Iran : Deux ans de prison pour avoir distribué des bonbons
Un citoyen iranien a été condamné à deux ans de prison après avoir distribué des bonbons dans les jours suivant l’assassinat d’Ali Khamenei, le guide suprême de la République islamique. Cette décision judiciaire a été annoncée par une avocate iranienne, qui a précisé que son client affirmait que la distribution des confiseries visait à célébrer l’ouverture de son nouveau commerce, et non un quelconque événement politique. Le dossier contre lui reposait notamment sur son apparente joie, interprétée par les autorités comme une célébration de la mort du dirigeant.
Cette condamnation a suscité une vive réaction de la part d’un centre juridique iranien spécialisé dans la défense des activistes, qui a dénoncé une application abusive de la loi pénale. Selon ce centre, même si les accusations de célébration étaient avérées, elles ne pourraient justifier une sanction au regard de l’article 514 du Code pénal islamique, qui exige la présence de propos ou comportements explicitement humiliants ou dégradants. La simple distribution de bonbons, selon eux, ne constitue pas un acte répréhensible. Par ailleurs, le tribunal a basé sa décision sur l’état émotionnel du prévenu, ce qui, d’après les défenseurs des droits, contrevient au principe de légalité, car les émotions ou interprétations subjectives ne peuvent être criminalisées sans manifestation concrète d’un comportement interdit par la loi.
Cette affaire intervient dans un contexte tendu, marqué par une coupure d’internet imposée par le régime islamique iranien. Malgré cette restriction, des rapports font état de célébrations dans plusieurs régions du pays à la suite de l’assassinat du guide suprême le 28 février. Ces événements témoignent d’une fracture profonde dans la société iranienne et d’une répression accrue contre toute forme d’expression perçue comme dissidente ou hostile au pouvoir en place.
La condamnation de cet individu pour un acte aussi anodin que la distribution de bonbons illustre la sévérité du régime face aux manifestations de joie liées à la disparition de son dirigeant. Elle soulève également des questions sur l’interprétation juridique et la portée des lois pénales en Iran, où la criminalisation des émotions et des comportements subjectifs semble s’imposer au détriment des principes fondamentaux du droit. Cette situation pourrait accentuer les tensions internes et renforcer la défiance envers le système judiciaire et politique en place.
Cette affaire met en lumière la répression exercée par le régime iranien sur ses citoyens, même pour des actes apparemment innocents. Elle reflète une volonté de contrôler toute forme d’expression publique, particulièrement dans un contexte de crise politique et sociale. La condamnation basée sur la simple « joie » d’un individu interroge sur l’état des libertés fondamentales en Iran et sur la légitimité des procédures judiciaires dans ce pays.
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