Le dollar s’effondre : que peut faire la Banque d’Israël ?
La devise américaine a chuté de 25 % face au shekel en deux ans — les exportateurs locaux reçoivent 91 shekels de moins pour chaque tranche de 100 dollars. Le gouverneur Yaron est confronté à trois options : acheter directement des dollars, baisser fortement les taux à 0,75 % ou à 1 %, ou ne rien faire — ce qui constitue également un risque.
En juin 2024, le dollar valait 3,72 shekels et l’euro 4,03 shekels. Vendredi dernier, le dollar se négociait déjà à 2,81 shekels, tandis que l’euro valait 3,27 shekels. Un simple calcul montre qu’en l’espace de deux ans, le dollar et l’euro ont respectivement perdu environ 25 % et 19 % de leur valeur face au shekel. Concrètement, un exportateur israélien reçoit désormais 281 shekels pour 100 dollars exportés, contre 372 shekels il y a deux ans — soit 91 shekels de moins.
Pour compenser cette perte de revenus, cet exportateur devrait augmenter ses prix en dollars d’un tiers (!) — de 100 à 133 dollars —, s’exposant ainsi à un risque réel et immédiat de perdre ses clients et l’ensemble de son marché. Il ne peut pas absorber cette dépréciation par des « gains d’efficacité » — licenciements massifs ou coupes salariales importantes — sans mettre son entreprise en péril. La situation des exportateurs vers l’Union européenne n’est guère meilleure : vendre des marchandises pour 100 euros ne rapportera plus que 327 shekels, contre plus de 400 shekels il y a deux ans.
Acheter des dollars n’est pas nécessairement une solution miracle
La Banque d’Israël dispose-t-elle d’outils pour enrayer l’appréciation du shekel et empêcher un renforcement supplémentaire de la monnaie israélienne ? Le gouverneur, le professeur Amir Yaron, peut tenter d’atteindre le résultat souhaité par l’une des trois voies suivantes. La première est l’achat direct de dollars. Ce n’est pas un outil nouveau ; la Banque d’Israël y a eu recours par intermittence jusqu’à il y a environ quatre ans et demi. La méthode est simple, mais cette simplicité a un prix : l’achat de dollars enrichit les cambistes qui avaient parié dessus et les incite à persévérer dans leurs spéculations, augmente considérablement la masse monétaire en circulation, et selon les précédents historiques, il est peu probable que cela conduise à une dépréciation significative du shekel. Tout au plus, cela pourrait empêcher une appréciation supplémentaire. Et même cela n’est plus certain : le volume quotidien des transactions shekel-dollar avoisine désormais les 23 milliards de dollars, et pour avoir un impact significatif, il faudrait une intervention massive et prolongée de la Banque d’Israël, impliquant l’achat de milliards de dollars. Les réserves de la Banque d’Israël sont colossales — 236 milliards de dollars — et l’on peut douter qu’il existe une justification raisonnable à les augmenter davantage.
Baisse des taux : une solution partielle non exempte d’inconvénients
L’autre voie consiste à abaisser les taux d’intérêt de 0,75 % supplémentaires, voire d’un point entier, comme l’a exigé dans un entretien avec ynet le président de Raphael et ancien ministre des Finances, le Dr Yuval Steinitz. L’espoir est qu’une baisse aussi marquée rende l’investissement financier en shekels manifestement peu attractif et entraîne une dépréciation du shekel ainsi qu’une hausse du dollar et de l’euro. Recourir aux taux d’intérêt pour influencer le marché des changes présente de nombreux inconvénients, découlant du fait qu’il ne s’agit que d’un outil d’intervention indirect — la mission principale du taux directeur d’une banque centrale étant de contenir les pressions inflationnistes et d’accélérer la croissance, et non de participer aux jeux d’offre et de demande sur le marché des changes. Ses variations ont des répercussions larges sur l’ensemble de l’économie, sur les composantes de l’épargne, sur les décisions d’investissement, sur le coût du crédit et sur de nombreux secteurs et marchés (le marché immobilier, par exemple). Une telle mesure signalerait un revirement dans les priorités de la Banque d’Israël. Condition sine qua non pour la réussite de cette démarche : le maintien rigoureux d’un budget gouvernemental maîtrisé et d’un déficit budgétaire ne dépassant pas 4 % à 4,5 % du PIB — même si cela nécessite une hausse des impôts. Et n’oublions pas les avantages anti-inflationnistes d’un shekel fort. S’il n’a certes pas apporté de remède au coût de la vie, il a néanmoins significativement modéré la hausse des prix du pétrole, de l’essence, de l’électricité et de l’eau, entre autres.
Et que se passera-t-il si la Banque d’Israël ne fait rien ?
Une appréciation prolongée du shekel conduira à terme à une dégradation de la balance des paiements (les exportations de défense sont mieux protégées, mais les exportations de services technologiques sont davantage exposées et vulnérables), puis à un ralentissement de la croissance et à une hausse du chômage. À l’avenir, ces évolutions négatives pourraient influencer les grands opérateurs du marché des changes et les amener à commencer à vendre des shekels — mais on ne sait pas encore comment, dans quelle mesure ni à quel moment.
Dans tous les cas, « rester les bras croisés » n’est pas un choix permettant d’éviter les risques : cette solution constitue en elle-même un risque non négligeable.
JForum.Fr et Ynet
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je n ai pas lu l article mais un shequel fort est et une cata car les prix augmemtent un maillot valant l an drenier 250 shequeus coute 550 shequels de nos jours les legumes et les fruits ont egalements augmente c est l horreur