Jean-François Ricard, procureur national antiterroriste.

Attentats de janvier 2015 : la barre, ce ne sont pas des « petites mains »

Publié le  , mis à jour 

Le procureur national antiterroriste a contesté hier sur Franceinfo l’idée selon laquelle le procès des attentats de janvier 2015 serait celui des « petites mains » et aurait moins d’intérêt faute de présence des assaillants, tous trois tués après les attaques.

Pour Jean-François Ricard, le procès qui s’ouvre mercredi à Paris, a « un double intérêt » : « approcher la vérité » et être « un moment d’expression » pour les victimes.

« C’est tout à fait nouveau : les premières semaines de ce procès vont être consacrées à la parole des victimes », s’est-il félicité. « Elles vont pouvoir expliquer, demander, tenter de comprendre, et ça, c’est fondamental ».

Evoquant les frères Kouachi et Amédy Coulibaly, tués après les attaques de Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, M. Ricard a reconnu que leur absence était « une source de frustration » tout en invitant à la « relativiser » au vu des précédents.

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« Erreur d’appréciation »

« On attribue beaucoup trop de poids à la présence indispensable des auteurs directs dans le box des accusés », a souligné le magistrat. « Prenons d’expérience ce qu’il se passe quand nous avons les auteurs directs d’attentats dans le box des accusés : ils restent soit silencieux, soit se bornent à des dénégations, soit font des provocations. La plupart du temps, on n’en sait rien de plus », a estimé M. Ricard.

« C’est souvent encore plus frustrant car il y a parfois de véritables provocations à l’égard des victimes », a-t-il ajouté.

Quatorze accusés, dont trois manquent à l’appel, doivent être jugés par la cour d’assises spéciale.

« Je récuse l’idée qu’il s’agit de petites mains, de gens sans intérêts, c’est une erreur d’appréciation« , a poursuivi M. Ricard.

Selon le procureur, « il s’agit d’individus qui sont dans la logistique, dans la préparation des faits, qui ont fourni des moyens de financement, du matériel opérationnel, des armes, un domicile… Tout ça est indispensable à l’action terroriste ».

« Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste à caractère criminelle qui, à l’époque des faits, était punie de 20 ans de réclusion et, pour deux d’entre eux, également pour complicité », a-t-il rappelé.

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