D’ailleurs, des faucons s’agitaient déjà pour que le Congrès, qui sera contrôlé par les républicains à partir de janvier, adopte une loi qui servirait d’ultimatum à l’Iran : faute d’accord final à l’issue d’une période spécifiée, les États-Unis imposeraient des sanctions économiques jamais vues contre des secteurs stratégiques iraniens, comme le pétrole, les mines ou le bâtiment. Pour les élus, lorsque le guide suprême iranien sera confronté à ce compte à rebours, il sera forcé de céder.

Ceci étant, des experts américains jugent qu’une escalade prématurée des sanctions pourrait avoir l’effet inverse, en renforçant les intransigeants iraniens qui affirment que les États-Unis ne négocient pas sincèrement. « Je peux vous garantir que si le Congrès vote des sanctions unilatérales, ça ne rendra pas les Iraniens plus accommodants, bien au contraire », dit George Perkovich, de la Fondation Carnegie pour la paix.

En effet, les sanctions, selon lui, pourraient en outre briser l’unité internationale et aliéner des partenaires américains comme la Turquie et l’Inde, proches de l’Iran et qui prendraient toute initiative unilatérale du Congrès comme une provocation contre-productive. Certes, le président américain peut opposer son veto à toute nouvelle loi de sanctions, afin de préserver la voie diplomatique. Mais un affrontement interne rendrait peu propice la conclusion d’un accord pérenne entre l’Iran et les États-Unis. « Les Iraniens n’auraient pas confiance sur la capacité des États-Unis à s’engager à long terme », dit John Bradshaw, directeur du National Security Network, un centre de réflexion progressiste. « À court terme, le président a l’avantage, mais le Congrès est capable de saborder la diplomatie. »

Néanmoins, les faucons du Congrès tiennent le raisonnement inverse. « Nous estimons que cette dernière prolongation des négociations doit être couplée à des sanctions renforcées et l’obligation de soumettre tout accord final entre l’Iran et les États-Unis à l’aval du Congrès », ont déclaré les sénateurs républicains John McCain, Lindsey Graham et Kelly Ayotte. Un texte de sanctions, à l’initiative de Robert Menendez (démocrate) et de Mark Kirk (républicain), végète depuis décembre 2013 au Sénat, soutenu par 60 des 100 sénateurs mais bloqué grâce à l’entregent de la Maison-Blanche. Le basculement du Sénat sous contrôle républicain en janvier pourrait le remettre à l’ordre du jour.

Ivan Couronne/AFP

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