Chikli prédit une guerre proche
La déclaration d’Amichai Chikli, ministre israélien de la Diaspora, affirmant qu’une guerre avec la Syrie serait désormais « inévitable », s’inscrit dans une séquence de tensions qui ne cesse de s’épaissir le long de la frontière nord d’Israël. Elle a été formulée après la diffusion d’images d’un défilé militaire syrien organisé à l’occasion du premier anniversaire de la chute de Bachar el-Assad.
Depuis le 8 décembre 2024, la Syrie est entrée dans une ère nouvelle et instable. Les forces rebelles conduites par Ahmed al-Sharaa ont renversé l’ancien régime, ouvrant une phase de transition politique et sécuritaire. Le nouveau pouvoir tente de consolider l’appareil d’État, tout en se heurtant à des fractures internes et à la méfiance de plusieurs minorités, notamment dans le sud.
C’est dans ce climat qu’un défilé tenu à Damas le 8 décembre 2025 a fait réagir Israël. Des unités syriennes y auraient scandé des slogans de soutien à Gaza et de défi direct à Israël, dans un registre martial qui a été largement relayé sur les réseaux sociaux et repris par plusieurs médias. Pour Chikli, ces images trahiraient la nature idéologique du nouveau régime et la montée d’une armée prête à s’installer au contact du Golan.
Sur le terrain, les frictions semblent déjà tester les lignes rouges. Des incidents ont été signalés dans la zone de Quneitra, où des soldats de Tsahal ont ouvert le feu après l’approche d’hommes armés ou de groupes jugés menaçants par Israël. Ces épisodes, même limités, nourrissent l’argument selon lequel le sud syrien pourrait devenir un théâtre de confrontations plus régulières.
Le ministre de la Défense Israël Katz martèle de son côté qu’Israël ne tolérera pas l’installation d’armes ou de forces hostiles à proximité immédiate de la frontière. Cette doctrine s’accompagne d’une volonté affichée de maintenir une profondeur de sécurité et d’exiger une zone démilitarisée au sud de Damas.
Damas rejette cette logique. Ahmed al-Sharaa a récemment accusé Israël d’exporter ses crises régionales et a averti qu’une extension durable d’une zone tampon imposée de l’extérieur placerait la Syrie dans une « position dangereuse ». Il affirme vouloir revenir à l’esprit de l’accord de désengagement de 1974, tout en promettant une reconstruction institutionnelle sur plusieurs années.
Entre slogans belliqueux, incidents frontaliers et batailles diplomatiques autour d’une zone démilitarisée, la prédiction de Chikli agit comme un signal politique autant qu’un avertissement stratégique. La question centrale n’est plus seulement de savoir si la Syrie veut l’escalade, mais si la dynamique locale et les perceptions israéliennes finiront par la rendre difficile à éviter.
Jforum.fr
![]() |
![]() |







































Une guerre se prépare pas seulement avec la syrie mais la Turquie et la Russie et d’autres pays voisins d’Israël .