La police israélienne a interpellé dimanche pendant quelques heures un rabbin soupçonné d’incitation à « la violence et au racisme », quelques jours après la brève détention d’une autre personnalité religieuse, qui avait provoqué des manifestations violentes de ses partisans.
Des policiers ont arrêté dans sa voiture à Jérusalem, pour interrogatoire, le rabbin Yaakov Yosef après qu’il eut refusé de répondre à plusieurs convocations. « Nous avons interpellé le rabbin Yosef pour l’interroger sous le soupçon d’incitation à la violence et au racisme », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police Micky Rosenfeld. Le rabbin a été libéré après un interrogatoire de moins d’une heure, selon la police.
Après cette interpellation, un petit groupe de manifestants a tenté de bloquer une artère principale de Jérusalem en brûlant des pneus et en empêchant la circulation d’un tramway à l’essai. « Trois d’entre eux ont été interpellés », a précisé le porte-parole. Le rabbin Yosef avait donné son imprimatur à un livre dont la diffusion a été interdite, la « Torah du Roi », qui justifie le fait de tuer des civils innocents non-juifs en cas de conflit. Lundi dernier, le rabbin Dov Lior de la colonie Kiryat Arba et de la communauté juive d’Hébron, en Cisjordanie, avait été brièvement détenu pour le même motif. En signe de protestation, des centaines de ses élèves et autres sympathisants de droite avaient organisé des rassemblements à Kiryat Arba et à Jérusalem, bloquant des artères de la Ville sainte. Ces manifestations avaient dégénéré en violences, les protestataires se heurtant à la police qui en avait interpellé une vingtaine.
Le rabbin Lior est considéré comme le chef spirituel des habitants des implantations les plus radicaux. Il avait lancé en 1995 les pires anathèmes contre le Premier ministre de l’époque Yitzhak Rabin et avait été alors soupçonné d’avoir influencé son assassin, Yigal Amir. Le rabbin Yaakov Yosef est le fils du chef spirituel du parti séfarade ultra orthodoxe, Shass, qui fait partie de la coalition de droite au pouvoir, le rabbin Ovadia Yosef. Soutenus par les milieux orthodoxes, les deux rabbins détenus brièvement estiment qu’ils n’ont pas à s’expliquer devant la police sur un avis à caractère religieux qu’ils ont pu prononcer. Les autorités judiciaires, soutenues par les milieux laïcs, estiment en revanche que la liberté d’expression a ses limites et que des rabbins ne sont pas au-dessus des lois, quand bien même ils basent leurs opinions sur des textes traditionnels.
JERUSALEM, 3 juil 2011 (AFP)
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