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« Etat islamique ». Facebook

Les services de renseignements français procèdent depuis dimanche soir à une vérification de la vidéo diffusé par l’Etat islamique dans la journée, afin de confirmer ou non la présence d’un Français parmi les bourreaux montrés en train d’exécuter au moins 18 hommes présentés comme des soldats syriens, selon le ministère de l’Intérieur.

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« Des vérifications sont en cours, cela pourrait prendre plusieurs jours », a affirmé le ministère au site d’information français Le figaro.

Le président des Etats-Unis Barack Obama a confirmé plutôt dimanche la mort de l’otage américain Peter Kassig, décapité par le groupe Etat Islamique (EI), qualifiant cet assassinat de « mal absolu ».

« Aujourd’hui, nous présentons nos prières et nos condoléances aux parents et à la famille d’Abdul Rahman Kassig, aussi connu sous le nom de Peter », a indiqué le président dans un communiqué publié depuis l’avion Air Force One, dénonçant « un acte de mal absolu mené par un groupe terroriste que le monde considère, à juste titre, comme inhumain ».

Le groupe ultra-radical Etat islamique (EI) a revendiqué l’exécution par décapitation de l’otage américain Peter Kassig en représailles à l’envoi de conseillers militaires américains en Irak, dans une vidéo mise en ligne dimanche.

Sur cette même vidéo diffusée par l’organe médiatique de groupes djihadistes Al-Furqan, des combattants de l’EI sont aussi montrés en train d’exécuter au moins 18 hommes présentés comme des soldats syriens.

« C’est Peter Edward Kassig, un citoyen américain de votre pays (…) », affirme dans la vidéo un homme masqué et habillé de noir, debout à côté d’une tête tranchée, en référence à cet ancien soldat converti à l’islam, qui serait le cinquième otage occidental enlevé en Syrie à être exécuté par l’EI depuis août.

« Nous voilà en train d’enterrer le premier croisé américain à Dabiq (ville du nord syrien). Et nous attendons avec impatience l’arrivée de vos autres soldats pour qu’ils soient égorgés et enterrés ici même », a menacé cet homme à l’accent britannique qui semble être « Djihadi John », l’assassin présumé des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff.

Agé de 26 ans, Peter Kassig est le troisième otage américain dont la décapitation est revendiquée par l’EI. Deux Britanniques, Alan Henning, un volontaire humanitaire, et David Haines, travailleur humanitaire, ont subi le même sort.

« Vocation à aider les Syriens »

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« Ed et Paula Kassig lors d’une veillée de prière pour leur fils Peter le 8 octobre 2014 à l’université Butler à Indianapolis, dans l’Indiana ». Aaron P. Bernstein (Getty Images/AFP/Archives)

Peter Kassig avait fondé une organisation humanitaire et disait avoir pour « vocation » d’aider les Syriens victimes de la guerre dans leur pays.

Cet ancien soldat, originaire de l’Indiana (nord-est), avait fondé l’organisation humanitaire Special Emergency Response and Assistance (Sera) en 2012 après avoir quitté l’armée. Converti à l’islam, il avait pris le nom musulman d’Abdul-Rahman.

Le jeune homme était dans la région depuis mars 2012. Il s’était alors rendu au Liban à l’occasion de vacances universitaires.

Après avoir été témoin des souffrances des populations syriennes, il avait envoyé un mail à sa famille et ses amis pour leur annoncer qu’il ne rentrerait pas tout de suite.

« J’ai essayé de vivre ma vie d’une manière qui corresponde à ce que je crois, mais la vérité, c’est que, presque toute ma vie je n’ai fait que chercher ma vocation et je ne l’avais pas encore trouvée. Ici dans ce pays, j’ai trouvé ma vocation », écrivait-il.

Le mois dernier, son père Ed Kassig expliquait que son fils avait « aidé à former 150 civils pour qu’ils puissent prodiguer des soins médicaux aux personnes en Syrie », ajoutant qu’il « donnait de la nourriture, des vêtements et des médicaments à ceux qui étaient dans le besoin ».

En juin dernier, dans une lettre envoyée à ses parents, Peter Kassig disait sa « peur de mourir ».

« J’ai évidemment peur de mourir mais le plus dur est de ne pas savoir, de se poser des questions, d’espérer et de me demander si je peux même espérer quoi que ce soit. Je suis très triste que tout cela ce soit produit et de ce que vous endurez à la maison à cause de cela », écrivait-il.

Soldats syriens exécutés

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« Un combattant du groupe de Etat Islamique devant les ruines d’une maison après l’annonce d’un avion de l’armée syrienne abattu le 16 septembre près de Raqa »- (AFP)

Ces exécutions sont la dernière démonstration en date de la brutalité de l’EI, responsable de terribles exactions -viols, rapts, nettoyage ethnique, crucifixions, esclavage etc…- dans les vastes régions conquises en Syrie ravagée par la guerre civile, et en Irak.

Le meurtre de l’otage, qui a adopté le prénom d’Abdul Rahman après sa conversion, a été lié par l’EI à l’envoi de quelque 3.000 soldats et conseillers militaires américains en Irak pour aider l’armée à combattre le groupe djihadiste sunnite.

« Vous aviez prétendu il y a quatre ans que vous vous retiriez d’Irak (…) En fait, vous n’aviez fait que cacher certaines de vos troupes (…) Celles ayant été retirées sont revenues en plus grand nombre », ajoute l’homme masqué à l’adresse du président Barack Obama.

Peter Kassig, qui avait fondé en 2012 une organisation humanitaire avant d’être enlevé en Syrie en 2013, avait été menacé de mort par l’EI dans une vidéo le 3 octobre montrant la décapitation d’Alan Henning.

L’un de ses amis syriens, Burhane Moussa Agha, 29 ans, qui l’a connu en 2012, se souvient de Peter Kassig comme « quelqu’un qui aidait les Syriens gratuitement, avec son propre argent. Il a tout quitté, sa famille, sa vie en Amérique pour aider les gens. Il n’avait pas peur. Peter était un héros ».

Avant la séquence sur l’exécution de Kassig, la vidéo montre la décapitation de « soldats de Bachar » al-Assad. On y voit au moins 18 hommes, chacun accompagné par un combattant de l’EI. L’un après l’autre, les djihadistes se saisissent d’un couteau et forment une ligne avant de plaquer leur victime respective au sol et de les décapiter simultanément.

« Perversité », « Barbarie »

Fort de dizaines de milliers d’hommes dont un grand nombre d’Occidentaux, l’EI sème la terreur dans le « califat islamique » qu’il a proclamé en juin sur les régions sous son contrôle.

Excluant le déploiement de troupes au sol, les Etats-Unis ont mis en place une large coalition pour tenter de « détruire » ce groupe, en ayant recours dans l’immédiat aux frappes en Irak et en Syrie et en aidant à l’entraînement des troupes irakiennes et des rebelles syriens.

« Si (l’authenticité de la vidéo) est confirmée, nous sommes horrifiés par le meurtre brutal d’un travailleur humanitaire américain innocent », a dit le Conseil de sécurité nationale de M. Obama.

« Je suis horrifié par le meurtre de sang-froid d’Abdul-Rahman Kassig », a réagi le Premier ministre britannique David Cameron. L’EI « a une nouvelle fois montré toute sa perversité ».

Le président français François Hollande a dénoncé les exécutions comme des « crimes contre l’humanité » et assuré que son pays continuerait le combat contre l’EI. Son Premier ministre Manuel Valls a évoqué un « nouvel acte de barbarie ».

La vidéo est différente des précédents enregistrements de décapitation d’otages occidentaux, Kassig n’y ayant pas été montré vivant et aucune menace n’a été proférée contre un autre otage occidental détenu.

Enfin sur le front en Irak, les forces armées tentent de sécuriser la plus grande raffinerie du pays, au nord de Bagdad, après avoir brisé son siège par l’EI. Et en Syrie, la bataille pour la ville de Kobané qui se poursuit entre djihadistes et forces kurdes a fait environ 1.200 morts en deux mois, selon une ONG.

Avec AFP

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