Nabil al-Arabi, secrétaire général de la Ligue arabe, doit se rendre mercredi à Damas et demander au président syrien Bachar al-Assad d’arrêter la répression et d’organiser un scrutin présidentiel en 2014, selon la copie obtenue par l’AFP d’une proposition de la Ligue.
M. Arabi a affirmé mardi à la presse qu’il était chargé « par la Ligue arabe de transmettre un message clair au régime syrien concernant ce qui se passe en Syrie, la nécessité d’arrêter les violences et la mise en oeuvre immédiate de réformes ».

Le chef de l’organisation arabe transmettra concrètement une proposition de 13 points, dans laquelle M. Assad est également appelé à libérer les prisonniers politiques et à dédommager ceux qui ont été lésés au cours du mouvement de contestation qui dure depuis six mois.

La proposition, approuvée lors d’une réunion en août au Caire des ministres arabes des Affaires étrangères, appelle à la « tenue d’élections présidentielles pluralistes ouvertes à tous les candidats éligibles en 2014 », soit à la fin du mandat de M. Assad, qui a accédé au pouvoir à la mort de son père Hafez en 2000.

Le texte demande également un « arrêt immédiat » de la répression des manifestations hostiles au pouvoir tenu par la minorité alaouite pour « éviter un conflit confessionnel en Syrie ou un motif pour une intervention étrangère ».

Il appelle aussi à « une déclaration de principes claire de la part de Bachar al-Assad qui préciserait les engagements de réformes qu’il avait pris dans des discours précédents ».

M. Assad doit en outre « entamer des contacts sérieux avec les représentants de l’opposition syrienne » et exprimer son « engagement à une transition vers un gouvernement pluraliste », insiste le document.

Le président syrien doit également « séparer l’armée de la vie politique et civile ».

Réunis fin août au Caire, les ministres des Affaires étrangères arabes avaient appelé la Syrie à « mettre fin à l’effusion de sang et à suivre la voie de la raison avant qu’il ne soit trop tard », en exprimant leur « inquiétude face aux développements graves sur la scène syrienne qui ont fait des milliers de victimes et de blessés ».

Depuis plusieurs jours, la répression s’est intensifiée dans la région de Homs (centre), où les opérations de l’armée et des forces de sécurité sont de plus en plus régulières, parallèlement à une contestation qui prend de l’ampleur.

Mardi encore, deux personnes, dont un adolescent, ont été tuées et deux autres blessées dans les environs de la ville, par des tirs de l’armée à un poste de contrôle proche, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Dans la ville même de Homs, où les quartiers sont divisés entre pro et anti-régime et où l’armée est fortement présente dans tous les axes stratégiques, « les corps de cinq citoyens dont une femme ont été découverts mardi matin à Souk Elhachich et Hammam Elbacha », a indiqué l’OSDH mardi citant un opposant et ancien prisonnier politique de la ville.

L’OSDH fait état en outre de manifestations nocturnes dans plusieurs quartiers de Homs, notamment à Alqarabise où « les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants ».

Selon l’ONU, les violences quasi-quotidiennes en Syrie ont fait au moins 2.200 morts depuis le début des manifestations à la mi-mars, en majorité des civils. Le régime soutient en revanche qu’il se bat contre « des bandes terroristes armées ».

La Syrie, ainsi que la Libye seront au centre de pourparlers entre les ministres français et russes des Affaires étrangères et de la Défense mercredi à Moscou, qui bloque l’adoption d’une résolution aux Nations unies condamnant la répression.

le caire, 6 sept 2011 (AFP)

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