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Dans un discours musclé et pour le moins très agressif, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a accusé, hier, le Hamas de «saboter» et de «détruire» la réconciliation palestinienne.

La réconciliation, scellée au printemps dernier par le Fatah et le Hamas, aura finalement été de très courte durée, à la grande déception des Palestiniens. Elle a tenu à peine le temps de faire trembler Israël et pousser Benjamin Netanyahu à la faute. Les divisions entre les deux camps sont remontées à la surface à l’occasion de la commémoration du 10e anniversaire de la mort de Yasser Arafat, grand leader palestinien que les islamistes de Hamas ne portent dans leur cœur. Le pire est que maintenant le linge sale ne se lave même plus en famille. Le Fatah et le Hamas ont, en effet, publiquement échangé hier insultes et accusations. Cette explosion de violence verbale intervient après la série d’attentats qui a visé vendredi à Ghaza des cadres du Fatah.

L’enclave palestinienne est, rappelle-t-on, contrôlée depuis 2007 par le Hamas. Tout laisse croire aujourd’hui que ces deux frères ennemis n’en resteront pas là, surtout que le Fatah accuse frontalement le Hamas d’avoir commandité ces attentats. L’annulation à Ghaza, sur décision du gouvernement palestinien, de la célébration du 10e anniversaire de la mort de Yasser Arafat à Ghaza témoigne, en tout cas, de la grave crise de confiance qui s’est à nouveau installée entre «Fethaouis» et «Hamasistes». C’est là un fait, la réconciliation interpalestinienne s’est lézardée.

Dans un discours musclé et pour le moins très agressif, le président palestinien, Mahmoud Abbas, n’y est pas allé de main morte. Il a ainsi accusé le Hamas de «saboter» et de «détruire» la réconciliation palestinienne. «Ceux qui ont perpétré les explosions à Ghaza sont les dirigeants du Hamas, et ils sont responsables», a lancé M. Abbas lors de son allocution prononcée, hier à Ramallah, à l’occasion justement du 10e anniversaire de la mort de Yasser Arafat. Le patron du Fatah a dénoncé, par ailleurs, des actions pour «saboter et détruire le projet national palestinien». M. Abbas est aussi revenu dans son discours sur les violences qui secouent désormais quotidiennement El Qods-Est, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur Etat.

Ces tensions se sont récemment cristallisées autour d’Al Aqsa sur l’esplanade des Mosquées, le troisième lieu saint de l’islam où des extrémistes juifs réclament le droit de prier. Les Palestiniens «défendront Al Aqsa et les églises contre les colons et les extrémistes», a promis M. Abbas, dont les propos faisaient référence aux églises chrétiennes.

La division, ce drame palestinien

M. Abbas n’a pas omis de rappeler le projet palestinien de soumettre courant novembre, au Conseil de sécurité, un projet de résolution fixant une date butoir pour la fin de l’occupation israélienne. Il a de nouveau promis que l’Etat de Palestine — qui a le statut d’observateur à l’ONU — adhérerait à une multitude d’organisations internationales si le projet de résolution était rejeté. «Nous ne tolérerons aucune pression», a-t-il dit, en faisant allusion notamment aux pressions américaines pour que les Palestiniens renoncent à leur démarche au Conseil de sécurité.

Ainsi qu’il fallait s’y attendre, les dirigeants du Hamas ont répliqué du tac au tac aux accusations de Mahmoud Abbas. Ils ont dénoncé au cours de la même journée les «mensonges» et les «insultes» du président palestinien. «Le discours de Abbas est un tissu de mensonges, d’insultes et de désinformation», a déclaré, à l’AFP, Mouchir Al Masri, un porte-parole du Hamas.

«Il est la preuve de son caractère sectaire et partisan alors même que le peuple palestinien a besoin d’un président courageux.» «Le Fatah essaie de faire porter au Hamas la responsabilité de l’échec dans l’organisation de cet anniversaire et tente de cacher sa crise interne en accusant le Hamas», a-t-il encore souligné. Quid maintenant de l’avenir du gouvernement d’union nationale, reconnu par la communauté internationale, mis en place dans la foulée de la réconciliation interpalestinienne ? Difficile à dire. Mais tout ne tient plus qu’à un fil. Une chose est sûre, l’effondrement de cet édifice politique serait un véritable drame pour le peuple palestinien et une victoire pour Israël.

Zine Cherfaoui

le 12.11.14 | 10h00

[elwatan.comArticle original

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