Le système de suivi des attaques sanitaires de l’Organisation mondiale de la santé a un problème avec Israël.
Un nouveau document de politique publié par le Centre pour l’intégrité médicale montre que les incidents liés à Israël sont surreprésentés dans la base de données de l’OMS sur la santé en situation de conflit.
Un nouveau document d’orientation politique soulève des inquiétudes quant au fait que la base de données la plus consultée au monde sur les attaques contre les soins de santé puisse recenser systématiquement les actions israéliennes tout en sous-estimant ou en omettant celles menées par le Hamas et d’autres groupes terroristes. Il examine également comment ces données sont ensuite présentées dans les instances diplomatiques et juridiques comme preuves de crimes de guerre présumés.
Le 17 octobre 2023, dix jours seulement après les attaques du Hamas du 7 octobre contre le sud d’Israël, qui ont fait de nombreux morts, causé d’importants dégâts et provoqué des prises d’otages massives, une explosion a frappé l’hôpital Al-Ahli à Gaza. Quelques heures plus tard, le ministère de la Santé, contrôlé par le Hamas, a annoncé 471 décès et a accusé Israël. Cette information s’est rapidement propagée dans les médias internationaux.
Plusieurs chefs d’État ont suspendu leurs engagements et des manifestations ont éclaté dans des villes allant de Londres à Beyrouth. L’Organisation mondiale de la santé a enregistré l’incident dans son Système mondial de surveillance des attaques contre les soins de santé (SSA), faisant état de 471 décès « confirmés ».
L’attribution et le nombre de victimes ont tous deux été fortement contestés.
Quelques jours plus tard, les services de renseignement américains et israéliens ont conclu que l’explosion était due à une roquette mal tirée par le Jihad islamique palestinien, un groupe terroriste affilié à l’Iran. Le président Joe Biden a publiquement affirmé cette position. Human Rights Watch, une organisation souvent critique envers Israël, est également parvenue à une conclusion similaire, se basant sur l’analyse du cratère et des fragments d’armes. Le bilan des victimes annoncé s’est lui aussi révélé largement surestimé.
Malgré cela, la fiche de l’OMS n’a jamais été corrigée et fait toujours état de 471 décès confirmés.
Le personnel médical palestinien constate les dégâts causés par une explosion à l’hôpital arabe Al-Ahli de Gaza, le 18 octobre 2023. Photo : Atia Mohammed/Flash90.
Lors de la 158e session du Conseil exécutif de l’OMS en février 2026, cette même entrée a été citée à l’appui d’une affirmation faite au nom des États membres de l’OMS de la Méditerranée orientale, où il a été affirmé que près de 1 000 personnes avaient été tuées dans des attaques documentées attribuées à Israël affectant les installations sanitaires et le transport médical.
La région de la Méditerranée orientale, selon la terminologie de l’OMS, comprend 22 pays, dont l’Égypte, l’Iran et l’Arabie saoudite. Nombre de ces États sont également membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). L’OCI a par la suite cité ces chiffres comme preuve de ce qu’elle a qualifié de « destruction délibérée du système de santé » par Israël et de « violations flagrantes du droit international ». En réalité, ce même bloc, à l’origine de cette déclaration, s’appuyait lui aussi, en partie, sur sa propre interprétation des données sous-jacentes.
Aucune correction n’a été émise durant la séance.
Un nouveau rapport met en lumière le problème
Cet épisode est au cœur d’un nouveau document de politique générale du Center for Medical Integrity, publié ce mois-ci, qui propose l’une des critiques les plus détaillées à ce jour du système de surveillance de l’OMS concernant les attaques contre les soins de santé.
L’article soutient que, bien que le système joue un rôle important dans la documentation des violences contre les infrastructures médicales, il souffre de déséquilibres structurels dans la manière dont les incidents sont enregistrés et interprétés, notamment en ce qui concerne Israël et le Hamas.
Le Dr William Stern, s’exprimant au nom du Conseil consultatif du Centre, composé notamment des Drs Joseph Offenbacher, Rachel Spitzer, J. Ari Greenwald, Joel Zivot et Baruch Berzon, a exprimé cette préoccupation en des termes sans équivoque : « Les omissions sélectives et les instrumentalisations politiques nuisent à sa crédibilité. Le parti pris anti-israélien existe dans de nombreux systèmes des Nations Unies, mais les conséquences sur la protection des soins de santé en situation de conflit, sur la neutralité médicale et sur la santé des patients nous concernent tous. »
Un système fondé sur une contradiction
L’Agence spatiale sud-africaine (SSA) a été créée en 2017 pour recenser les violences perpétrées contre les soins de santé dans les zones de conflit, identifier les tendances et orienter les efforts de prévention. Elle compile les rapports des ONG, des agences des Nations Unies, des gouvernements et des médias, attribue des niveaux de confiance et publie les résultats dans une base de données publique.
Selon l’article, la question centrale réside dans la définition, par le système, des attaques contre les soins de santé. En droit international humanitaire, ce terme a des implications juridiques liées à l’intention et à la responsabilité. En Afrique subsaharienne, en revanche, il s’applique à un large éventail d’incidents, notamment les attaques directes contre les hôpitaux, les retards aux points de contrôle et les perturbations causées par le contexte plus large du conflit.
L’OMS, précise le document, n’a ni le mandat ni les moyens de déterminer quels incidents constituent des crimes de guerre, lesquels constituent des violations du droit international ou lesquels sont des conséquences indirectes d’un conflit armé. Néanmoins, une terminologie similaire est employée pour ces différentes catégories dans la base de données.
Le Dr Stern a déclaré : « L’OMS n’est pas un organe d’enquête ou de répression du droit international humanitaire ; sa mission est de permettre à tous les peuples d’atteindre le meilleur niveau de santé possible. Elle compromet cet objectif lorsqu’elle autorise – voire encourage – le détournement de ses programmes à des fins juridiques. »
L’article soutient qu’en conséquence, la base de données peut servir de document ressemblant à une preuve légale, tout en étant dépourvue des normes de vérification normalement requises pour un tel usage.
Ce qui est enregistré et ce qui ne l’est pas
Le rapport indique par ailleurs que la couverture médiatique est inégale dans la pratique. Il souligne que les actions militaires israéliennes à Gaza, du fait de l’intense couverture médiatique internationale, tendent à être documentées en détail, notamment lorsque des hôpitaux ou des infrastructures médicales sont touchés. L’Agence de sécurité sanitaire (SSA) enregistre les frappes aériennes, les opérations terrestres et les incidents connexes lorsqu’ils affectent des établissements de santé.
En revanche, l’article soutient que de nombreuses actions attribuées au Hamas et à d’autres groupes armés qui affectent le système de santé de Gaza ne sont pas systématiquement reflétées dans la base de données.
Le rapport cite des informations selon lesquelles le Hamas aurait intégré des infrastructures militaires à l’intérieur et sous les hôpitaux, notamment un réseau de tunnels sous l’hôpital Al-Shifa, d’après les services de renseignement américains. Il fait également état d’allégations de présence armée dans les services hospitaliers, de détournement de fournitures médicales et de restrictions imposées au personnel médical.
Parmi les autres incidents cités figure une activité armée à l’intérieur de l’hôpital Nasser début 2026, qui a conduit Médecins Sans Frontières à suspendre certaines opérations. Le rapport fait également état de cas survenus hors de Gaza, notamment des restrictions d’accès aux soins médicaux en Iran lors de la répression des manifestations et la détention de personnel soignant au Yémen par les forces houthies. Il souligne que ces incidents ne sont pas systématiquement consignés dans les archives de l’Agence de sécurité sanitaire (SSA).
Le cycle de mésusage
L’article décrit ce qu’il appelle un « cycle d’utilisation abusive » dans lequel des données incomplètes ou incohérentes sont intégrées au système, publiées sans correction, puis citées dans des instances officielles, et finalement utilisées pour étayer des revendications politiques ou juridiques plus larges. Il cite l’exemple de l’hôpital Al-Ahli comme illustration majeure de la façon dont une information non corrigée peut continuer à influencer le discours international.
Le Dr Stern a déclaré : « L’absence de correction, ou même de tentative de vérification des détails d’un événement, empêche que celui-ci puisse être utilisé pour élaborer des recommandations politiques ou pour orienter et protéger le déploiement de l’aide sanitaire. »
Il a ajouté que le problème ne réside pas seulement dans le contenu de la base de données, mais aussi dans la manière dont elle est utilisée ultérieurement, au-delà de son objectif initial de santé publique.
Pourquoi maintenant ?
Interrogé sur le moment choisi pour la publication du rapport, le Dr Stern a déclaré : « Nous cherchons depuis un certain temps des moyens de lutter contre la SSA. »
« À l’occasion du 10e anniversaire de la résolution 2286 du Conseil de sécurité des Nations Unies relative aux attaques contre la santé, et du 10e anniversaire prochain de la création du SSA, des réunions ont été organisées à New York et à Genève par des représentants des Nations Unies et de l’OMS afin d’examiner le SSA et de définir ses orientations futures », a-t-il expliqué. « Nous souhaitons profiter de ce processus pour encourager l’adoption de nos recommandations concernant le SSA et sensibiliser l’opinion publique aux problèmes liés à son utilisation à des fins politiques, et à son incapacité, en définitive, à atteindre ses objectifs. »
Réformes potentielles
Le document propose plusieurs réformes, notamment l’utilisation d’une terminologie plus neutre, comme par exemple les perturbations des soins de santé liées au conflit, une documentation plus claire de l’utilisation militaire antérieure des installations, l’introduction d’un mécanisme de correction formel pour les entrées contestées et une diversification plus large des sources de données.
Pour Israël, cette question s’inscrit dans un débat plus large sur la collecte, l’interprétation et l’utilisation des données relatives aux conflits au sein des instances internationales. L’article soutient que lorsqu’un système enregistre systématiquement les actions d’un camp en conflit de manière plus détaillée tout en omettant des actions comparables de l’autre camp, il risque de présenter une image incomplète des soins de santé en temps de guerre.
En définitive, cela soulève une question plus large concernant la confiance accordée aux systèmes de surveillance mondiaux et leur capacité à maintenir une distinction claire entre la documentation de santé publique et les éléments qui deviennent ultérieurement des arguments juridiques et politiques.
Le document de politique intitulé « Le système de surveillance de l’OMS pour les attaques contre la santé : biais, mésusage et voie de réforme » a été publié par le Center for Medical Integrity en mai 2026.
JForum.fr avec jns
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L’OMS fait partie des innombrables organisations qui dépendent de l’ONU, dont le but principal est d’emmerder Israël, quels que soient les sujets abordés.
Comment ne pas citer le patron de l’OMS qui a été soupçonné d’être en cheville avec la Chine lors des enquêtes sur le COVID dans les labos de Wuhan ???