L’union nationale aura duré peu dans les territoires palestiniens. Le Premier ministre Rami Hamdallah a remis mercredi la démission du gouvernement au président Mahmoud Abbas, qui l’a chargé d’en former un nouveau.
Palestiniens rassemblés le 23 avril 2014 pour « fêter » la réconciliation entre Hamas et OLP
Le gouvernement d’Union avait été formé en 2014 dans le but notamment de rapprocher les deux grands rivaux palestiniens que sont le Fatah qui dirige la Cisjordanie et le Hamas qui contrôle la bande de Gaza. Mais c’est un schisme plus profond encore qui semble se profiler après cette démission. Rappelons qu’une guerre fratricide avait commencé dès 2006 aux lendemains de la victoire électorale du Hamas à Gaza.
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Rami Hamdallah doit commencer immédiatement ses consultations avec tous les mouvements palestiniens, y compris avec le Hamas aux commandes dans la bande de Gaza, a dit Nimr Hamad. Le mouvement islamiste a dit officiellement refuser la dissolution du gouvernement auquel il est associé, à la seule instigation du président Abbas. « Le Hamas rejette tout changement unilatéral de gouvernement sans le consentement de toutes les parties », a dit un porte-parole du Hamas.
Cette démission sanctionne l’incapacité d’agir du gouvernement d’union formé en 2014 pour mettre fin à des années de dissensions qui ont quasiment tourné à la guerre civile en 2007 entre les deux principales formations palestiniennes, le Fatah laïque et modéré du président, et le Hamas. Les doutes quant à la stabilité du gouvernement avaient commencé à émergé dès l’annonce de sa formation. La démission risque d’ajouter aux profondes incertitudes du moment et à l’incapacité à gouverner la bande de Gaza.
Les perspectives de création prochaine d’un Etat palestinien ont rarement paru plus sombres. La réconciliation proclamée est restée un vœu pieux, la bande de Gaza est un « baril de poudre » selon les mots du chef de la diplomatie allemande et, sous la coupe du Hamas, l’enclave paraît s’éloigner toujours davantage politiquement de la Cisjordanie, dont elle est séparée physiquement par le territoire israélien.
Le Hamas toujours là ? Un haut responsable du Hamas, Ziad al-Zaza, a laissé une porte ouverte. Il a appelé le président Abbas à remplacer un gouvernement – délibérément composé de technocrates soutenus par le Fatah et le Hamas – par un gouvernement plus politique, « avec tous les mouvements nationaux et islamiques pour faire face à l’occupation israélienne ». Un responsable de l’OLP qui souhaitait rester anonyme a également plaidé pour un gouvernement plus politique.
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