Le Grand Rabbin Lau qui était annoncé n’est pas venu. L’organisateur n’a pas jugé utile d’informer de ce changement, préférant bénéficier de l’aura de ce Géant en cette semaine dédiée à la Mémoire.

 

Consistoires au bord de la crise de nerfs 

par Evelyne Gougenheim 2 févr. 2020 à 13:05

 

Après un énième Conseil d’Administration peu digne de l’institution bicentenaire qu’est le Consistoire Central, il est temps d’envisager, si vous me le permettez, la nouvelle année et ses perspectives

Une séance houleuse

Le Conseil prévu mardi 21 janvier devait être particulièrement bref, avec une fin de séance prévue à 14h. Soit de 12h30 à 14h, pour neuf points inscrits à l’ordre du jour, y compris le plateau-repas de qualité égale depuis de longues années. Le Grand Rabbin de France avait donc prévu de quitter la réunion à 14h, ce qu’il fit. Était notamment prévue une intervention sur la Che’hita par le Grand Rabbin Fiszon exceptionnellement présent. Pourtant la réunion se prolongea et notamment autour d’un sujet capital : la vente du 19 rue St Georges et le Centre du XVIIème avec différentes annonces

–          Le Consistoire de Paris aurait souscrit un emprunt pour rembourser 2,5 millions de dettes au Consistoire Central. De quelles dettes s’agit-il ? N’est-ce pas la redevance annuelle du Consistoire de Paris au Consistoire Central, non réglée depuis de nombreuses années et évidemment jamais réclamées : de l’avantage du cumul de mandats

–          La vente du 19 rue St Georges.

La vente avait été annoncée comme définitive en mai 2019 à 15 millions € et sans conditions suspensives, annonce réitérée en Assemblée générale du Consistoire, et annonce qui, n’oublions pas, accompagnait la « suppression » des élections de 2020 au Consistoire Central, en violation des statuts. Une  « vente » qui manifestement n’en est qu’à un stade préliminaire: compromis ou promesse. En novembre, suite à un « rétrécissement » ou à une « disparition » de surface, le prix avait été fortement baissé à 13 700 000€. Or, lors de ce dernier Conseil, ô surprise : le prix augmente et passe à 14 100 000€, une « dilatation » de surface intempestive?

–          Cette hausse légère mais toujours en baisse de 6% soit 900 000€ tout de même, par rapport au prix initial a été assortie d’une nouvelle demande : le versement de 2 ou 3 millions d’euros au Centre du XVIIème. Tout cet argent, faut-il le rappeler, provient de dons de même que le 19 rue St Georges qui fut acquis grâce à de grands donateurs, et ce au détriment de projets ou d’une solidarité dont les cris ne parviennent pas à franchir les murs d’indifférence dressés. Quelles peuvent être les modalités de ces fonds provenant d’une association Loi 1905 et de leur versement à une SCI?

(Rappel : En mai, lorsque fut annoncée la vente définitive et sans conditions du bien principal du Consistoire Central, fut déjà accordé, non pas les 2 millions demandés, mais 1 million d’euros). Ce sont donc deux ou trois millions supplémentaires demandés pour un Centre dont personne n’a accès ni à sa structure juridique, ni à ses comptes, ni à son budget prévisionnel. Qui fait cette demande ? le gérant de la SCI CJE du Centre Européen du Judaïsme (CEJ) ou le président du Consistoire Central ou encore le président de l’association Loi 1901 Centre d’Etudes et de Mémoire du Judaïsme (CEMJ) inconnue de tous et qui détient 20% des parts de la SCI ? Au milieu d’un brouhaha géant et de votes organisés à l’arrache sans que personne ne comprenne qui vote quoi, la séance s’est terminée en eau de boudin, si je puis me permettre. La question de la Che’hita n’a pas été abordée ni d’ailleurs le nouveau Badats déjà devenu Badats Paris. Cacherout etTalmud Torah, peuvent attendre mais pas les transactions.

Un courrier pour rétablir le Chalom qui pèse lourd 

Le lendemain, le Grand Rabbin de France, informé des suites mouvementées de la réunion en son absence, s’en est ému dans une lettre adressée au Président-Gérant avec copie aux administrateurs. La commission de travail suggérée pour affiner les questions relatives au Centre du Judaïsme Européen n’a toujours pas été constituée.

 Mais quel est ce mystérieux acheteur ?

Alors que nous en sommes déjà à la troisième annonce de prix de vente, toujours aucun indice sur l’identité de l’acheteur six mois après la vente « réalisée ». A moins que la vente n’ait jamais été réalisée. D’ailleurs quel pouvoir ou quel procès-verbal ou quel vote de l’Assemblée générale, le Notaire a-t-il en sa possession pour autoriser la vente du bien principal d’une association ?

Les hypothèses résultant de l’opacité concernant l’acheteur peuvent être

1.      Conflit d’intérêt : un membre du Conseil d’Administration
2.      Conflit d’intérêt : un lien familial ou de proximité avec un membre du Conseil d’administration
3.      Blanchiment : de l’argent blanchi par cet achat ? La seule possibilité d’envisager cette hypothèse est en soi la preuve du dysfonctionnement majeur de l’institution

 

Le transfert des services

Lors de la vente en mai fut annoncé le transfert des bureaux des Consistoires fin décembre 2019. Force est de constater que là aussi le chant du pipeau nous accompagne.

Ad mataï

Où en sommes-nous de la mission du Consistoire et de son implication pour défendre les intérêts du judaïsme français. Non seulement nous en sommes loin, mais nous naviguons en eaux troubles, ce qui, par les temps qui courent, est hautement irresponsable. Il faudrait au nom de « ces temps qui courent » ne pas créer de scandale et laisser la gangrène gagner du terrain sans rien dire ! Après le départ du Consistoire de Paris de la Directrice du Département Fichier/Recettes Mme Zaava Taïeb et tout récemment le départ du Directeur de la Comptabilité M. Joseph Mimoun la mémoire de l’institution a été effacée. Les remplaçants, quelles que soient leurs compétences, se plieront aux nouvelles demandes. Où est l’audit indépendant qui permettrait d’avoir une vue sur la situation réelle ? Où est la Commission de contrôle indépendante qui pourrait avoir accès aux comptes des Consistoires et des dix associations créées en toute opacité, sans parler de la SCI CJE ou de son fantôme CEJ ? N’est-il pas aujourd’hui plus que jamais nécessaire d’assainir les structures institutionnelles pour permettre l’expression d’une parole forte de la Communauté alors que le sujet du financement des cultes est brûlant ? La confusion du cultuel, du politique,du financier additionné du cumul des mandats et de l’opacité aboutit à un mélange paralysant et toxique pour la Communauté. Va-t-on aller jusqu’au scandale public ?

Evelyne Gougenheim

 

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