataillon ARI et un commandant de compagnie, qui ont encerclé les terroristes et les ont neutralisés.

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