Politologues, sociologues, avocats… Ces « idiots utiles » du Hamas.
Depuis l’attaque du Hamas contre Israël, certains intellectuels frôlent la frontière entre « explication » et « légitimation ».
C’est une bouche pincée à l’idée de qualifier le Hamas d’ »organisation terroriste ». Un « oui, mais » en préambule de la condamnation du meurtre de sang-froid de 1 500 Israéliens. Un procès en « béatification de l’État d’Israël » dès lors qu’un titre, tel Libération, consacre sa Une aux victimes de l’attaque meurtrière du Hamas.
Depuis le 7 octobre, d’aucuns s’évertuent à renvoyer dos à dos Israël et le Hamas, allant jusqu’à refuser de qualifier le groupe terroriste comme tel en invoquant des motifs pour le moins recherchés. Ainsi le fondateur de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, lors d’une conférence le 10 octobre, a-t-il affirmé : « Si nous acceptions de caractériser comme terroriste une action de guerre, nous la soustrairions au droit international. »
La rhétorique du « oui, mais » n’est cependant pas l’apanage du champ politique et se retrouve dans la bouche de chercheurs, spécialistes du Moyen-Orient, experts en géopolitique, sociologues, historiens, ou encore politologues…
Cela commence par une banale « remise en contexte » de la « situation » – comprendre le conflit opposant Israël à la Palestine. « Banale », car de l’avis de certains concernés interrogés, un tel rappel relève de « l’évidence ». D’éminents spécialistes, tel le politologue Gilles Kepel, ont en effet pointé les responsabilités de Benyamin Netanyahou dans les colonnes de L’Express.
Mais il ne faut pas être grand clerc pour distinguer l’analyse visant à clarifier un contexte géopolitique de ces autres qui cherchent à désigner un mouton noir. Jusqu’à en arriver à la conclusion que « résister à un occupant est légitime » pour qualifier l’attaque du Hamas. Ce mot, relayé sur X (ex-Twitter) par l’Union juive française pour la paix, une organisation antisioniste opposée à l’occupation des territoires palestiniens, a été retweeté par l’islamologue et ex-directeur de recherche au CNRS François Burgat. De là à y voir une légitimation de l’attaque du Hamas ?
Sollicité, le spécialiste défend sans ciller : « Pour la première fois, pendant quelques heures, Israël a eu des victimes en nombre supérieur aux victimes palestiniennes. C’est fini ! Maintenant, on engrange des centaines et des centaines de victimes sous les bombes à Gaza. On ne peut pas renvoyer dos à dos agresseur et agressé, victimes et bourreaux. Je suis désolé, mais l’attaque du Hamas était un mécanisme de résistance à une oppression physique militaire. » Avant d’oser le parallèle avec les résistants français, « qualifiés de terroristes par les nazis » sous l’Occupation.
« Là, le Hamas a vraiment agi comme un mouvement terroriste, tuant des civils qui n’étaient clairement pas armés, analysait, au lendemain de l’attaque, dans les colonnes de L’Express, le spécialiste du Moyen-Orient Bernard Haykel, professeur à Princeton. Si le Hamas n’avait ciblé que des sites militaires et pris en otages que des soldats, on aurait pu dire qu’il s’agissait d’une défense des droits des Palestiniens. Mais, là, je ne vois pas comment on ne peut pas fermement condamner le Hamas, animé de surcroît pas une idéologie islamiste et antisémite. On est très loin d’un mouvement nationaliste comme l’OLP [NDLR : l’Organisation de libération de la Palestine]. »
En effet, si la nouvelle charte du Hamas publiée en 2017 a poli les références que contenait la première, en 1988, qui ciblait directement les juifs, elle continue de désigner Israël comme une entité illégitime. Sans compter, comme l’écrivaient en 2018 nos confrères de CheckNews, la rubrique de fact-checking de Libération, que « [si] ce nouveau document est distinct de la charte de 1988, il ne l’annule pas ». Autrement dit : l’opération menée par le Hamas n’a rien de la « violence réactionnelle du colonisé », comme on a pu le lire dans un tweet daté du 7 octobre de la députée LFI Andrée Taurinya.
Le choix des mots
Depuis que la présidente du groupe des insoumis à l’Assemblée, Mathilde Panot, a refusé de qualifier l’attaque du Hamas d’attentat terroriste, le groupe est sous le feu des critiques. Dans un tweet du 7 octobre, le député PS Jérôme Guedj s’en prenait ainsi aux « idiots utiles des terroristes du Hamas », précisant : « Qu’on en trouve à gauche est insupportable. » Mais le groupe n’en démord pas. Au micro de Sud Radio, le 17 octobre, la députée LFI Danièle Obono assume : oui, le Hamas est un « mouvement de résistance ». « C’est un groupe politique islamiste qui a une branche armée et qui s’inscrit dans les formations politiques palestiniennes ».
Il faut dire qu’au sein de la sphère intellectuelle bon nombre de spécialistes ont tenu des propos propices, à tout le moins, à une telle interprétation. En témoigne l’intervention de l’historienne directrice de recherche au CNRS Stéphanie Latte Abdallah, dans l’émission Sens public, sur Public Sénat. Extraits choisis :
« Je considère que l’acte, ce qu’il provoque, c’est de la terreur, et en ce sens c’est du terrorisme. En revanche, je pense que le Hamas n’est pas le même type d’organisation quand on l’analyse qu’une organisation comme Daech. Il y a une différence entre les actes perpétrés et l’organisation qui les perpètre. […]
– Je ne comprends pas la distinction que vous établissez entre le Hamas et les actes qui ont été perpétrés, lui oppose Eleonore Weil, journaliste pour le média Haaretz, un quotidien de centre-gauche israélien.
– Vous ne comprenez pas la distinction entre un groupe avec une idéologie globale apocalyptique et, au départ, un parti politique qui s’est constitué, qui a été élu en 2006 ? Ce n’est pas du tout la même structure. »
Tant pis si l’Union européenne, dont la France, tout comme les Etats-Unis considèrent le Hamas comme une organisation terroriste. Tant pis aussi si, quelques mois après avoir gagné les élections législatives en 2006, une guerre civile palestinienne a débuté, au terme de laquelle le Hamas a pris le pouvoir par la force en 2007. Aucune élection n’a été tenue depuis. Les miliciens islamistes du Hamas sont allés jusqu’à torturer et assassiner brutalement nombre de membres du Fatah (le parti de Mahmoud Abbas), mais aussi des dizaines de civils et d’opposants politiques, dont certains ont été jetés du haut d’immeubles. L’Histoire l’a montré : la légitimité d’un groupe politique ou religieux ne se réduit pas au respect formel des échéances électorales (lorsque c’est le cas).
« L’élection est une condition nécessaire mais pas suffisante. L’ambition du Hamas est bien d’exercer le pouvoir de manière solitaire et totalitaire, avec un projet de société visant à contrôler la population gazaouie dans la bande de Gaza du berceau au tombeau, via l’établissement d’une police des mœurs, un endoctrinement et une radicalisation systématique dans les écoles, en éduquant les enfants dans la haine des juifs et de l’Occident », explique le spécialiste du Moyen-Orient David Khalfa, codirecteur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès.
Le chercheur ajoute que, avec l’attaque d’Israël, « l’objectif immédiat du Hamas était de terroriser et de démoraliser la population israélienne en cassant le lien de confiance entre elle et son armée censée assurer sa sécurité, son objectif stratégique étant l’éradication de toute présence juive sur le territoire d’Israël. Qualifier le drame du 7 octobre d’‘attaque terroriste’ n’empêche en rien de parler de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. En revanche, lui dénier son caractère terroriste, c’est ouvrir la voie aux tentatives de minimisation de son extrême gravité et banaliser au fond l’horreur qui a saisi Israël et, au-delà, la communauté internationale ».
« J’ai intériorisé la vision et les arguments des Palestiniens »
Comment comprendre cet empressement à ne pas nommer le Hamas tel qu’il est, venant d’intellectuels qui, contrairement au parti de Jean-Luc Mélenchon, n’ont a priori pas d’intérêt direct à séduire un électorat acquis à la cause palestinienne ? « J’ai intériorisé la vision et les arguments des Palestiniens », admettait François Burgat, qui a passé de nombreuses années au Proche-Orient, assurant connaître « plusieurs des leaders du Hamas ». Ce qui ne l’empêche pas, précisait-il, de juger « illégitime de prendre en otages des femmes, des vieilles personnes et des enfants, si cela a été le cas ».
« Le conflit israélo-palestinien provoque des réactions passionnées et fait parfois chavirer les esprits les plus affûtés, pris entre leur honnêteté intellectuelle et leur engagement émotionnel ou affectif envers l’une des deux parties au conflit, analyse de son côté David Khalfa. Au point que, lorsqu’ils prennent la parole en public, certains peuvent servir de caution scientifique à ceux qui refusent de nommer l’évidence ».
Où s’arrêtent « les convictions » (propalestiniennes, par exemple) et où commence « l’idéologie » ? Quand la naïveté et les « réactions passionnées » cessent-elles d’expliquer cette incapacité à nommer dûment le terrorisme ? Dans le cas de François Burgat, difficile d’ignorer le prisme résolument antisioniste à travers lequel celui-ci aborde le conflit israélo-palestinien, l’ironie dont il a pu faire preuve concernant les accusations d’antisémitisme, qu’il qualifiait dans une interview disponible sur le blog de Mediapart (2019) de « sacro-sainte infamie » fonctionnant comme une « »arme de destruction massive » du raisonnement, du débat et de la contradiction ». Sans oublier son obsession pour la « télavivision » (contraction de « Tel-Aviv » et de « télévision », sous-entendant une influence d’Israël sur les chaînes de télévision, notamment françaises) et les « officines sionistes », qu’il identifie chez une grande partie de ses détracteurs, tel le site Conspiracy Watch, en lutte contre le conspirationnisme. Et que dire de sa conception de la « démocratie » ? Pour François Burgat, les députés du Hamas ont été « démocratiquement élus », tout comme, écrivait-il en 2020 dans une tribune au Monde, « les objectifs de l’agenda islamiste issu de l’école des Frères musulmans [dont est issu le Hamas] sont beaucoup plus explicitement profanes et banalement démocratiques ».
Pour certains, la tentation de la justification, même inconsciente, est rendue d’autant plus forte que la question palestinienne s’inscrit dans un combat idéologique plus global. « Pour des personnes comme la théoricienne féministe Judith Butler, ce qui détermine si un mouvement doit être considéré comme étant de gauche ou de droite, c’est le fait qu’il prétende lutter au nom de ceux qu’elles considèrent comme étant marginalisés, rappelle Yascha Mounk dans une tribune publiée par L’Express. Le Hamas étant une organisation de « personnes de couleur » défavorisées luttant contre des juifs « blancs » privilégiés, il doit être considéré comme faisant partie d’une « lutte globale contre l’oppression ».
Dans cette perspective, les intellectuels se réclamant du mouvement décolonial constituent à eux seuls un foyer de légitimation tacite de l’action du Hamas. « D’un côté, une occupation coloniale avec sa violence systémique, son racisme structurel, son illusion de démocratie, le vol des terres, la torture ; de l’autre, un combat légitime pour la libération. Rien d’autre », tweetait ainsi l’historienne et politologue Françoise Vergès, le 8 octobre. Depuis cette date, c’est un florilège : « T’es (sic) vraiment un valet du colonialisme », commentait-elle après la « condamnation sans réserve de l’attaque du Hamas » par le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.
Mieux : si, selon la perspective de Françoise Vergès, l’opération menée par le Hamas est synonyme de « combat légitime » du camp palestinien – amalgamant par là le Hamas et le peuple palestinien –, « le ‘droit de se défendre’ avancé par un Etat colonial [Israël] n’est que la perpétuation de la colonisation par la violence ». Tant pis, là encore, si le programme du Hamas prône justement une idéologie suprémaciste et raciste, aux antipodes de la « tolérance », discriminant les non-musulmans (et même les « mauvais » musulmans qui ne pratiqueraient pas un islam suffisamment rigoriste) et les femmes, et prônant la suppression des minorités sexuelles.
L’épouvantail de l’extrême droite.
« Depuis des décennies, l’antiracisme est instrumentalisé et vidé de tout son sens par certains à gauche, criminalisant sans nuance Israël et le sionisme, en avançant des termes comme ‘racisme’ ou, plus récemment, ‘apartheid’ pour le décrire. Ce que certaines ONG, telles Amnesty International ou la Ligue des droits de l’homme, jadis estimables, ont repris à leur compte. Dans l’esprit des décolonialistes, condamner l’attaque terroriste et barbare du Hamas reviendrait presque à légitimer la colonisation, trahir leur prétendue cause antiraciste et, pire, à prendre leur part de culpabilité. Cette manipulation nourrit un racisme antijuif qui voudrait que les juifs, une minuscule minorité dans le monde, soient des ‘super-Blancs’, bourreaux des minorités », analyse Simone Rodan Benzaquen, directrice de l’American Jewish Committee en Europe.
« Presque » ? « ‘Soutien inconditionnel à Israël’ signifie soutenir la colonisation, l’apartheid, la ‘nakba [la « catastrophe », le déplacement forcé de 700 000 Palestiniens à la création de l’Etat d’Israël, en 1948] permanente’. C’est un parti pris raciste. Et ce n’est pas un hasard si les partisans zélés d’Israël sont pour la plupart de fervents promoteurs de l’islamophobie en France », tweetait, le 11 octobre, l’avocat engagé Rafik Chekkat, amalgamant par la même occasion soutien au peuple israélien et validation d’un projet politique.
Quelques jours plus tôt, celui-ci allait carrément jusqu’à postuler qu’ »un des signes de l’extrême droitisation de la vie politique française est le large soutien dont bénéficie l’extrême droite israélienne au pouvoir. Cela nous révèle jusqu’où des médias, des femmes et des hommes politiques, sont prêts à aller en France en matière de racisme ». Comprendre que soutenir Israël reviendrait à soutenir le gouvernement dit d’extrême droite de Benyamin Netanyahou…
EXPRESS
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Franchement, je m’en bat les c….. pour dire clairement les choses.
Bien que la majorité des Français ne veulent plus de cette immigration pour ne pas dire de cette islamisation.
C’est uniquement le soutien américain qui mérite notre attention.
Je souhaite de tout que les français prennent de la graine de ce qui se passe et s’unissent comme en Israël pour régler leur problème avec les musulmans qui a part une minorité courageuse comme l’imam de Drancy, n’ont rien à faire dans des pays civilisés.
EN EFFET ! c est incroyable ces renversements de situations et verites , bientot des sales ????? vont dire c est vous qui ont cassé le mur de separation pour tuer de jeunes qui faisaient la fete …..CES SALES ????? VIVE ISRAEL
La bonne question c’est :
Ne serait-ce que pour donner raison aux antisémites et ne pas les décevoir