Mais où est donc passé Bachar el-Assad ?
Le président syrien est le grand absent de la séquence qui oppose l’axe de la résistance à l’État hébreu.
Le 25 décembre, Razi Moussavi, un commandant iranien de la force al-Qods, est tué dans une frappe imputée à Israël, alors qu’il se trouvait à son domicile à Saydat Zeinab, dans la banlieue sud de Damas. Le jour même, le président syrien Bachar el-Assad promulgue une loi pour la protection des… forêts. Pour le régime syrien, depuis trois mois, c’est « business as usual ». L’État hébreu a eu beau accélérer le tempo de ses attaques aériennes sur le sol syrien, tuer le haut responsable iranien précité ainsi que Saleh el-Arouri, le numéro deux du bureau politique du Hamas, à Beyrouth, Assad reste étrangement muet. Les médias d’État n’ont fait aucune mention de l’assassinat du premier et se sont contentés du minimum sur celui du second.
Lundi 8 janvier, en début de soirée, l’armée israélienne a annoncé avoir éliminé Hassan Akkacha, un « responsable des tirs de roquettes du Hamas depuis la Syrie vers Israël », dans une opération menée à Beit Jinn, ville située au sud-ouest de la capitale syrienne. Entre le 12 octobre 2023 et le 8 janvier, pas moins de 18 frappes imputées à Israël ont visé à plusieurs reprises les aéroports de Damas et d’Alep, ainsi que des positions et installations du Hezbollah et des forces iraniennes dans la région de Damas.
Alors que les combats se poursuivent à Gaza entre Israël et le Hamas, contre le Hezbollah au Liban-Sud, que des attaques interviennent en Irak et au Yémen, la Syrie apparaît comme la grande absente de l’axe de la résistance. Le front syrien reste stable en dépit de quelques roquettes lancées sur le plateau du Golan occupé. Malgré son histoire et l’idéologie nationaliste arabe de son régime, la Syrie reste à la marge de ce conflit. Au-delà des discours de soutien envers la résistance palestinienne et quelques manifestations sporadiques à Damas, Alep, Hama ou Tartous, Bachar el-Assad n’est pas prêt de jouer le héraut pour la libération de la Palestine. Et ce pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, parce que, quand bien même il le voudrait, il n’en a pas le pouvoir. Ne détenant pas un contrôle total sur les zones dans son giron, l’Iran et le Hezbollah peuvent décider de mener des actions militaires contre Israël sans qu’Assad n’ait son mot à dire. Le renforcement militaire de Téhéran et de ses alliés dans le Sud syrien, un projet mené depuis des années par le commandant de la force al-Qods, Kassem Soleimani, jusqu’à sa mort en 2020 lors d’une frappe américaine, avait pour but de pouvoir ouvrir un front contre Israël en cas de guerre régionale. Mais pour l’heure, cette option ne semble pas être sur la table, la Syrie servant uniquement de base logistique pour l’envoi d’armements au Hamas et au Hezbollah. « Pour l’axe de la résistance’, le calcul aujourd’hui est que le régime syrien reste en retrait. Depuis 2018, la ligne de Damas est de condamner les attaques israéliennes sur son territoire en promettant d’y répondre, ce qu’il ne fait jamais », rappelle à L’Orient-Le Jour Hamidreza Azizi, chercheur associé au German Institute for International and Security Affairs (SWP). Bachar el-Assad est également tributaire des calculs stratégiques de son allié russe qui conserve une influence certaine sur le territoire. « Moscou a des intérêts en Syrie qu’elle ne veut pas mettre à risque », appuie l’expert.
Normalisation en cours ?
Tout juste délesté de son statut de paria depuis sa réintégration l’an dernier au sein du giron arabe, le président syrien ne peut pas non plus s’aliéner les pays du Golfe qui espèrent équilibrer l’influence iranienne dans la région. Selon le site d’information Axios, le 9 octobre, soit deux jours après le lancement de l’offensive Déluge d’al-Aqsa, les Émiratis avisent Assad de ne pas entrer dans la danse. « Il y a un risque que tous ses acquis puissent partir en fumée, alors il préfère regarder ailleurs », poursuit Hamidreza Azizi.
Durant sa participation au sommet d’urgence conjoint de l’Organisation de la coopération islamique et de la Ligue arabe sur Gaza, tenu à Riyad le 11 novembre, Assad a déclaré qu’aucun pays de la région ne devrait engager Tel-Aviv dans un « processus politique » jusqu’à ce qu’Israël accepte un cessez-le-feu à Gaza. Le président syrien doit se frotter les mains de voir le processus de normalisation entre l’État hébreu et les pays arabes être sérieusement compromis par cette nouvelle donne.
Même si Assad avait un quelconque pouvoir décisionnaire, il n’a aucun intérêt à se lancer dans une bataille contre Israël. À la tête d’un territoire fragmenté et moribond, il joue aujourd’hui sa survie. Des manifestations émergent régulièrement contre la situation économique désastreuse : plus de 90 % de la population syrienne vit sous le seuil de pauvreté, et, depuis le 7 octobre, la livre syrienne est passée de 12,900 pour 1 dollar a 14,400 sur le marché noir. Le président syrien cherche à reconquérir les territoires toujours aux mains de la rébellion, dont Idleb, qu’il bombarde intensément depuis octobre, alors que les regards sont tournés vers Gaza. « C’est une considération plus importante que la guerre de Gaza. Il ne peut pas se laisser distraire et ainsi mettre ses acquis en péril », observe l’expert irano-allemand.
« Nous ne pouvons pas demander plus à la Syrie et nous devons être réalistes. (…) Le pays est en proie à une guerre planétaire depuis 12 ans. Malgré sa situation difficile, il soutient la résistance et en subit les conséquences », avait lui-même admis le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le 11 novembre lors de son deuxième discours depuis le début de l’opération Déluge d’al-Aqsa.
Les « frenemies »
Enfin, la dernière considération importante dans le repli d’Assad dans ce contexte est le fait qu’il ne fera rien pour les beaux yeux du Hamas. « Il n’est pas vraiment convaincu que le Hamas vaut un soutien, même si leurs liens se sont améliorés », avance Hamidreza Azizi. Les médias d’État, dont l’agence d’information syrienne SANA, font état des opérations militaires de la résistance palestinienne sans jamais nommer le Hamas. « Depuis le 7 octobre, nous n’avons pas non plus vu de grands gestes en faveur du Hamas et je ne pense pas que les dirigeants du Hamas aient rencontré publiquement des responsables syriens, par exemple », explique Aron Lund, chercheur au centre de réflexion Century International, dans un article du magazine économique en ligne The Syria Report. Selon une source au sein du Hezbollah, Assad considère que le Hamas et les rebelles qu’il combat encore aujourd’hui à Idleb « sont les mêmes ».
Après avoir été accueillis à Damas dès 1999, les dirigeants de l’organisation palestinienne tournent le dos à Assad à l’aune de la révolution syrienne. Ils s’installent dès 2012 au Qatar et sont accusés par le régime syrien d’avoir soutenu des groupes de l’opposition armée. En 2017, l’Iran et le Hezbollah se rabibochent avec le Hamas, mais il faudra attendre septembre 2022, soit une décennie d’hostilité mutuelle, pour que la Syrie fasse de même, poussée par son parrain. Mais Assad a la rancune tenace. Pas plus tard qu’en août dernier, il affirmait, dans une interview accordée à Sky News, que la relation avec le Hamas « s’inscrit dans le cadre du principe général », se devant d’être aux côtés de « chaque parti palestinien qui s’oppose à Israël », mais qu’il est « trop tôt pour que les choses redeviennent comme avant ». Autrement dit : l’ennemi de mon ennemi est mon « frenemy »…
JForum.fr et LOLJ
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Bachar Al Assad est un nom qui évoque la plus grande faillite morale de notre époque, dont le monde arabo-musulman se contrefiche.
Comment expliquer qu’un dirigeant, responsable du massacre de près d’un demi million de sa population, n’a pas été condamné par l’ONU et ses organismes divers et variés, qui se mettent à hurler dès qu’un gazaoui perd une sandale si il a été bousculé par un soldat de Tsahal ?
Il ne faut pas oublier que Hollande avait donné son feu vert pour bombarder la Syrie après que Bachar Al Assad ait utilisé des armes chimiques contre sa population, et que c’est l’odieux Obama qui s’est dégonflé à la dernière minute.
La pire chose qui soit arrivée aux Etats-Unis a été l’élection de ce frère musulman qui continue à y foutre la merde par l’intermédiaire de Biden la marionnette ventriloque, ou par son influence néfaste sur des organisations américaines.
Tout récemment, ce salopard a soutenu l’odieuse Claudine Gay Présidente de Harvard, afin qu’elle ne soit pas sanctionnée, sans parler de son activisme dans le soutien de la candidature de Biden la momie ressuscitée.
Et dire que certains dégénérés voient en ce personnage méprisant un pharaon….