L’ambassadeur américain Robert Ford « retourne en Syrie », a annoncé mardi le département d’Etat, assurant que sa présence dans le pays qu’il avait quitté fin octobre était la meilleure manière de véhiculer « le message selon lequel les Etats-Unis se tiennent au côté du peuple syrien ».
M. Ford « en a fini avec ses consultations à Washington et retourne en Syrie », a indiqué dans un communiqué un porte-parole de la diplomatie américaine, Mark Toner, confirmant une information donnée plus tôt par un responsable américain.
« Nous pensons que sa présence dans le pays est une des mesures les plus utiles pour transmettre le message selon lequel les Etats-Unis se tiennent au coté du peuple syrien », a-t-il ajouté.
M. Ford « va poursuivre le travail qu’il avait entamé: à savoir transmettre le message des Etats-Unis au peuple syrien; fournir des informations fiables sur la situation sur le terrain ; et s’engager avec l’ensemble de la société syrienne sur la manière de mettre fin à l’effusion de sang et parvenir à une transition politique pacifique », a détaillé le porte-parole.
L’ambassadeur Ford retournera « ce soir » à Damas, avait annoncé plus tôt un responsable américain à Genève, alors que la secrétaire d’Etat Hillary Clinton rencontrait des opposants syriens dans la cité suisse.
Lors de cette rencontre, Mme Clinton a souligné la nécessité de protéger les minorités, les groupes ethniques et les femmes dans une Syrie post-Assad.
« Une transition démocratique suppose bien plus qu’un départ du régime (du président syrien Bachar al-) Assad. Cela veut dire mettre la Syrie sur la voie du droit et de la protection des droits universels de tous les citoyens quel que soit leur religion, leur appartenance ethnie ou leur sexe », a-t-elle ajouté.
Mme Clinton a tenu ces propos alors qu’elle rencontrait pour la première fois des représentants du Conseil national syrien (CNS), crée en octobre et regroupant la majorité des courants de l’opposition en Syrie.
« Je suis particulièrement intéressée par le travail que vous menez sur la manière de conduire une transition démocratique », a-t-elle dit aux sept membres du CNS qu’elle a rencontrés, dont son président Bourhan Ghalioun.
La chef de la diplomatie américaine devrait également rencontrer la Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Navi Pillay, avant de prononcer un discours à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme (célébrée le 10 décembre) dans la majestueuse Salle des Assemblées, au Palais des Nations.
Plus de 4.000 personnes sont mortes dans la répression par le régime syrien de la contestation qui secoue le pays depuis mi-mars, selon un bilan de l’ONU.
L’ambassadeur Ford avait brusquement quitté Damas fin octobre en raison de « menaces crédibles pour sa sécurité personnelle ». Plusieurs pays arabes et européens ont depuis rappelé leur ambassadeur pour consultation.
M. Ford a exaspéré le régime du président Bachar al-Assad en le critiquant publiquement, notamment sur la page Facebook de l’ambassade, et en se rendant à deux reprises sur le terrain pour se faire sa propre idée des manifestations.
Washington, 6 déc 2011 (AFP)
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