Les accords secrets : comment Nasrallah a servi de médiateur entre Haniyeh et le président syrien.
Bien que le Hamas ait vigoureusement nié tout lien entre l’organisation terroriste et le régime meurtrier d’Assad, des lettres secrètes récemment révélées témoignent sans équivoque de leur relation, entretenue par l’Iran et le Hezbollah. Par exemple, Sinwar écrit à Haniyeh : « La Syrie est pour nous un terrain indispensable, une base de refuge. »
Le 8 décembre 2024, le régime d’Assad s’est effondré, après plus d’un an de pouvoir. Un événement que le Hamas a salué à maintes reprises dans ses déclarations officielles aux médias. Et aujourd’hui, près d’un an plus tard, des documents sont révélés pour la première fois, témoignant de l’importance que cette organisation terroriste accordait à la coopération avec le président syrien qui avait massacré ses propres citoyens.
Dans un article publié par Leah Pohorils et Ido Bar-Nes sur le site web de Tsahal, les lettres et les protocoles présentés par la Direction du renseignement révèlent qu’ils contiennent un certain nombre de conversations et de correspondances entre des figures importantes du Hamas – Yahya Sinwar et Ismail Haniyeh – et Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, et Saeed Izadi, qui dirigeait le « Corps palestinien » des Gardiens de la révolution iraniens et a été éliminé lors de l’opération « Am Kalavi ».
Par exemple, dans une lettre du 22 juillet, Sinwar Lahniyyah, alors chef du bureau politique du Hamas et résidant au Qatar, précise clairement que le Hamas n’a jamais boycotté le régime d’Assad et a toujours été bien traité par celui-ci : « Nous n’avons jamais décidé de boycotter le régime syrien. La direction du mouvement a quitté la Syrie par nécessité à ce moment-là, et elle nous a traités de la meilleure façon possible tout au long de ce processus. »
Selon Sinwar, la rupture publique avec le régime était due à des « contraintes de temps et de circonstances », plutôt qu’à des réticences idéologiques. Dans son texte, il souligne également la nécessité stratégique de renouer les liens avec Damas. « La Syrie est pour nous un terrain indispensable, à la fois comme base de refuge et comme espace de construction et de déploiement. Grâce à elle, nous pouvons participer au programme de résistance de l’axe de Jérusalem (l’axe iranien) », peut-on lire dans la lettre.

Lettre envoyée par Sinwar à Assad. Photo : Porte-parole de Tsahal
Un mois plus tard, une réunion officielle se tient entre de hauts responsables du Hamas, du Hezbollah et des dirigeants yézidis, afin d’élaborer un mécanisme de rétablissement des relations entre le régime et l’organisation terroriste. Parallèlement, une méthode est mise au point pour atténuer les critiques, au sein de l’opinion publique arabe internationale et, en particulier, de la part des Palestiniens, concernant la coopération avec Assad.
D’après le compte rendu de cette réunion, il a été décidé d’inviter d’autres responsables palestiniens à la première rencontre avec le président syrien de l’époque, afin de réduire l’attention portée au Hamas et de présenter cette initiative comme une mesure d’envergure et non comme une action isolée de cette organisation terroriste. Par ailleurs, le document révèle qu’il a été décidé que ces réunions ne seraient plus couvertes par les médias.

Réunion officielle entre de hauts responsables du Hamas, du Hezbollah et des Yézidis. Photo : Porte-parole de Tsahal.
Dans sa lettre du 22 septembre, Haniyeh remercie Hassan Nasrallah d’avoir facilité la rencontre avec Assad et saisit l’occasion pour transmettre au président une demande de libération des prisonniers palestiniens détenus en Syrie, afin d’atténuer les critiques publiques qui seront adressées au Hamas suite à la reprise des relations. Haniyeh souligne toutefois qu’il ne s’agit que d’un souhait et non d’une condition à la poursuite du partenariat avec le régime syrien.

Lettre de Haniyeh à Hassan Nasrallah. Photo : Porte-parole de Tsahal
Un autre article, qui éclaire la mentalité du Hamas et qui est cette fois signé par un cheikh proche de ses dirigeants, s’en prend violemment aux pays arabes qui critiquent le rétablissement des relations avec Assad et la normalisation du régime. Dans ce texte, le cheikh affirme clairement que sans contact actif avec l’axe iranien, le Hamas s’effondrera. « Nous attendons du Hamas qu’il s’oppose à l’Iran en Irak, à Bachar el-Assad et à son régime en Syrie, aux Houthis… Il est interdit au Hamas d’établir des relations amicales ou de coopérer avec ces acteurs… C’est un déclin stratégique qui, s’il est accepté, ne pourra mener qu’à l’effondrement du Hamas », écrit-il avec véhémence.

Le cheikh, proche de ses dirigeants, s’en prend violemment aux pays arabes qui critiquent le rétablissement des relations avec Assad. Photo : Porte-parole de Tsahal
Bien que le Hamas ait publiquement désavoué le régime d’Assad après les massacres perpétrés contre ses citoyens, il s’est employé en coulisses à rétablir son alliance avec lui, tant que celle-ci servait ses intérêts stratégiques. Cette révélation, selon les services de renseignement, indique que les responsables du Hamas étaient profondément préoccupés par la chute du régime syrien et soulignaient son importance pour la puissance de l’ensemble de l’axe iranien.
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Vous m’auriez étonnée MDR
Une buse islamiste reste une buse islamiste…