Avec peu de moyens de contrôle, les extrémistes palestiniens recrutent en ligne et publient leur propagande sans être inquiétés; les effets se font déjà sentir sur le terrain, où les loups solitaires qu’elle produit en série, passent à l’acte et se lancent dans des attaques terroristes.

La jeune génération de Palestiniens s’est inspirée du succès retentissant de l’État islamique. Pour semer la terreur, il recrute sur les réseaux sociaux. Le blogueur et le muezzin font chorals ; les talkbackers sont de mèche avec les lanceurs de pierres; et les icones «partager», fleurissent aux côtés des dépliants d’incitation à la haine. Le réseau social est la nouvelle mosquée. Là nul besoin d’enlever ses chaussures en entrant; la police des frontières est certes présente mais sans les gaz lacrymogènes; et la police n’imposent pas de restriction d’âge aux fidèles de cette mouvance.

img

Ces derniers mois, ce champ protégé a permis aux Palestiniens d’y établir une nouvelle cellule terroriste. Au lieu de recruter des militants sur le terrain et de craindre qu’ils soient repérés par les radars des services de renseignement du Shin Bet, ils optent pour le recrutement en ligne via des campagnes virales qui visent à inciter à la haine des individus qui ne sont pas affiliés à une organisation terroriste en leur faisant croire que la mosquée Al-Aqsa est menacée – et pousser ces potentiels loups solitaires au passage à l’acte terroriste.

L’incitation à la haine en ligne que propagent les palestiniens, prend pour modèle l’attaque terroriste contre une synagogue de Jérusalem, qui serait la réponse à la menace présumée qui pèserait sur la mosquée al-Aqsa.
Là encore, tout part d’une rumeur ; comme ce fut le cas avec les récentes attaques terroristes à Jérusalem; et avec la mort du travailleur du bâtiment de Petah Tikva en Septembre. Nous ne sommes plus face à une vague de kamikazes religieux impatients de se jeter dans les bras des 72 vierges. Les nouveaux martyrs tombent dans les filets de la toile et se répandent en Likes.

img

Orit Perlov, un analyste des médias sociaux à l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS) qui surveille et analyse le discours qui alimente les réseaux sociaux dans les Etats arabes, prévient que sur les réseaux sociaux palestiniens, un certain nombre de campagnes d’incitation à la haine sont actuellement en cours en même temps. « Une des principales campagnes appelle à renverser des Juifs avec des véhicules », dit Perlov. « Ils utilisent le mot, ‘IDAAS,’ qui veut dire ‘couler’ en arabe, à côté de la photo d’une voiture qui fonce sur des juifs ultra-orthodoxes. Immédiatement après la fusillade qui a blessé Yehuda Glick, les réseaux sociaux ont commencé une campagne plus ciblée qui a appelé à renverser des membres de la Knesset qui ont encouragé les pèlerinages sur le Mont du Temple.

« Et il y a aussi une campagne très populaire» appelée ‘Atan ‘, qui donne tout simplement l’instruction, «Stab»; et il y a la «Atbah» – «abattage» – une campagne où l’on voit un jeune Palestinien masqué décapiter quelqu’un et il y a des Palestiniens qui remplacent leur photo de profil Twitter avec celle d’une hache. Cela ne signifie pas que ces personnes vont passer à l’acte demain, mais qu’ils s’identifient à ces agissements et s’associent à leur promotion ».

Qui publie ce type de matériel? Qui est derrière tout cela?
«Les activistes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, comprennent la psychologie du Net et savent ce qui fonctionne, » confie Gilad Shiloach, un analyste de réseau qui travaille sur le site du média américain, Vocativ, et surveille l’activité des réseaux sociaux sur le net. Il explique que les utilisateurs du Web palestiniens réagissent rapidement pour s’ajuster aux nouveaux développements sur le terrain. Ce fut le cas, par exemple, dans l’affaire de la mort chauffeur de bus Egged, Yusuf al-Ramouni, qui se serait suicidé selon le rapport légiste établi par l’instruction israélienne, alors que sa famille affirme qu’il a été assassiné. « Peu de temps après qu’il ait été retrouvé pendu, les activistes de Jérusalem-Est ont envoyé un tweet qui titrait  » Youssuf a été étranglé, « confie Shiloach. « En quelques heures c’est devenu viral. Des graphistes ont utilisé Photoshop pour composer un logo de Yusuf sur fond du Mont du Temple, et des slogans comme « Les Juifs sont souiller Al-Aqsa. « C’est ainsi que les appels au meurtre se répandent sur les réseaux sociaux, et c’est arrivé deux jours avant l’attaque terroriste dans la synagogue de Har Nof « .

img

Le Professeur Yair Amichai-Hamburger, directeur du Centre de recherche en psychologie Internet à l’école du Centre interdisciplinaire de la communication à Herzliya, explique que la propagande sur les réseaux Internet est un terreau fertile pour les extrémistes.

« Ces groupes virtuels vont effectivement enflammer les esprits avec des messages réitératifs puis il y a une sorte d’escalade, » dit-il. « Le groupe devient le référant absolu le prisme au travers duquel ils perçoivent le monde et certains individus poussent les idées qui s’y propagent à l’extrême, afin d’y jouer un rôle important. Pour le futur terroriste, Internet crée un ghetto médiatique qui se sert de plusieurs supports pour s’imposer comme source d’information et ce que véhiculent les réseaux sociaux deviennent sa réalité « .

De quoi fait-il l’expérience ?
« La propagande est absolue. Nous y sommes perçus comme les représentants terrestres de Satan, qui peuvent prendre la forme d’un garde-frontière, d’une femme de 25 ans, ou d’un bébé de quelques mois. Pour lui, chaque Juif représente un aspect de la menace. Une fois que le message s’est infiltré dans son psychisme, le sens de la solidarité devient absolu, et l’existence personnelle de l’attaquant devient vide de sens. Il tombe dans les bras de l’Islam. Cela donne lieu à un nouveau profil de terroriste, celui qui peut-être quelques jours auparavant n’avait pas l’intention de lancer sa voiture sur un groupe de soldats ou de civils dans une gare, mais finit par dire « au diable le monde.  »
Affiche qui circule sur le net et se réfère aux récentes attaques terroristes à Jérusalem commise avec des voitures.

Nouveau tournant
Pour beaucoup en Israël, jusqu’à il y a un mois ou deux, Yehuda Glick était un parfait inconnu; mais il était déjà la cible les pages Facebook des activistes palestiniens depuis deux ans. « Vous serez bientôt mort », promettait la légende à côté de sa photo sur les pages qui traitent de visites par les Juifs au Mont du Temple. Glick s’en plaignait, mais rien n’était été fait; et un jour, une internaute qui a intériorisé le message lui a tiré dessus. Aujourd’hui, les réseaux sociaux appellent à commettre d’autres attentats contre les activistes de droite.

Glick a maintenant des gardes du corps, et il en est de même pour tous ceux qui militent pour autoriser les Juifs à se rendre sur le Mont du Temple. Mais la grande question qui se pose c’est « comment le Shin Bet peut-il déjouer un prochain acte terroriste – si ce terroriste ne sait pas encore qu’il en est un ! » « La Défense a été prise de court par le nouveau type de terroriste qui émerge », explique le professeur Amichai-Hamburger. « L’idée qu’un homme ordinaire avec une famille et des enfants pourrait soudainement mener une attaque terroriste ne correspond pas au type de profil habituel. »

img

Les masses palestiniennes ne sont pas les seules qui profitent de ce vide sécuritaire; les organisations terroristes, aussi, entrent dans la mêlée. « Ces organisations utilisent les réseaux pour repérer les individus capables de passer à l’acte terroriste, mais n’ont pas le profil classique ; l’attaquant introverti, un individu en marge de la société», poursuit le professeur Amichai-Hamburger. « Mais ce pourrait être n’importe qui dans une frange importante de la population. C’est ce qui est effrayant. »

Daniel Cohen, un expert en cyber-terrorisme à l’INSS, accuse le Hamas de participer à ses campagnes virales. « L’organisation essaie de cibler les masses et encourage les actes isolés commis par un seul individu, par le biais de campagnes d’incitation à la haine», dit Cohen. « Nous parlons d’attaques terroristes de toutes sortes, dont l’organisation n’a pas à revendiquer la paternité et qui ont donc moins de chances d’être contrariées. Il est possible de mettre les activistes sur surveillance, de filtrer leurs appels téléphoniques qui permettent d’identifier un individu qui serait sur le point de perpétrer une attaque. Mais maintenant, le recrutement cible le Net et s’adresse aux masses, et nous n’avons aucun moyen de savoir qui mènera une attaque, ni quand « .

Selon l’analyste des médias sociaux Perlov, «Aujourd’hui, tous les instances chargée de sécurité disposent d’un logiciel qui leur permet de surveiller le contenu sur le Net, vous pouvez donc connaitre la masse d’activité et le nombre de personnes en charge des campagnes de propagande. Mais il n’y a toujours pas de programme informatique qui peut analyser les émotions. En d’autres termes, les intentions d’une personne spécifique comme par exemple celles des deux terroristes de la synagogue, par exemple, n’étaient pas connus comme activistes et n’ont pas été repérés et sont passés au travers des mailles du filets de ceux qui surveillent l’activité Internet, ils sont du menu fretin « .

Malgré le fait que la mise en place d’une stratégie de Défense a peu de chance de permettre de mettre les mains sur un terroriste solitaire, la surveillance des sites et des médias sociaux les statuts Facebook et les messages Twitter peut au moins aider à connaître l’état d’esprit qui règne chez les Palestiniens des territoires.

img

« Il y a ce qu’on appelle un organe de « Renseignements sur la population »- qui consiste à recueillir des renseignements dans le but d’étudier les comportements de la population », explique un officier de renseignement des Forces de Défense israéliennes. « L’essentiel est que nous puissions prendre le pouls de l’opinion publique palestinienne, et à l’ère des réseaux sociaux, vous ne pouvez pas ne pas en tenir compte si vous voulez avoir une image complète de la situation. « C’est précieux car ces études nous indiquent de quel côté souffle le vent dans la population et nous permettent de savoir où nous en sommes. Comment les problèmes et les tensions sur le terrain sont perçues sur les sites palestiniens et les médias sociaux» est une question qu’il sera toujours pertinent de se poser en surfant sur les forums. Parfois, d’ailleurs, ça va être la première question qu’il faudra se poser.  »

Alors que l’armée israélienne surveille les sites de médias sociaux palestiniens sans réellement prendre de mesures contre les campagnes d’incitation à la haine et autres appels au meurtre, l’Autorité palestinienne adopte une approche plus active ; fermeture de pages Facebook et arrestations. Et lorsque mesures sont prises dans ce sens, cela entraîne des changements significatifs sur le terrain.

« Pendant l’opération « Barrière protectrice » par exemple, l’une de ces campagnes virales a appelé à l’assassinat de Mahmoud Abbas, » dit Perlov. « Il a été surnommé » le chien des sionistes » un traître « et » un collaborateur. »
En marge de la légalité

[Nevo ZivArticle original

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire