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Maurice Lévy : « Comment certains médias et politiques ont pu oublier où menait l’antisémitisme ? »

Par Maurice Lévy, président d’honneur du conseil de surveillance de Publicis Groupe.

TRIBUNE – Alors que l’Australie vient de reconnaître le caractère antisémite de l’attentat de Sydney, le dirigeant d’entreprise pointe du doigt la violence envers les Juifs qui découle directement, selon lui, de la libération de la parole antisémite depuis l’attaque barbare du 7 Octobre.

Maurice Levy.
Maurice Levy. Fabien Clairefond

Jusqu’où iront les violences et les crimes aveugles des antisémites? Ce fut d’abord des tags sur les synagogues, puis des insultes suivies de petites violences, d’agressions physiques, et nous arrivons aux meurtres de masse, comme on vient de le voir en Australie. Un massacre de l’obscurantisme alors que les familles se réunissaient pour célébrer la Fête des lumières… Jusqu’où cet antisémitisme nauséabond conduira cette violence à l’endroit de Juifs dont le seul crime est d’être nés juifs ?

L’antisémitisme est le mal absolu. Nous ne le savons, hélas, que trop. C’est une haine aveugle, irraisonnée, comme le sont souvent les haines. Plus encore ! Nous avons appris au fil des siècles et surtout lors des pogroms du XIXe siècle et les crimes de la Shoah à quel point cette haine peut tuer et détruire l’humain. Comment des organes de presse ou des personnalités politiques ont-ils pu oublier à quel point l’antisémitisme pouvait armer des esprits faibles ou radicalisés et les conduire au meurtre ? Je suis d’autant plus meurtri et scandalisé que cette fusillade de masse ne m’a malheureusement pas surpris. Le déferlement de haine auquel on assiste depuis plus de deux ans y conduisait directement. On pourrait dire qu’il le préparait.

La libération de la parole antisémite depuis l’attaque barbare du Hamas du 7 Octobre s’est vite transformée en une libération de la violence antisémite. Les politiques, les médias, les gouvernements ont souvent été imprudents en communiquant de manière maladroite sur la guerre à Gaza.

Quand le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutierres, semble justifier par le « contexte » les massacres odieux commis par le Hamas, il donne raison par avance aux antisémites, il arme en quelque sorte ceux qui sont aveuglés par la haine. Quand des mouvements féministes excluent de leurs manifestations des femmes juives sous des prétextes fallacieux, ils les désignent à la haine antisémite. Quand des professeurs dressent des listes de Juifs, ce sont des listes de cibles qu’ils établissent. Quand des universités restent silencieuses devant de tels faits ou l’exclusion d’élèves juifs, elles sont complices. Quand les médias ou les hommes et femmes politiques perdent le sens des mots, leur poids, et semblent accréditer la thèse d’un génocide, alors que tous connaissent parfaitement bien les lois et les critères qui le définissent, ils alimentent l’antisémitisme, le nourrissent de haine et désignent le Juif. Quand des élus de partis politiques soutiennent la cause juste du peuple palestinien en manipulant les images ou les mots, ils propagent la haine antisémite et font des Juifs des cibles. Le pire dans tout cela est le cynisme avec lequel certains agissent à des fins purement électorales ; mais qu’importe, ce ne sont que des Juifs, et leur destin est d’être le bouc émissaire de toutes les culpabilités.

« Plus que jamais nous avons tous une responsabilité non seulement de lutter contre l’antisémitisme mais de bien comprendre cet amalgame malsain entre antisionisme et antisémitisme. » Maurice Lévy

Agissant ainsi, ils servent à créer un « contexte », pour parler comme Guterres. Ils réveillent la bête immonde et donnent une raison à des illuminés ou à des radicalisés pour agir même lorsque ces mêmes illuminés n’en ont pas besoin. Nul ne peut ignorer la confusion antisionisme-antisémitisme, ni le poids des mots et leurs conséquences, en particulier à l’égard des Juifs, persécutés depuis deux mille ans, d’abord pour des raisons religieuses, ensuite pour toutes sortes de raisons sociales, mystiques ou autres qu’il plaisait aux antijuifs ou plus tard antisémites de s’inventer. S’il est une chose à traiter avec la plus haute vigilance, c’est bien la haine antisémite. On a trop vu de malheurs, de crimes commis en son nom pour ne pas être cent fois plus prudents qu’en toute autre matière.

Je suis loin d’être d’accord avec le premier ministre d’Israël, Benyamin Netanyahou, dans ses propos souvent excessifs ou dans sa façon d’avoir mené la guerre à Gaza en réplique à la barbarie du Hamas. Et, lorsqu’il dit que tel gouvernement met de l’huile sur le feu, il exprime mal ce que ressentent les Juifs, qui se sentent incompris et abandonnés. Nul ne doit se tromper sur ce que vivent la plupart des Juifs en Australie, en Angleterre, aux États-Unis, ailleurs, un peu partout, mais aussi ici, en France. Depuis des années les gouvernements français successifs ont fait de la lutte contre l’antisémitisme une priorité nationale. Ce n’est malheureusement pas le cas de toute la représentation nationale.

Plus que jamais, nous avons tous une responsabilité non seulement de lutter contre l’antisémitisme, mais de bien comprendre cet amalgame malsain entre antisionisme et antisémitisme dont les antisémites se saisissent et qui s’en servent comme paravent pour justifier leurs propos, leurs actions et leurs débordements. En n’ayant pas une position claire, sans ambiguïté, certains leur donnent raison par avance et leur permettent de s’adonner à leurs tristes œuvres en ayant bonne conscience.

Certains médias, des hommes et des femmes politiques doivent cesser de faire semblant de ne pas voir les conséquences et le poids de leurs mots. Il est temps qu’ils en prennent la mesure avant que d’autres actes aient lieu et dont ils porteront la responsabilité.

JForum.fr avec /www.lefigaro.fr

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2 Commentaires
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Franck DEBANNER

La libération de la parole antjuive n’a pas commencé le 7 octobre 2023. En France, c’est chiracaille qui fut contraint de l’autoriser, par ses créanciers libanais, en application d’Eurabia, connue aussi sous le nom de « protocole de Barcelone ». Ca commença le 30 septembre 2000. Mais les tarés de gauche au pouvoir en Israël et les abrutis, à la tête des organismes et merdia juifs, insultaient les trop rares juifs et non juifs, qui dénonçaient cet antisémitisme des merdia occidentaux.

BOCCARA

Toujours le petit couplet obligé contre la politique de Netanyahou
Sorte de vaseline pour faire passer son message.
Et de nous dire que tous les gouvernements français ont fait de la lutte contre l’antisémitisme une priorité.
En tapant sur Israël à longueur de journée ? En pratiquant le lèche babouche tous azimuts à temps plein et cela depuis de Gaulle couve de muraille à travers Pompidou jobert,giscard Abou Daoud, Mitterrand cheysson et vedrine,Chirac villepin,Sarkozy al Thani père Kouchner ockrent l’imbecile total et Juppé le vaincu de partout recasé au CC ,Hollande Fabius , pour exploser en apothéose avec Macron barrot ,
Et toujours la même veulerie extrême face à Al Thani du Qatar, et Al saoud ,l’accueil chaleureux du roitelet hachémite d’un pays créé de toute pièce par Churchill en 1920,
Et Les embrassades démentes main dans la main avec le président antisemite négationniste sponsor des terroristes les plus atroces menteur corrompu jusqu’à la moelle dans la 21 eme année de son mandat de 4 ans
Et maurice Lévy oserait prétendre que tout ça n’a pas d’influence sur l’antisémitisme ?
Seuls les médias seraient responsables ?
C’est du foutage de gueule , il est hors sol Maurice Lévy et pire que ça il fait partie de la meute avéc Sinclair et Finkielkraut et leur démarche méprisable au parlement de Bruxelles
Parfaite incarnation du juif de cour et aujourd’hui le chef de la cour c’est Macron , belle référence .