Gadi Eisenkott sera le 21ème chef d’Etat-Major et il prendra ses fonctions à un moment presque idéal. Dans l’histoire de l’armée israélienne,il n’y a pas eu tant que cela de candidats à ce rôle qui recueillent un tel consensus autour de lui.
Le Premier Ministre a hésité, mais n’a pas insisté, lorsqu’il a réalisé que le Ministre la Défense Moshe Ya’alon était convaincu qu’Eisenkot était l’homme qu’il fallait à ce poste et qu’il était déterminé à le présenter au gouvernement comme son candidat en vue de remplacer Benny Gantz.
Ya’alon a fait usage de la synthèse des opinions prises auprès de tous les anciens responsables de Tsahal et de l’appareil de la Défense, récemment consultés, afin d’appuyer son choix. C’est aussi ce qui a dû influencer la décision finale de Netanyahu.
Dans la photo qui suit, on voit Ya’alon et Eisenkot voler à bord d’un hélicoptère, en revenant du mémorial de David Ben Gurion, à Sde Boker, au moment même où le Ministre de la Défense lui montre le texte qui suit dans le message sur son téléphone portable : « Nous déclarons, par la présente, que vous avez été choisi pour être le prochain Chef d’Etat-Major ». Eisenkot a répondu par un énorme sourire.

Le moment où Eisenkot reçoit la nouvelle de sa nomination (Photo: Ariel Hermoni, Defense Ministry)

Netanyahu et Eisenkot (Photo: Amit Shabi)
En tout cas, la plupart des généraux de Tsahal et des commandants principaux sur le terrain pensent qu’Einsenkot est le bon choix en ce moment et dans les conditions qu’on connaît actuellement. Ils estiment tous sa façon de penser, ses capacités d’analyses, sa force tranquille et naturelle de commandement, ainsi que sa haute intégrité personnelle.
L’expérience vaste et diversifiée qu’Eisenkot a accumulée à des positions d’équipe de commandement à tous les niveaux est aussi considérable que sa profonde familiarité et sa conscience précise et actuelle de l’armée et de ses missions.
Tout cela lui permet de prendre les commandes au bureau de l’Etat-Major après une courte période de prise de poste, en compagnie et en binôme avec Gantz, afin d’obtenir progressivement la coopération harmonieuse et entière de la part des généraux en place, d’éviter des mouvements hâtifs qui mettrait Israël en difficulté, et même, sûrement, de générer l’électrochoc nécessaire au changement, pour faire en sorte de rendre l’armée plus offensive et créative dans ses méthodes d’action.
Certains questionnent encore la capacité d’Eisenkot à produire ces changements nécessaires dans la doctrine opérationnelle de Tsahal, un changement qui permettra une victoire sans la moindre équivoque et une dissuasion de long terme de s’installer durablement, dans le cadre des conflits prévus avec le Hezbollah, le Hamas et, peut-être, même,n avec l’Etat Islamique et le Jabhat al Nusra, qui se pressent aux portes.
Certains hommes politiques, à des positions-clés, des responsables du Département de la Défense et des citoyens ordinaires, perçoivent encore Eisenkot comme l’associé et partenaire responsable de la planification et du management de deux opérations militaires : la Seconde Guerre du Liban et l’Opération Bordure Protectrice – là, justement, où Tsahal n’a pas réussi à marquer une victoire sans équivoque, qui cloue définitivement le bec aux deux groupes terroristes impliqués (Hezbollah, Hamas).
La Commission Winograd a salué sa performance en tant que chef du Directoire des opérations, au cours de la Seconde Guerre du Liban. Il avait réalisé avec justesse, longtemps à l’avance, qu’il s’agissait bien d’une guerre et pas d’une simple opération antiterroriste, et avait suggéré (et sans doute même exigé) un rappel de grande ampleur des réservistes et le bombardement immédiat d’infrastructures militaires et civiles au Liban.
Le Chef d’Etat-Major de l’époque, Dan Halutz avait rejeté son offre de rappel des forces réservistes et, lorsque les unités ont effectivement été rappelées, seulement, après trois semaines de guerre, elles sont entrées sous-équipées dans la bataille, sans avoir été entraînées de façon appropriées et en employant des méthodes de combat qui n’étaient pas en rapport avec le défi tendu par le Hezbollah. Les infrastructures qui devaient prises pour cibles n’ont pas été bombardées, parce que le Premier Ministre du moment, Ehud Olmert ne les a pas approuvées par crainte de la réaction de l’Administration américaine.
Pourtant, c’est Eisenkot qui avait raison. Il avait aussio raison, dans ses critiques acerbes sur la façon dont cette guerre a été menée, concernant des aspects supplémentaires du résultat des combats sur le terrain, qu’il n’avait pas approuvé.
En même temps, cela dit, on peut pas nier le fait qu’en tant que chef de la direction des opérations, il en était presque aussi responsable que le chef d’Etat-Major et que les autres généraux, des échecs et des fautes commises durant la manœuvre (l »opération terrestre elle-même) au cours de cette guerre.
Il y a d’autres interlocuteurs qui pensent que certaines de ces fautes étaient encore apparentes, dans l’Opération Bordure Protectrice, opération planifiée et dirigée par Gantz et Eisenkot, qui représentaient un facteur décisif et influent, dans le processus qui les liaient au Cabinet politique et au Ministère de la Défense.

Gantz et Eisenkot (Photo: Ariel Hermoni, Defense Ministry)
Dans cette opération à Gaza, comme lors de la Seconde Guerre du Liban ( ainsi que dans les opérations « Règlement de Comptes » et « Raisins de la Colère », avant cela), Tsahal a préféré atteindre les objectifs de la bataille par contre-feu (de loin), plutôt que grâce à une manœuvre agressive et offensive sur le terrain.
Ces critiques d’une telle méthode dénoncent que dans les deux cas, les tirs à longue distance seuls ne parviennent pas aux résultats escomptés. La force aérienne a bien réussi à réaliser des résultats locaux impressionnants, mais elle s’est montrée incapable de détruire les tunnels et de mettre un terme définitif aux tirs de roquettes contre le front intérieur israélien. Les mêmes déductions s’appliquent aux tirs de précision menés depuis le sol et depuis la mer. L’opération terrestre a été retardée, lourde dans sa mise en œuvre et sujette à des changements de direction et de l’improvisation qui a prolongé inutilement les combats.
La principale critique exprimée à l’encontre de Gantz et Eisenkot était qu’ils ont préféré ne pas prendre les risques associés à des mouvements rapides sur le terrain, en profondeur à l’intérieur de la Bande de Gaza, au-delà du bouclier mis en place par le Hamas et le Jihad islamique, en renonçant fondamentalement, de cette manière, à atteindre une victoire-éclair et une dissuasion vraiment effective sur le long terme.
La raison de cela, selon les critiques, était la crainte de pertes plus importantes parmi les combattants, qui auraient conduit à la prolongation des combats. Il y avait l’inquiétude que des mouvements trop agressifs sur le terrain mènent à des pressions diplomatiques accrues visant à mettre un terme aux combats et à éviter de toucher des civils non-impliqués, au risque de problèmes traînés devant la Cour Pénale Internationale de La Haye.
Eisenkot lui-même a démontré, lors de sa carrière et de ses combats qu’il est un partisan de la « méthode de l’influence indirecte », issue de l’école Ehud Barak, qui a pour but de dissuader l’ennemi et de terminer le combat « aux points » plutôt que par K.O. debout. Une telle méthode ne conduit jamais à une défaite physique incontestable, et en particulier, face à une armée irrégulière qui se fond ensuite dans la foule et crie « victoire » pour avoir « résister ».
Pourquoi tout ceci est particulièrement pertinent, aujourd’hui ? Parce qu’en Israël, il n’existe pas de procédure d’audition publique devant le Parlement, pour les candidats à une position majeure dans l’établissement de la sécurité et des renseignements, comme aux Etats-Unis, par exemple. Aussi, quiconque essaie d’évaluer précisément la politique du prochain chef d’Etat-Major eainsi que ses méthodes privilégiées d’action ne peut parvenir à la moindre conclusion qu’en analysant ses actions et opinions du passé, les erreurs éventuelles, dont il a tiré parti.
Les défis auxquels Eisenkot est confronté ne sont un secret pour personne. Ils sont définis par un changement total de la perception des opérations de l’armée, d’une telle manière que Tsahal sera transformée en force bien plus agressive et offensive, bien plus créative qu’auparavant dans ses capacités d’infliger une défaite retentissante à un ennemi employant des façons de combattre dites « asymétriques ».
Une armée de l’air disposant d’une qualité de performances inhabituelles et une communauté des renseignements qui a entrepris une révolution positive et mieux à même que jamais de communiquer avec les combattants directement sur le terrain, ne peuvent pas, seules, délivrer les résultats attendus. Ce dont on a le plus besoin, c’est d’un mouvement sur le terrain qui achève l’adversaire, s’assure qu’il est bien les deux épaules à terre et Eisenkot devra le trouver ou l’inventer, avant que la troisième guerre du Liban n’éclate contre le Hezbollag, et peut-être,même contre la Syrie et l’Iran.
Eisenkot est, en effet, l’un des pionniers et premiers architectes de la « Doctrine de Dahiyeh », une stratégie militaire qui est en faveur de frappes aériennes significatives et douloureuses contre tous les atouts stratégiques de l’autre bord au Liban, de façon de l’obliger à écourter les tirs de missiles et roquettes contre le front intérieur israélien. Le problème reste que la force aérienne seule est insuffisante, et Eisenkot devra lui adjoindre une activité terrestre intensive depuis le front jusque dans la profondeur stratégique et les lignes arrière de l’ennemi.
Les deux arènes palestiniennes sont le second défi le plus important, en Judée-Samarie et à Gaza. Dans la bande occidentale de Cisjordanie et à Jérusalem, il devra trouver un moyen efficace de réprimer le soulèvement populaire et les attentats dits de « loups solitaires » terroristes, sans pour autant déclencher une Intifada armée, des troubles régionaux ni une guerre de religions.
A Gaza, il devra maintenir la dissuasion, empêcher les organisations terroristes de devenir plus puissantes, tout en permettant la reconstruction des infrastructures de la Bande, ainsi que son économie, de façon à garantir le calme sur le long terme.
Le troisième défi concerne les coupes budgétaires, qui réduisent le volume total de l’armée tout en devant maintenir pleines et entières ses compétences et son état de préparation (par l’entraînement et l’équipement). Mais ce sont les quartiers-généraux pléthoriques qui représentent le gros des frais et dépenses inutiles et qui devraient être réduits, de façon à gérer avec parcimonie les rapports à un environnement budgétaire hostile.
Le 4ème défi sera de continuer à développer des méthodes et armements aussi bien défensifs qu’offensifs, de façon à combattre l’Islam Jihadiste à la frontière, avec un minimum de pertes humaines et de dégâts. L’Etat Islamique et le Jabhat al Nusra sont déjà face à la barrière de sécurité de la frontière ou en train d’approcher des hauteurs du Golan et du Sinaï, mais nous ne sommes pas encore leur priorité principale, dans l’immédiat.
Il faut se préparer à combattre un ennemi qui n’a pas d’adresse claire où frapper et dont les atouts militaires ne peuvent être détruits par un contre-feu, sans être en mesure d’éviter les pertes civiles collatérales derrière lesquelles il se cache. De plus, ce genre de cohorte comporte un grand nombre de combattants guidés par le « désir de mourir » (en martyr) et, par conséquent, difficile à dissuader.
Un autre défi est encore de maintenir et de développer les capacités du « long bras stratégique » pour neutraliser le danger du projet nucléaire militaire de l’Iran, entre autres choses.
Le sixième défi sera de bâtir un Commandement général professionnel et diversifié reposant sur la confiance entre ses membres et un esprit d’ouverture. Eisenkot n’est, apparemment, pas le seul qui ait ce caractère parmi les généraux en fonction. On le testera pour sa capacité à mener de séances de brainstorming et à gérer les désaccords ouvertement avec ses officiers supérieurs aux grandes aptitudes professionnelles et au caractère fort et de les convaincre d’agir selon la façon qu’il approuve.
Cela ne devrait pas être trop difficile. Grâce à sa coopération amicale avec Gantz, concernant les nominations, au cours de la période de prise de fonctions, Eisenkot trouvera une bonne équipe de généraux, capables de travailler en harmonie avec lui et lui témoignant beaucoup de respect.
On s’attend à un nouveau cycle de nominations de généraux dotés d’une solide expérience des combats et d’une mentalité originale dont ils ont fait la démonstration en plusieurs occasions, dans un proche avenir : Yaïr Golan, en tant qu’adjoint au Chef d’Etat-Major, Nitzan Alon comme chef du directoire des opérations et Noam Tibon, comme chef du Commandement central.
Grâce à un tel Etat-Major général et avec le soutien chaleureux de l’échelon politique, l’homme au béret Golani, Eisenkot, a de très grandes chances de correspondre aux attentes : maintenir les avantages relatifs que Gantz a donné à Tsahal et leur ajouter la part créative et offensive sur le terrain qui manquerait encore pour faire toute la différence.
Ron Ben-Yishai
Publié le : 01. 12.14, 00:41 / Israel Opinion
[ynetnews.comArticle original
Adaptation : Marc Brzustowski.
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Je pense que cette stratégie de victoire éclair n’est plus possible, avec la médiatisation actuelle…
Car elle implique obligatoirement des actes extrêmes, réprouvés par une majorité des gouvernements et de de l’opinion publique internationale, voitures ou camions piégés pour tuer un ou plusieurs principaux « dirigeants » de l’ennemie, l’utilisation d’arme nucléaire tactiques, envoyer une pluie de missiles par surprises sur les principaux points stratégiques de l’ennemie…le problème étant toujours l’opinion internationale et les dégâts collatéraux, surtout en victimes civiles, qu’ils soient boucliers humains ou pas !!!
L’autre donne est combien de soldats Israéliens, est on prêt à sacrifier 100, 1000, 10.000, plus ?!
Donc pour la Victoire Éclaire, il faut oublier…ou elle se transformera rapidement en défaite éclaire !!!
Une attaque préventive ou hyper destructrice même pour des raisons vitales ne sera jamais justifiable…
Il faut malheureusement attendre d’être attaqué, et d’avoir suffisamment de victimes,
afin de pouvoir légitimement riposter, et encore…
Certains oseront parler de ripostes disproportionnés !!!
Il y a une très grave malhonnêteté intellectuelle, contre Israël et le peuple Juifs,
à sont droit à exister et se défendre…
Les occidentaux oublient que les Juifs ne sont que le miroirs d’eux même,
vis à vis de l’Islam et des Musulmans !!!
Et qu’après le tour d’Israël et des Juifs, ça sera le tour des autres Non-Musulmans…
Il faut pas se voiler la face !!!