L’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine, a prévenu mercredi que la Russie opposera son veto au Conseil de sécurité à toute proposition de résolution sur la Syrie qu’elle juge « inacceptable », tout en relevant que les négociations continuaient.
« Si le texte est inacceptable, nous voterons contre », a-t-il dit, selon les
agences russes, alors que tout vote négatif de la Russie au Conseil de
sécurité équivaut à un recours à son droit de veto.

« Nous n’autoriserons aucun texte que nous considèrerons comme erroné et qui
conduirait à une aggravation du conflit. Nous ne permettrons pas son adoption.
Nous le disons clairement à nos collègues », a ajouté l’ambassadeur russe.

M. Tchourkine a néanmoins noté un point positif, jugeant que les puissances
occidentales semblaient disposées à prendre en compte les « lignes rouges »
fixées par la Russie.

« J’ai un espoir car, connaissant nos +lignes rouges+, nos partenaires
disent que nous arriverons à un consensus », a-t-il dit, « j’en tire la
conclusion qu’ils sont prêts à prendre en compte nos +lignes rouges+ », a
ajouté le diplomate.

Il a cependant jugé que les « conversations étaient assez dures » au Conseil
de sécurité. « Par moment, se déroule un jeu pas joli, que je considère comme
pas bien du point de vue éthique et pas professionnel », a-t-il dit au sujet
des pourparlers.

Quelques heures plus tôt, le vice-ministre russe des Affaires étrangères,
Guennadi Gatilov, avait indiqué que les discussions se poursuivaient à l’ONU
et qu’aucun vote n’aurait lieu dans les jours qui viennent.

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a de son côté assuré
mercredi avoir noté « l’attitude moins négative » de la Russie lors de la
réunion la veille à New York du Conseil de sécurité de l’ONU, et estimé le
nombre de morts à 6.000 depuis le début de la crise en Syrie.

« Pour la première fois, sans faire preuve d’un optimisme excessif,
l’attitude la Russie et l’attitude des Brics (Brésil, Chine, Russie, Afrique
du Sud, Inde) a été moins négative », a déclaré Alain Juppé devant les députés
français, laissant entrevoir une « fenêtre d’espoir » en vue de l’adoption d’une
résolution soutenant le plan de sortie de crise de la Ligue arabe.

Après dix mois de violences en Syrie, la pression s’accentue sur la Russie
pour qu’elle fasse preuve de plus de fermeté vis-à-vis du président Bachar
al-Assad et de son régime.

La Russie exaspère les pays occidentaux en s’opposant au projet de
résolution présenté par le Maroc et soutenu par la Ligue arabe. Ce texte
demande notamment le transfert des pouvoirs du président syrien à son
vice-président.

La Russie, allié traditionnel de la Syrie à laquelle elle continue à
fournir des armes, a réitéré à plusieurs reprises son opposition à l’usage de
la force et à toute résolution de l’ONU qui soutiendrait des sanctions unilatérales contre Damas.

MOSCOU, 1 fév 2012 (AFP)

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