Une dirigeante du Fonds monétaire international a jugé jeudi que le budget que l’Égypte s’apprête à adopter était moins favorable aux plus pauvres que celui que le pays aurait pu se permettre avec l’aide de l’institution.
« L’aide financière du FMI aurait aidé à financer une hausse des salaires dans la fonction publique pour ceux qui sont en bas de l’échelle et une extension des programmes de création d’emplois », a affirmé la directrice adjointe du département Moyen-Orient du FMI, Ratna Sahay, dans un entretien publié sur le site internet de l’institution. « Elle aurait soutenu des projets pour accroître les investissements dans l’éducation, la santé et le logement social, ce qui aurait ensuite contribué à une reprise plus rapide de l’économie égyptienne », a-t-elle ajouté.
L’Égypte a annoncé samedi qu’elle renonçait à sa demande de prêt au Fonds, après avoir amendé son projet de budget pour ne plus en avoir besoin. Mme Sahay a déploré cette décision. Les Égyptiens « ont décidé de ne pas emprunter à l’étranger, y compris au FMI. Leur budget amendé comprend maintenant un objectif de déficit plus faible, à 8,6 %du PIB, contre 11 %auparavant », a-t-elle relevé. Mme Sahay a regretté l’insuffisance des réformes envisagées. « Les subventions généralisées en Égypte sont très importantes, trop coûteuses et bénéficient souvent aux riches plus qu’aux pauvres … .. Il serait essentiel de s’assurer que les pauvres soient protégés par un système mieux ciblé », a-t-elle relevé. Elle a rejeté l’idée que le FMI aurait exigé des sacrifices exagérés au pays, comme des privatisations. « Rien n’était caché ni tu », a-t-elle expliqué. « En fait, nous étions parfaitement d’accord avec l’objectif des autorités de promouvoir la justice sociale et d’accroître la transparence lors de cette transition historique ».
WASHINGTON, 1er juil 2011 (AFP)
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