Des députés israéliens de droite ont menacé mercredi de modifier les règles de nomination des juges à la Cour suprême si celle-ci s’oppose à une loi réprimant le boycottage des implantations dans les territoires.
Le mouvement anti-implantation israélien Goush Shalom (« Bloc de la Paix » en hébreu) a déposé mardi un recours devant la Cour suprême au nom de « la liberté d’expression et l’égalité » contre cette loi adoptée la veille. D’autres organisations ont prévu de faire de même.
Deux membres du Likoud (droite nationaliste), le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont annoncé qu’ils proposaient un changement législatif prévoyant que les nominations à la Cour suprême, actuellement décidées par consensus au sein du pouvoir judiciaire, soient à l’avenir soumises à validation par la Knesset, le Parlement israélien.
« Ce texte brisera la mainmise de l’élite de la gauche radicale sur le système judiciaire », a déclaré l’un de ses auteurs, le député Zeev Elkin, cité par le site de la radio publique. « Cette loi mettra fin à la pratique des juges de la Cour suprême de coopter leurs amis ».
Un député du parti d’extrême droite Union nationale, Arieh Eldad, a même déclaré à la radio que la Cour suprême « devait se souvenir en permanence que si elle tente de passer par-dessus la tête de la majorité de la population, nous envisagerons de légiférer pour limiter son autorité ».
M. Netanyahu a défendu au Parlement la loi controversée, « issue d’un processus démocratique dans un pays démocratique et ce n’est pas cette loi qui ternit l’image d’Israël dans le monde », ajoutant qu’il en avait favorisé l’adoption, selon des déclarations retransmises par la radio publique.
« Ce qui entache l’image d’Israël, ce sont les attaques effrénées et irresponsables contre une tentative légitime, par une démocratie tentant de se défendre, de fixer une limite entre ce qui est acceptable et ce qui est inacceptable », a-t-il affirmé sous les huées de l’opposition.
Dans un communiqué, l’Union européenne s’est dite » préoccupée » des effets « sur la liberté d’expression et de parole » que pourrait susciter la loi sanctionnant le boycottage des implantations.
Pour leur part, les Etats-Unis ont jugé que la loi israélienne était une « affaire intérieure », tout en soulignant l’importance de la liberté d’expression.
Une majorité d’Israéliens (52 %) approuve cependant cette loi, à laquelle s’oppose 31% de la population, selon un sondage.
La loi adoptée par 47 députés contre 38, sur un total de 120, prévoit des amendes allant jusqu’à 50.000 shekels (environ 10.000 euros) contre toute personne ou institution appelant au boycottage des implantations ou de leurs produits, assimilé à un boycottage d’Israël. Les auteurs de tels appels s’exposent en outre désormais à des demandes de dédommagements.
JERUSALEM, 13 juil 2011 (AFP)
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