Chir Hachirim: le Cantique des Cantiques (vidéo)

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Marc Chagall « Le cantique des cantiques, IV » Musée National Marc Chagall – Nice

 

Chir Hachirim: la description du peuple juif (vidéo)

            Adapté par Jforum le 08.01.2020

 

 

 

Le Chir Hachirim (Cantique des Cantiques) exprime l’amour d’Hachem envers Son peuple, et a été composé par le Roi Salomon..

 

La fête de Pessa’h met à l’honneur le Cantique des Cantiques. On le lit pour clore le Seder ou pendant le Chabbat de ‘Hol Hamoed. Un regard sur ce chant d’amour…

Chir Hachirim est écrit sous la forme d’un chant d’amour entre un roi et une princesse. Tous les commentaires traditionnels admettent qu’il s’agit là d’un hymne qui dépeint les relations du peuple juif avec D.ieu.

Dans sa plus grande partie, le chant rapporte les paroles des fiancés séparés qui languissent d’amour l’un pour l’autre.

La princesse suscite en même temps la jalousie et l’admiration des autres jeunes filles : malgré les malheurs qui l’atteignent, malgré toutes ses péripéties, elle reste fidèle à son amour.

Lui, qui ne connaît nul besoin, persiste cependant dans son attachement à sa fiancée persécutée.

Cette symbolique est, pour nos contemporains, plutôt hermétique. On peut cependant la paraphraser de la façon suivante : La recherche de l’absolu, de la spiritualité, de D.ieu, n’est plus l’exclusivité du peuple juif. Tous les peuples éprouvent le besoin ou l’envie de découvrir les valeurs transcendantes et de servir D.ieu. (De nos jours, l’idée de D.ieu est tellement déformée, bafouée, qu’il devient difficile de se la représenter clairement. Mais ce problème dépasse le cadre de ces pages.)

Le spirituel est pour les peuples un délicieux parfum plutôt qu’un élément vital. “Une huile aromatique qui se répand, tel est ton nom : c’est pourquoi les jeunes filles – les peuples – sont éprises de Toi” (chap. 1 vers. 3).

Mais le peuple juif n’est peuple que par le spirituel. “Entraîne-moi à Ta suite, courons ! Le Roi m’a conduite dans Ses appartements” (vers. 4). Sa naissance même a eu lieu en terre étrangère, dans un élan vers une vérité transcendante et libératrice. “Sous le pommier J’ai éveillé ton amour, là où ta mère te mit au monde…”

Selon l’exégèse du Talmud, ce verset est une allusion aux enfants juifs qui, pour échapper aux Egyptiens, furent mis au monde dans la clandestinité : à ce moment est également né leur amour pour D.ieu. Selon une autre exégèse, c’est au mont Sinaï que cette phrase fait allusion…

Aucune cause naturelle ne préside à la naissance du peuple juif. Depuis Abraham jusqu’à la sortie d’Egypte, à l’époque du Temple ou de la captivité, et jusqu’aux temps messianiques, ce n’est que l’aspiration à un monde plus juste et plus beau qui maintient en vie le peuple juif.

Le Cantique des Cantiques chante aussi l’art de vivre en captivité. Le monde n’a pas accepté les valeurs spirituelles comme mode de vie et il se dresse contre le peuple juif qui en est le promoteur.

Entouré d’ennemis et frappé par leur médisance, celui-ci n’endure pas uniquement des souffrances matérielles mais aussi un affaiblissement spirituel.

“Comme une rose parmi les épines, telle est mon amie parmi les jeunes filles”, dit D.ieu à propos de Son peuple.

Parfois, Israël doute de lui-même et de sa valeur tant la Galouth (exil) l’a noirci, mais malgré tout, il reste confiant dans son avenir.

“Ne me regardez pas avec dédain parce que je suis noirâtre : c’est le soleil qui m’a hâlée. Les fils de ma mère étaient en colère contre moi, ils m’ont fait garder les vignobles, et mon vignoble à moi, je ne l’ai pas gardé” (chap. 1, vers. 6).

Il continue à lutter pour un monde plus juste et attend avec confiance les Temps messianiques. “Le voici qui vient, franchissant les montagnes, bondissant sur les collines” (chap. 2, vers. 6).

Le Cantique des Cantiques est plus qu’un hymne : il retrace une description rigoureuse de la vie du peuple juif et de ses aspirations.

LE RABBIN BENJAMIN RINGER

Chapitre 1

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1,1 Le Cantique des Cantiques, composé par Salomon.
1,2 Qu’il me prodigue les baisers de sa bouche! Car tes caresses sont plus délicieuses que le vin.
1,3 Tes parfums sont suaves à respirer; une huile aromatique qui se répand, tel est ton nom. C’est pourquoi les jeunes filles sont éprises de toi.
1,4 Entraîne-moi à ta suite, courons! Le roi m’a conduite dans ses appartements, mais c’est en toi que nous cherchons joie et allégresse; nous prisons tes caresses plus que le vin: on a raison de t’aimer.
1,5 Je suis noircie, ô filles de Jérusalem, gracieuse pourtant, comme les tentes de Kêdar, comme les pavillons de Salomon.
1,6 Ne me regardez pas avec dédain parce que je suis noirâtre; c’est que le soleil m’a hâlée. Les fils de ma mère étaient en colère contre moi: ils m’ont fait garder les vignobles, et mon vignoble à moi, je ne l’ai point gardé!
1,7 Indique-moi, toi que chérit mon âme, où tu mènes paître [ton troupeau], où tu le fais reposer à l’heure de midi. Pourquoi serais-je comme une femme voilée auprès des troupeaux de tes compagnons?
1,8 Si tu ne le sais pas, ô la plus belle des femmes, suis donc les traces des brebis, et fais paître tes chevreaux près des huttes des bergers.
1,9 A une cavale, attelée aux chars de Pharaon, je te compare, mon amie.
1,10 Charmantes sont tes joues ornées de rangs de perles, ton cou paré de colliers.
1,11 Nous te ferons des chaînons d’or avec des paillettes d’argent.
1,12 Tandis que le roi demeure sur son divan, mon nard exhale son arome.
1,13
Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe, qui repose sur mon sein.
1,14 Mon bien-aimé est pour moi une grappe de troène dans les vignes d’En-Ghedi.
1,15 Que tu es belle, mon amie, que tu es belle! Tes yeux sont ceux d’une colombe.
1,16 Que tues beau, mon bien-aimé, et combien aimable! Notre couche est un lit de verdure.
1,17Les solives de nos maisons sont de cèdre, nos lambris sont de cyprès.

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