Les israéliens ont pu prendre la mesure du gouffre culturel et social qui sépare les communautés juives et arabes en Israël. Après l’attentat de Pisgat Zeev hier lundi, un journaliste de la radio Galei Tsahal s’est entretenu par téléphone avec un proche des deux jeunes terroristes de 15 et 13 ans qui ont poignardés hier un enfant israélien qui se trouve dans un état désespéré ainsi qu’un adulte de 21 ans, moyennement atteint.
Exposant les faits, la conversation a vite tournée au déni total de la réalité. Pour seule réponse, le journaliste a entendu ce proche lui asséner « vous avez vu de vos yeux qu’ils sont les auteurs de cet attentat ? C’est encore une invention des Juifs !». Lorsque le journaliste lui a rétorqué que même l’Autorité palestinienne avait donné l’identité des deux enfants, son interlocuteur ne s’est pas démonté : « Et bien allez demander à Abou Mazen (Mahmoud Abbas) ». Pendant que l’interview se déroulait, une femme hurlait derrière le combiné, « ils ont tué nos enfants, les juifs tuent nos enfants ! »
Hier soir, une équipe de la télévision israélienne s’est rendu au domicile des deux cousins que l’on surnomme déjà « les enfants terroristes » et les images diffusées sont difficilement supportables. Dans le quartier de Beit Hanina, où ils résident, pas un pleur, pas un regret. La mère de l’un d’eux, le regard glacé affirme devant la caméra « nos enfants sont des héros des martyrs, leur action m’ouvre les yeux, j’envisage moi aussi de passer à l’action ». Les voisins approuvent également leur geste, l’un d’eux explique : « certes, ils ont poignardé un enfant qui faisait du vélo, et après ? Cet enfant serait devenu un soldat, vous aussi vous tuez nos enfants ».
Parmi les dizaines de personnes présentes, aucune n’a adouci le propos. Opinant du chef, ils ont tous acquiescé…
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