Les Saoudiens convoquent le Premier Ministre libanais juste avant que Beyrouth ne tombe dans l’orbite iranienne

Le retournement de veste du Premier Ministre libanais Saad Hariri au Hezbollah et à l’Iran choque Riyad et déconcerte Israël.

Cet homme politique sunnite libanais et sa famille ont lié très longtemps et de manière inextricable des relations solides avec l’Arabie Saoudite et sa maison royale, ainsi que démontré son orientation pro-Occidentale. Cependant, on a brusquement remarqué à Riyad, ainsi qu’à Jérusalem, que le plus irréprochable des fidèles de l’Arabie Saoudite à Beyrouth avait tranquillement franchi les lignes adverses.

Hariri a calmement décidé de suivre l’étoile de l’Iran et d’unir son destin politique à celui de son vieil ennemi, le Hezbollah. Et celui-ci lui a promis qu’il conserverait la place de premier homme du gouvernement, après les élections générale du 8 mai au Liban, où leur alliance chiite du 8 mars est certaine de remporter la majorité au Parlement.

Pris au dépourvu par le glissement imminent du Liban dans l’orbite iranienne, les dirigeants saoudiens ont convoqué précipitamment Hariri à Riyad. Il est arrivé mercredi 28 février. Mais il était déjà trop tard pour le ramener à la raison.

La perspective d’un gouvernement-pantin de Téhéran à Beyrouth est une nouvelle déconcertante pour Riyad, qui a traditionnellement considéré Beyrouth, avec ses banques et son goût du luxe comme leur arrière-cour. Mais pour Israël, cela a un parfum de désastre. Cela signifie que l’Iran est parvenu à étendre sa présence hostile et de mauvais augure dans les deux pays voisins d’Israël au nord, le Liban aussi bien que la Syrie.

Que les Saoudiens aient été surpris à ce point se manifeste dans l’interview que le Washington Post a mené, pas plus tard que mercredi, avec le Prince héritier Mohammed Bin Salman. Faisant référence à Saad Hariri, le prince a eu ce commentaire : « A présent, il est en bien meilleure position au Liban » -clairement non conscient du choc qui l’attendait.

Quand l’homme politique a été convoqué, la dernière fois à Riyad, il y a cinq mois, il avait atterri au beau milieu de bouleversements intérieurs – au cours duquel, lui, comme des centaines de notables saoudiens, s’est fait déposséder de sa fortune, avant d’être autorisé à s’en aller. Cette visite-ci, qu’Hariri aurait préféré éviter, a coïncidé avec un autre bouleversement saoudien, le remaniement de la totalité des cercles dirigeants de son état-major et de son appareil de défense.

On devrait en apprendre bien plus, très bientôt sur le sens de ces tremblements de terre au sommet de la pyramide saoudienne, ainsi que de son armée impliquée au Yémen et sur les conséquences de l’alignement d’Hariri sur l’Iran.

  

Saudis summon Lebanese PM moments before Beirut falls into Iranian orbit

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