© 2009 AFP (Xavier Leoty)
Martine Aubry a mis dimanche le cap à gauche en clôturant l’université du PS à La Rochelle, apaisant un parti déchiré, en lui fixant un calendrier pour se rénover et une feuille de route pour les combats de la rentrée et les régionales de mars. Martine Aubry a mis dimanche le cap à gauche en clôturant l’université du PS à La Rochelle, apaisant un parti déchiré, en lui fixant un calendrier pour se rénover et une feuille de route pour les combats de la rentrée et les régionales de mars.

La presse française salue lundi une reprise en main du PS par Martine Aubry à La Rochelle ce week-end, mais souligne que les défis abondent toujours, à l’intérieur du parti comme au niveau des alliances.

« Martine Aubry a repris la barre, voire fixé un cap », se félicite Paul Quinio dans Libération. « Le grand corps malade qu’est le PS n’est pas guéri » et sa première secrétaire « a du pain sur la planche », tempère-t-il, « mais la planche est moins savonnée que la droite ne l’espérait ».

Michel Guilloux note dans l’Humanité des « éléments de repositionnement (du PS) dans un débat de gauche », « plus audibles et nécessaires au peuple qu’un bal des ego ou une danse du ventre devant le MoDem ».

Dans Le Figaro, Paul-Henri du Limbert veut bien concéder que le PS « a choisi de n’être plus ridicule », ce qui « constitue un petit événement dans la vie politique française ». Mais lui aussi souligne que Mme Aubry aura du « pain sur la planche »: entre les appels à l’extrême gauche et ceux au MoDem, « le temps des grandes contradictions est venu ».
Martine Aubry lors de son discours de clôture de l’université d’été du PS à La Rochelle le 30 août 2009.

« J’ai aimé cette université, parce qu’au fond, elle a été à l’image de ce que doit être le Parti socialiste, ouvert sur la société, sur la gauche, mais aussi ouvert sur le monde », a lancé la numéro un socialiste dans un discours de clôture offensif.

Ouverte dans la tension après de désastreuses européennes, la grand-messe des socialistes semblait leur avoir donné un coup de fouet salvateur. Ex-rivale de Mme Aubry, Ségolène Royal lui a accordé un satisfecit: « c’est une bonne séquence », a-t-elle dit sur France 2, « il était temps… »

Dès l’ouverture vendredi, après avoir déminé la veille dans une tribune de presse la question des primaires, elle a repris la main, proposant une rénovation de C comme « cumul des mandats » à P comme « primaires », fixant un vote militant dès le 1er octobre pour décider d’un mandat électoral unique et de primaires ouvertes pour 2012.

Dimanche, elle a ciblé la politique du chef de l’Etat, dixit M. Mauroy, « un catalogue de propositions que les parlementaires PS n’ont qu’à reprendre ».

Mesures en faveur de la consommation, bataille européenne contre les bonus, « grand combat » contre la réforme des collectivités locales et le redécoupage électoral, mise sous tutelle d’entreprises bénéficiaires qui « profitent de la crise pour transférer l’activité à l’étranger »: l’offensive de la rentrée est lancée. La maire de Lille dénonce également une mainmise sur la justice et les médias.

Mme Aubry marque aussi son opposition à la taxe carbone version gouvernementale et prône une contribution climat-énergie pour toutes les formes d’énergie. « Chiche » à un plan de transports à carbone zéro, a-t-elle lancé à l’adresse du chef de l’Etat.

Après avoir entrouvert la porte vendredi au MoDem de François Bayrou, Mme Aubry a mis le cap à gauche dimanche, reprenant son thème de « maison commune de la gauche ». « La gauche, c’est notre histoire, mais c’est aussi notre avenir », a-t-elle dit, visant l’initiative oecuménique de Vincent Peillon à Marseille.
Extraits du discours de clôture de l’université du PS à La Rochelle de Martine Aubry portant sur les conflits sociaux et la taxe carbone. Durée 2:30

Exhortant ses militants à « ne pas être hégémoniques », la patronne du PS demande « l’hospitalité » pour les idées des « amis et partenaires » de la gauche. « Nous allons montrer l’ouverture qui est la nôtre », a ajouté la maire de Lille, après cette université où les leaders de l’ex-gauche plurielle étaient invités pour la première fois.
Des militants socialistes appaludissent Martine Aubry le 30 août 2009 à La Rochelle.

Mais le rassemblement en est encore à ses balbutiements, avec des Verts, dirigés par la fougueuse Cécile Duflot, voulant l’autonomie aux régionales et la route de la rénovation reste difficile: des divergences demeurent sur les modalités des primaires, et le non-cumul des mandats se heurte, dans un parti notabilisé, à de vives résistances.

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