Le « Cocktail officiel de la Terreur » à la turque

Un dossier PDF explosif de 60 p. de coopération intensive entre Erdogan et Daesh :  https://docs.google.com/viewerng/viewer?url=http://www.kurdishinfo.com/wp-content/uploads/ISIS-AND-TURKEY-Evidence.pdf&hl=en_US

L’incapacité à nommer le terrorisme islamique par son nom coûte à la Turquie des centaines de morts et il lui en coûtera des centaines d’autres, tant que les dirigeants du pays – et tant d’autres, particulièrement, les protecteurs d’Erdogan en Occident – sont trop timorés ou trop impliqués pour oser appeler la terreur islamique par son nom. Sans un diagnostic réaliste, les chances de traitement réussi sont toujours proches de zéro et les dirigeants de la Turquie demeurent obstinément du mauvais côté du bon diagnostic.

La théorie du Président Recep Tayyip Erdogan affirmant « qu’il n’y a pas de terrorisme islamiste, » conjuguée à son argumentaire favori disant que les radicaux islamistes frappent l’Europe à cause de l’Islamophobie régnant dans le monde occidental, ne sont pas seulement trop déconnectées de la réalité, mais elles sont maintenant devenues une véritable malédiction pour son propre pays. 

Depuis au moins 2014, on voit circuler des véhicules dans les rues d’Istanbul en érigeant le drapeau noir de Daesh. Cette année-là, des Islamistes ont ouvert des boutiques vendant des T-shirts affublés du même drapeau. Les magazines relatant les faits d’armes de Daesh sont sortis avec un contenu bourré de haine débridée, même si, déjà en mars 2014, Desh a fait couler son premier sang en Turquie, quand un commando de Daesh a tendu une embuscade à un barrage de police et tué un agent de police, un soldat et un civil.

Lors de sa première attaque-suicide, le 5 juin 2015, Daesh a pris pour cible un rassemblement pro-Kurde à Diyarbakir, tué 4 personnes et blessé 279 autres. Il a à onuveau pris pour cible un rassemblement pro-kurde en juillet 2015, à Suruc, une petite ville bordant la Syrie, tuant cette fois, plus de 30 personnes et en blessant plus de 100.

Quand, en octobre 2015, les islamistes ont attaqué la principale gare ferroviaire à Ankara et tué plus de 100 civils dans le pire attentat terroriste de toute l’histoire de la Turquie, les responsables turcs se sont trouvés une fois encore trop timorésou trop complices pour accuser les islamistes radicaux de ce qui s’était passé. Au lieu de quoi, ils ont inventé un concept peu convaincant, le « cocktail terroriste« , faisant porter l’accusation sur un mélange de différents groupes terroristes.

Dans une durée d’à peine un an, à partir de l’attentat-suicide à la bombe de Suruc, en juillet 2015, les attentats terroristes de Daesh sur le sol de Turquie ont tué 265 personnes et blessé 1256 autres. 

Lors de son dernier attentat en Turquie, le 21 août, Daesh a fait quelque chose qu’il n’avait encore jamais fait : il a utilisé un enfant-suicide en le transformant en bombe humaine, entouré d’une ceinture d’explosifs, déclenchée à distance par un dispositif de contrôle. La cible était une cérémonie de mariage dans le Sud de la ville de Gazientep ; la plupart des victimes étaient aussi des enfants, comme le terroriste-suicide lui-même.  Plus de 50 victimes ont été tuées, dont 26 avaient moins de 18 ans. Deux des victimes venaient à peine d’atteindre 4 ans.

Le 21 août, des terroristes de Daesh ont utilisé un enfant-suicide comme que bombe humaine pour tuer plus de 50 personnes, essentiellement des enfants, lors d’un mariage à Gaziantep. (Image source: ABC News copie d’écran vidéo)

C’est du meurtre prémédité, officiellement toléré. Vous en voulez des preuves? Entre le 14 août 2014 et le 29 juin 2016, deux partis d’opposition, le Parti des Sociaux-Démocrates Républicains du Peuple (CHP) et le Parti Démocratique Du Peuple Kurde (HDP) ont fait appel cinq fois à une enquête Parlementaire contre les activités de Daesh en Turquie. La totalité de ces cinq requêtes a été rejetée à cause du vote du Parti dirigeant Justice et Développement, la puissante machine politique d’Erdogan. Pourquoi un parti dirigeant rejette ti-l le vote d’une demande d’enquête contre un groupe terroriste barbare qui a tué des centianes de gens dans son propre pays? Mais il y a bien pire.

En juillet, à peine plus d’un mois avant que l’enfant-suicide de Daesh ne s’explose avec plus de 54 autres personnes à Gaziantep, un tribunal de cette même ville a réduit la condamnation à la prison d’un djihadiste de Daesh pour « bonne conduite ». Bonne conduite? L’homme n’est même pas passé devant le tribunal, puisque la police n’a pas été capable de l’appréhender!

Fin juin, le principal parti d’opposition, le CHP a constitué une enquête parlementaire concernant les activités d’une entreprise de défense basée à Istanbul, accusée d’entretenir des relations étroites avec Daesh. L’opposition affirme que le SADAT, Cabinet de Consultants Internationaux sur les Questions de Défense, fondée au début des années 2000 par des soldats chassés de l’armée à cause de leurs activités islamistes, offre « un entraînement aux techniques de guerre non-conventionnelles », dans divers domaines de compétence, y compris en matière de « renseignements, guerre psychologique, sabotage, organisation de raids, embuscades et assassinats« . 

Cette enquête déclare : « … que des officiers en service commandé et d’autres non-mandatés ont commencé à travailler dans cette entreprise en empochant de hauts salaires et que les camps, un entraînement spécifique aux méthodes non-conventionnelles de guerre a été offert à Daesh et à ses dérivées ».

Le propriétaire et dirigeant officiel de SADAT est le Général de Brigade en retraite Adnan Tanriverdi, plus largement réputé pour ses relations étroites avec Erdogan et avec son appareil, l’AKP.

Pendant que l’opposition à réalisé cette enquête parlementaire, elle n’a rien entendu en provenance des bancs du gouvernement à propos d’une requête d’investigation approfondie sur SADAT. Mais après l’enquête, le gouvernement a bien voulu faire un geste : en août, Erdogan a promu Tanriverdi au poste de conseiller en chef du Président. 

La guerre turque contre les djihadistes radicaux est d’un genre bien trop « timoré » et réticent – pour ne pas dire que c’est une imposture complète, [au nez et à la barbe qui, ne disant mot consentent].

Burak Bekdil, basé à Ankara, est un éditorialiste turc au journal Hürriyet Daily et chercheur au Middle East Forum.

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