À Calais, commerçants et routiers veulent bloquer l’autoroute ce lundi

VIDÉO – Exaspérés par l’afflux continu de migrants, les acteurs économiques du Calaisis ont décidé d’opter pour la manière forte.
Malgré les annonces de Bernard Cazeneuve vendredi sur la «Jungle» de Calais, les acteurs économiques de la région – commerçants, agriculteurs et routiers – ont décidé d’agir et de montrer par la manière forte leur mécontentement. Ils ont prévu une double opération escargot lundi pour réclamer le démantèlement du camp de migrants, coupable, selon eux, de fragiliser l’économie locale. Sous une pluie fine, les deux cortèges, une quarantaine de camions à Loon, une trentaine à Boulogne, doivent converger à Calais et bloquer l’A16. Cette autoroute est particulièrement utilisée par les transporteurs européens pour rejoindre l’Angleterre via le port de Calais, premier de France pour le trafic passager, ou le tunnel sous la Manche.
«Après avoir employé la méthode douce et n’avoir obtenu que des promesses de la part de l’État qui ne veut rien changer et qui favorise la sauvegarde des migrants et non celle des commerçants, des portuaires, des transporteurs routiers, des touristes et des agriculteurs, on change de logiciel», a prévenu lundi 29 août Frédéric Van Gansbeke, président du collectif des entreprises et commerces du Calaisis.
Vers 9h30, ils s’arrêteront sur l’A16, à hauteur de la ville. Le mot d’ordre est de ne pas quitter l’axe sans une réponse du gouvernement. Cela pourrait donc durer «le temps qu’il faudra», prévient le collectif. Par ailleurs, une chaîne humaine se tiendra vers 9 heures, rassemblant la population locale, du principal stade de la ville à la zone portuaire. Les participants sont invités à se vêtir d’un gilet jaune.
«On ne bougera pas (de l’autoroute, ndlr) tant que l’Etat ne nous donnera pas des dates de démantèlement total de la zone Nord de la Jungle», a assuré le collectif.
Entre 7000 et 10.000 migrants, selon les sources, vivent sur ce secteur après le démantèlement de la zone sud en mars. En visite à Calais vendredi, le ministre de l’Intérieur a annoncé la poursuite de la destruction du camp, mais sans fixer de calendrier.
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