Sept personnes ont été tuées par balles mercredi au cours d’une importante opération sécuritaire dans la ville de Homs, dans le centre de la Syrie, ont rapporté des militants.
« Les forces de sécurité ont ouvert le feu au cours d’une opération sécuritaire lancée dans la ville de Homs, tuant sept personnes et blessant 20 autres », a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
L’OSDH a précisé que « les forces de sécurité ont tiré à la mitrailleuse lourde dans le secteur de la mosquée Khaled ben Walid et dans le quartier de Khaldiyyé » notant que « les lignes de téléphone fixe étaient coupées dans tous les quartiers de Homs et les tirs se poursuivaient dans certains secteurs depuis hier (mardi) soir ».
L’OSDH ajoute en outre que « des renforts militaires comprenant notamment 20 camions transportant des soldats ont pénétré dans la ville » faisant état de « tirs intenses dans le secteur du marché et du siège du gouvernorat ».
« De nombreuses ambulances sillonnaient les rues de la ville », selon l’ONG.
Un bilan précédent donné par les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent le mouvement de contestation contre le régime syrien, faisait état d’un mort à Homs, ville divisée en quartiers pro et anti-régime.
Plusieurs chars ont fait incursion et les communications téléphoniques et l’internet ont été coupés dans les quartiers de Khaldiyyé et Baba Amro, selon les LCC.
Depuis plusieurs jours, la répression s’est intensifiée à Homs et sa région, où les opérations de l’armée et des forces de sécurité sont de plus en plus régulières, parallèlement à une contestation qui prend de l’ampleur.
Mardi, quatre personnes, dont un adolescent de 15 ans, ont été tuées dans les environs de la ville par des tirs de l’armée à un poste de contrôle proche, avait rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Dans Homs même, « les corps de cinq citoyens dont une femme ont été découverts mardi matin à Souk Elhachich et Hammam Elbacha », avait d’autre part rapporté l’OSDH.
Au plan diplomatique, la Syrie a demandé, « en raison de circonstances indépendantes de (sa) volonté », au secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi de reporter sa visite prévue mercredi à Damas, a annoncé mardi soir l’agence officielle syrienne SANA.
M. Arabi, devait se rendre à Damas pour demander au président syrien Bachar al-Assad de mettre un terme à la répression et d’organiser un scrutin présidentiel en 2014, selon la copie obtenue par l’AFP d’une proposition de la Ligue.
Selon l’ONU, les violences quasi-quotidiennes en Syrie ont fait au moins 2.200 morts depuis le début des manifestations anti-régime à la mi-mars, en majorité des civils. Le régime soutient en revanche qu’il se bat contre « des bandes terroristes armées ».
La Syrie, ainsi que la Libye devaient être au centre de pourparlers entre les ministres français et russes des Affaires étrangères et de la Défense mercredi à Moscou, qui bloque l’adoption d’une résolution aux Nations unies condamnant la répression.
NICOSIE, 7 sept 2011 (AFP)
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