L’Iran participe sérieusement aux négociations visant à réduire son programme nucléaire controversé, a déclaré lundi un responsable des services de renseignements israéliens, exprimant un changement de ton par rapport au pessimisme affiché par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Le général de brigade Itaï Brun, chef analyste des renseignements israéliens, a déclaré lors d’une conférence que l’Iran tenait ses engagements dans le cadre de l’accord provisoire conclu en novembre dernier à Genève entre Téhéran et les grandes puissances du groupe dit « P5-1″.
Le Premier ministre israélien avait qualifié cet accord d' »erreur historique » parce qu’il allégeait les sanctions pesant sur son grand ennemi iranien.
Le « P5+1 », les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) plus l’Allemagne, négocient depuis un accord définitif. Ils se sont fixé la date du 20 juillet pour y parvenir. Les observateurs s’attendent à une prolongation du délai.
Une nouvelle série de négociations devait se tenir lundi et mardi à Genève.
« Il est très possible que l’Iran et les puissances internationales qui sont en train de négocier avec elle aillent vers la signature, dans le courant de cette année, d’un accord nucléaire permanent », a déclaré le général Brun lors de la conférence d’Herzliya qui se tient chaque année dans la banlieue de Tel Aviv.
« Dans l’intervalle, l’Iran respecte l’accord intérimaire et la pression, principalement la crise économique, le conduisent à un dialogue, que nous considérons comme sérieux, sur un accord permanent », a ajouté l’analyste.
« UN BON ACCORD »
Une divergence de ce type est rare à ce niveau en Israël au sujet de l’Iran, mais ce n’est pas la première.
En janvier dernier, le commandant de l’armée de l’air israélienne, le général Amir Eshel, avait déclaré que la diplomatie iranienne semblait aller « dans une direction positive ». Il avait toutefois ajouté : « Je ne sais pas comment cela se terminera. »
Considéré comme le seul pays de la région à détenir l’arme atomique, Israël se sent particulièrement menacé par un Iran qui veut sa destruction et qui deviendrait nucléaire.
Intervenant lui aussi à la Conférence d’Herzliya, le ministre israélien changé des Affaires étrangères et du nucléaire Yuval Steinitz, a réaffirmé la crainte d’Israël de voir l’Iran autorisé à conserver un équipement minimal lui permettant de produire du matériel fissile pour des têtes nucléaires.
« Un bon accord avec l’Iran est un accord par lequel l’Iran pourrait être autorisé à présenter un programme nucléaire civil développé comme en ont d’autres pays, la Suède, la Corée du Sud ou l’Espagne, mais sans la capacité d’enrichir l’uranium et sans la capacité de produire du plutonium », a déclaré Yuval Steinitz.
Israël, a-t-il ajouté, préfère que la date butoir du 20 juillet ne soit pas respectée plutôt que de voir le P5+1 se précipiter pour conclure un « mauvais accord ».
Reuter (Danielle Rouquié pour le service français)
NDLR – Lors de la Conférence d’Herzilya 2014, Le général de brigade Itaï Brun, a confirmé la volonté de l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, tout en développant des armes de plus en plus sophistiquées dans l’optique d’un conflit avec Israël. De plus l’Iran ne cesse d’alimenter tous les ennemis (Hamas , Hezbollah etc) d’Israël en armes et en missiles de toute nature. Aussi nous restons assez dubitatifs sur la dépêche de Reuter qui est en contradiction à la vidéo ci-dessous.
Genève – Les discussions entre représentants américains et iraniens depuis lundi à Genève sur le programme nucléaire de Téhéran se déroulent « dans un climat positif », a estimé mardi le chef négociateur iranien.

« Les négociations se sont déroulées dans un climat positif », a estimé au terme de trois heures et demi de réunion mardi matin Abbas Araghchi, cité par la presse de Téhéran. Les discussions doivent reprendre dans l’après midi. Il y a eu dans la matinée une réunion d’experts en parallèle aux discussions politiques entre les deux délégations.
La rencontre se tient à l’abri des caméras dans l’hôtel Président Wilson, sur les bords du lac Léman, interdit à la presse.
L’Iran fera « tout son possible » pour permettre la conclusion d’un accord sur son programme nucléaire avec le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), a promis mardi le président Hassan Rohani à Ankara.
« L’Iran a démontré qu’il menait un programme nucléaire à des fins pacifiques. Il fera tout son possible pour parvenir à un accord final avec le groupe 5+1 », a déclaré M. Rohani au deuxième jour de sa visite d’Etat en Turquie.
« L’Iran est prêt à s’asseoir à la table des discussions pour une solution (…) l’Iran a fait ce choix en signant l’accord de Genève », a-t-il insisté, dénonçant les « sanctions injustes » qui lui sont imposées par les Occidentaux.
L’Iran et le groupe 5+1, qui ont conclu un accord intérimaire en novembre 2013, espèrent parvenir à un accord définitif d’ici le 20 juillet garantissant le caractère pacifique du programme nucléaire iranien et la levée des sanctions internationales imposées à l’Iran.
– la photo souvenir est pour plus tard –
C’est la première fois qu’Iraniens et Américains se retrouvent officiellement face à face dans un tel format depuis la rupture il y a 35 ans de leurs relations diplomatiques suite à la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran.
Ils se sont depuis cette date rencontré à maintes reprises mais pas sous un tel format annoncé publiquement. Des discussions avaient eu lieu en 2013 à Oman, mais n’avaient été révélées que par la suite.
Toutefois, l’heure n’est pas encore à la photo souvenir et la presse est tenue à l’écart. Ces discussions sont un sujet polémique. Aux Etats-Unis les « faucons » et les défenseurs d’Israël mettent en doute la sincérité de Téhéran tandis qu’en Iran les adversaires d’une ouverture vers Washington sont prêts à dénoncer tout franchissement de « lignes rouges » par les négociateurs.
Outre la réunion avec la délégation américaine, les Iraniens ont programmé des bilatérales : avec le représentant français, mercredi à Genève, puis à Rome avec le Russe et avec l’Allemand dimanche à Téhéran.
L’Iran prépare ainsi la prochaine session avec le 5+1 du 16 au 20 juin à Vienne, où les deux parties espèrent débuter la rédaction d’un accord global.
« Des discussions bilatérales offrent une plateforme beaucoup plus efficace pour un vrai marchandage plutôt que les discussions formelles du cadre des 5+1 », estime Ali Vaez, analyste iranien au sein du Groupe International sur les Crises, à Londres.
Ces négociations ont reçu une note positive inattendue d’un général israélien, Itai Brun, chef de la division de recherche des renseignements militaires.
Dans une intervention lundi à la conférence annuelle Herzliya sur la doctrine de sécurité d’Israël, il a estimé que l’Iran respecte l’accord intérimaire conclu en novembre dernier avec les grandes puissances. La pression des sanctions économiques « le conduisent au dialogue, que nous considérons comme sérieux en vue d’un accord permanent », a-t-il dit.
« La volonté de l’Iran de parvenir à la capacité nucléaire demeurera même si un accord est signé », a-t-il toutefois estimé.
Mais pour Yuval Steinitz, le ministre israélien des Affaires stratégiques, « un accord international qui laisse l’Iran à la lisière de la capacité nucléaire est pire qu’une absence d’accord ».
AFP – EXPRESS
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Les services de renseignement israéliens sont-ils bien toujours à la hauteur de leur réputation ancienne? Il est humain de se reposer sur ses lauriers.