Lieberman s’est trouvé un nouveau cheval de bataille qui lui ouvre une fenêtre d’opportunités dans le paysage politique israélien : d’une part batailler contre les ennemis d’Israël, le terrorisme et certains de ces Arabes israéliens qui s’identifient avec les Palestiniens, et d’autre part, il présente un audacieux plan de paix qui comprend des concessions radicales, la création d’un Etat palestinien, certains quartiers de Jérusalem-Est situés en contrebas de la ville et un échange territorial des régions israélo-arabes densément peuplées d’Israël contre les principales implantations.
Il espère que de cette façon, il deviendra le seul «adulte responsable» sur l’échiquier politique israélien, se positionnant à gauche de Bennett et de Netanyahu, mais à droite des autres partis centriste. C’est le genre de niche qui produit généralement les premiers ministres israéliens. Mais Lieberman doit remporter les suffrages. Est-ce que l’opinion publique israélienne voit en lui un candidat légitime, en dépit de ses origines et de son fort accent russe ? En marge de son électorat habituel, des immigrants de l’ancienne Union soviétique, va-t-il aussi bénéficier du soutien des Israéliens sabra en quête d’un leader? Réponses dans quelques mois.
Le plan de paix de Lieberman présente l’avantage d’un accord régional complet. Israël doit négocier avec l’ensemble du monde arabe, pas seulement avec les Palestiniens, et résoudre le conflit «de l’extérieur ». Israël serait prêt
dans ce contexte à la création d’un Etat palestinien démilitarisé sur la plupart de la région de Judée- Samarie.
Alors, pour satisfaire à la demande territoriale palestinienne (« un territoire de la taille de la Cisjordanie d’avant 1967″), Lieberman propose un échange territorial doublé d’un transfert de population. Israël cèderait des territoires comme Wadi Ara et ceux du Triangle du nord d’Israël, peuplés de centaines de milliers d’Arabes israéliens qui deviendraient citoyens de l’Etat palestinien. En échange de ces terres de grande qualité, Israël pourrait annexer la plupart des blocs d’implantation.
Lieberman se dit prêt à renoncer à certains quartiers palestiniens de Jérusalem et d’évacuer sa propre maison dans l’implantation de Nokdim en échange de la paix. Il dit expressément que «dans le débat entre l’unité du peuple et l’unité de la terre, l’unité du peuple est plus important. »
Lieberman ajoute cette fois une clause intéressante à son plan initial (médiatisé pour la première fois en 2004): Pour augmenter la majorité juive en Israël, il est prêt à encourager les Arabes israéliens de villes mixtes comme Jaffa et Acre à immigrer dans l’Etat palestinien qui sera créé, en échange d’aides économiques.
Al-Monitor: Comment vous est venue l’idée d’un accord régional ?
Lieberman : Tout commence par un bon diagnostic. Lorsque le diagnostic est erroné, le médecin donne un mauvais traitement à son patient qui ne guérit pas; au contraire, son état peut s’aggraver et il peut même mourir. À ce jour, nous avons traité le conflit israélo-palestinien comme un conflit local entre deux Etats distincts. À mon avis, cette approche est incorrecte. Notre différend n’est pas avec les Palestiniens, mais avec le monde arabe. Le monde arabe, dans ce contexte, a trois dimensions: les pays arabes, les Palestiniens et les Arabes israéliens. Jusqu’à présent, nous avons essayé de résoudre le conflit avec les Palestiniens. Un grand nombre de personnes de qualité bien intentionnées ont investi des efforts énormes dans cette tentative: Shimon Peres, (ancien président) Ariel Sharon (ancien Premier ministre), Ehud Barak, (ancien Premier ministre) Ehud Olmert,([ancien Premier ministre) Yitzhak Rabin (ancien Premier ministre). Il y a eu des conventions de paix, des accords de paix et des négociations, il y eu la discussion à Annapolis et les pourparlers de Taba et il y eu Camp David et Oslo. Mais le conflit n’a pas été résolu, parce que le diagnostic était incorrect.
Al-Monitor: Que proposez-vous?
Lieberman : Je suggère que nous prenions les trois dimensions du conflit, les mettions sur la table ensemble afin de résoudre le conflit dans sa globalité. Cela doit avoir lieu simultanément.
Al-Monitor: Pourquoi ? La question centrale qui alimente le conflit c’est le problème avec les Palestiniens. Du moment qu’il est solutionné tout va couler de source, vous ne pensez pas?
Lieberman: Je ne crois pas que le problème palestinien puisse être résolu séparément. Plus de 20 années se sont écoulées depuis 1993, lorsque les Accords d’Oslo ont été signé. Le fait est qu’ils ont échoué. Seul le contexte large du monde arabe nous permettra de sortir des sentiers battus et soutenons qu’une solution est possible. Le monde arabe est plongé dans une crise profonde, mais chaque crise présente aussi une fenêtre d’opportunité.
Al-Monitor: Que voulez-vous dire?
Lieberman : C’est la première fois que le monde arabe modéré comprend et intériorise le fait que ce qui le menace véritablement c’est ni les Juifs, ni le sionisme, ni Israël, mais les Frères musulmans, Jabhat al-Nusra, le Hamas, l’Etat islamique et al-Qaïda et toutes les factions terroristes de différentes confessions. Par conséquent, c’est la première fois que nous pouvons dire à tous ces pays modérés, « Mes amis, nous ont un ennemi commun, laissez-nous la main et coopérons dans le domaine de la sécurité ainsi que le domaine économique. » Cela nous donnera un avantage diplomatique énorme parce que nous sortirons de l’isolement diplomatique et cesserons d’être la cible automatique pour les condamnations de toutes sortes et les agressions verbales. Nous cesserons d’être le bouc émissaire du monde entier dans tous les forums internationaux. L’avantage au niveau de la sécurité signifie une coopération avec les pays modérés, l’intelligence, l’échange d’efforts conjoints. En ce qui concerne cet aspect, nos partenaires ont tout à y gagner. Et il y a aussi la sphère économique. Je suis convaincu qu’un jour, nous aurons des ambassades à Riyad, au Koweït, dans les Etats du Golfe et d’autres endroits. Combiner notre esprit d’initiative, notre technologie et nos connaissances avec leurs réserves financières énormes pourra changer le monde.
Al-Monitor: A ce point-là ? Vous commencez à ressembler à Shimon Peres, mais il s’avère que vous investissez beaucoup d’énergie pour vider Israël de ses citoyens arabes.
Lieberman : Le volet israélo-arabe est très important. Nous ne devrions pas nous concentrer sur ce qu’ils abandonnent, mais sur ce qu’ils vont gagner. Je ne ai aucune intention de dévoiler tous les aspects de la négociation dans les médias, mais il est clair qu’un accord « win-win » dans laquelle toutes les parties sont gagnantes signifie que de chaque côté il faut aussi accepter de renoncer à quelque chose. Je pense que dans le contexte actuel, nous avons une chance réelle pour parvenir à un tel accord.
Al-Monitor: Quel genre d’écho recevez-vous à l’international ? Avez-vous discuté de cette proposition avec vos homologues en Europe, aux États-Unis et dans le monde arabe?
Lieberman : J’ai parlé de l’idée à un certain nombre de mes collègues en Europe et aussi en Amérique du Nord. Dans l’ensemble, tout le monde comprend que c’est une idée sérieuse qui ne peut pas être rejetée à la légère. Il est également clair que la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien ne mènera nulle part. Reconnaître un Etat palestinien et contraindre Israël à une feuille de route ne nous mènera nulle part. Cela ne fera qu’aggraver une situation déjà critique, qui entrainera plus de violences, d’effusion de sang et autres tragédies.
Al-Monitor: Quelles réactions du monde arabe?
Lieberman : Je suppose que, là aussi, les gens commencent à mieux comprendre la situation ce qui nous offre une nouvelle base de discussion.
Al-Monitor: L’opposition en Israël vous reproche de vouloir en fait diminuer de la population israélo-arabe en Israël que de fait ne concéder que des terres à forte majorité arabe claire et finacer un transfert des Arabes en les encourageant à quitter Jaffa et Acre, soulevant de vieux démons.
Lieberman: Cette critique n’est pas pertinente et injuste. A une certaine époque, nous avons demandé à tous les Juifs du monde entier de venir ici, en Israël. Nous leur avons dit que toute personne qui s’identifie avec les idées du sionisme et se sent lui-même un Juif est le bienvenu. Maintenant ce que je propose, c’est la même chose pour les Palestiniens. Tous ceux qui s’identifient aux idées palestiniennes et se sentent palestiniens sont invités à s’installer en Palestine. Qu’est-ce qui est si terrible à cela ? Ils se battent de toutes leurs forces pour obtenir la création de cet état, et ne voudraient pas en profiter après? Donc, toute personne qui décide de s’y installer obtiendra notre aide. Je pense que c’est logique et légitime. Lorsque nous avons évacué des milliers de Juifs dans le [en 2005 de Gaza »>Article original lors du désengagement, nous leur avons aussi donné des compensations. Dans le cas des Arabes israéliens, je propose du soutien économique. Après tout, une partie des Arabes israéliens se revendiquent ouvertement et fièrement comme Palestiniens et d’identifient comme Palestiniens et pas avec l’Etat d’Israël dont ils ont la nationalité. Alors nous allons les aider à être des Palestiniens et le leur permettre sans contrainte et de façon éclairée.
Al-Monitor: Envisagez-vous de présenter votre plan aux Européens et aux Américains plus tard dans la semaine?
Lieberman: Certainement. Personnes à ce jour, n’a condamné ou disqualifié mon idée de base. Mes interlocuteurs américains, n’ont pas disqualifié purement et simplement cette idée. Après tout, ils nous disent toujours que nous ne savons que dire «non», et ne proposons pas, n’initions pas de solutions voici la preuve que non. Nous avons ici un plan de paix courageux avec des concessions très douloureuses. C’est une proposition israélienne constructive avec une logique interne et des chances de succès, par opposition à d’autres propositions utopiques. En Israël aussi, quand ce plan a été rendu public, je n’ai pas entendu de politicien le condamner. Ni Yair Lapid, (ministre des Finances) ni Tzipi Livni (ministre de la Justice), ni même Moshe Kahlon (ancien ministre). J’en ai parlé avec certains d’entre eux. J’ai l’intention de promouvoir ce plan de toutes mes forces et si je suis élu à la fonction de Premier ministre, je prendrai des mesures pour le mettre en œuvre.
Reste à savoir combien d’Arabes de nationalité israélienne seraient disposés à abandonner tous les avantages sociaux que leur procure la nationalité israélienne, pour en échange se soumettre à une Autorité palestinienne qui n’offre pas mieux que la plupart des autres pays arabes en termes de justice sociale et de démocratie, c’est-à-dire qu’ils en seraient de fait aussitôt privés. (NDLR)
[Al MONITOR – adaptation Kathie Kriegel Article original
![]() |
![]() |









































Ce qui est gênant, c’est le détour par la plus haute fonction.
Les avantages de ce plan:
– Maintien des blocs d.implantation et abandon des zones à forte concentration arabe.
– Pour Lieberman, réalisation de ses ambitions.
– le pourcentage des Arabes israéliens désirant le demeurer se révèlerait malgré la situation ‘d’apartheid’
Comment prendre au sérieux ce joker que Lieberman sort de sa manche juste au moment ou une élection pointe son nez ?
Pourquoi ne pas avoir suggère cette lumineuse idée à Bibi ?
Ce plan qui ne peut que déplaire aux partisans du grand Israel, n’est-il pas celui qui correspond à quelques détails près à une décision unilatérale que, de guerre lasse, le futur PM pourrait prendre ? Imposer sa paix en quelque sorte ?
Mais, et le… nonos du parlement français dans tout cela ! 2017 sans bouc-émissaire, impensable !
Voilà comment la lâcheté et la trahison sont appelées « AUDACE »! Cela, alors, est très AUDACIEUX!
Lieberman est mignon, mais je doute qu’il y ai beaucoup d’Arabes Israélien prêt à renoncer à l’identité Israélienne, pour devenir Palestinien, et allé vivre dans un État Palestinien.
Bizarrement, si il proposait la solution inverse, je penses qu’il obtiendrait beaucoup
plus de volontaires Palestiniens voulant devenir Israéliens !!!
Dans l’État Palestinien, il n’y a pas de vrai justice…
et donc toutes personnes un peu intelligente, parmi les Musulmans modérés comprend son
intérêt immédiat, dépendre d’Israël est une sécurité pour eux à tous les niveaux !
C’est sûr qu’ils ne le crieront pas sur les toits,
mais leurs actes confirmeront leurs choix, ils préfèrent Israël !!!
Donc Monsieur Lieberman, veuillez continuer à nous faire sourire…
je pense que Lieberman vas réussir car a chaque fois qu’un palestinien fait un act de terreur avec un couteau , un auto , un arme a feu ou peu importe la façon , Lieberman a comme projet d’exclure d’israel tout les secteurs fortement peupler d’arabe Israelien…..son plan audacieux vas réussir si la violence continue…
de toute façon pour moi , les arabes et les juifs ne peuvent cohabiter car l’un décide de vivre dans le passé et la violence et l’autre de vivre a amélioration de la société en investissent dans le futur de leurs enfants avec comme éducation d’aimer son prochain et non de lui louanger les vertus des ceintures d’explosifs
Il suffit de comprendre la mentalité Islamique, et Palestinienne pour comprendre
qu’on ne peut pas faire la Paix avec des personnes qui ne veulent pas de la paix.
Les Palestiniens dans les faits veulent la destruction pur et simple de l’État d’Israël…
je ne vois qu’une solution pour Israël pour avoir la Paix…
Je haïs la démagogie de certains hommes politiques…c’est l’histoire du scorpion et de la tortue !
Le scorpion pique la tortue qui lui fait traverser la rivière,
et lui dit : c’est con, mais c’était plus fort que moi…
Donc Israël ne fait pas confiance à un scorpion,
même s’il te fait toutes les promesses possibles,
c’est CON, mais c’est plus fort que lui !!!
Afin que cette solution soit comprise, discutée, amélioré, adapté et admise, par simple mesure de sécurité et pour rapprocher la totalité des Palestiniens, ne sera-t-il pas nécessaire de demander à la population qui demeure sur le territoire de Gaza, de rejoindre la totalité des Palestiniens. En même temps, il sera utile que les Palestiniens, les Pays Arabes avoisinants et les Israéliens se concertent sur le plan financier et sur le plan sécurité aussi bien sur le national, que sur le plan international. Sur l’environnement également.
Lieberman n’a pas encore compris que les arabes israéliens veulent le beurre et l’argent du beurre ; ils veulent bien devenir palestiniens mais AVEC la Terre où ils vivent !!!
Ils veulent un Etat Palestinien et un Etat Israélo-palestinien qui au bout d’un certain temps deviendrait un 2ème état palestinien !
L’essentiel, ce ne sont pas mes réactions, mais celles des intéressés, est-ce que ce plan plait
– aux arabes israéliens ?
– aux arabes de Jérusalem ?
– aux arabes des territoires ?
– aux autres arabes ?
S’il ne plait à aucun d’entre eux, il n’a aucune chance de mener vers la paix.