Les Députés s’en prennent à Tsahal du fait de son ignorance de la démographie palestinienne dans les territoires.
Alors que les annexionnistes jettent leur dévolu sur la zone C de la Judée-Samarie, les experts proposent une série d’estimations sur la taille exacte de sa population.
L’armée israélienne ne sait pas combien de Palestiniens vivent dans les différentes zones de Judée-Samarie/Cisjordanie, a déclaré un responsable militaire, mardi, même si une telle information est vitale si on veut y administrer la vie des résidents,de même que c’est pertinent pour toute solution proposée au conflit palestino-israélien.
Le Bureau Palestinien des Statistiques a la responsabilité de fournir à Israël des données démographiques sur la Judée-Samarie/Cisjordanie depuis les accords d’Oslo de 1993.
Le Lieutenant-Colonel Eyal Ze’evi, directeur de l’Administration Civile dans Tsahal, et responsable des affaires civiles des Palestiniens, a déclaré à une sous-commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, qu’il y a 2, 93 millions d’habitants en Judée-Samarie/Cisjordanie, qui détiennent une carte d’identité palestinienne, sans compter les Est-yérosolimitains (arabes) estimés à 300.000- 385.000 habitants.
Les experts présents à la discussion, cependant, ont contesté les statistiques de Tsahal, qui sont fondées sur celles de l’Autorité Palestinienne, dont on connaît les penchants à l’exagération.
L’expert en Démographie, le Professeur Sergio Della Pergola a affirmé que ses recherches démontrent que 2, 4 millions de Palestiniens vivent en Judée-Samarie/Cisjordanie, à la fin 2015. L’ancien diplomate Yoram Ettinger, qui a, par le passé, accusé l’AP de sur-gonfler immensément les chiffres de sa population, dans l’unique but de recevoir des aides financières plus conséquentes, situe le nombre de Palestiniens à 1, 75 millions présents en Judée-Samarie à la fin 2015.
Pourtant, alors que d’énormes divergences subsistent clairement concernant le nombre d’Arabes vivant à travers toute la Judée-Samarie/Cisjordanie, le point crucial pour ce débat à la Knesset concernait le nombre inconnu de Palestiniens vivant exactement dans la Zone C, où Israël dispose d’un contrôle civil et militaire complet et où vit la plupart des résidents des implantations, poussant certains hommes politiques de droite à espérer qu’Israël puisse bientôt annexer cette zone [contestée notamment par la labellisation européenne des produits qui y sont fabriqués en zone industrielle mixte sous juridiction israélienne].
Le débat de mardi à la Knesset a été convoqué par le présdient de cette sous-commission, le Député Moti Yogev, un membre du parti sioniste-religieux « Foyer Juif » (Habayit Hayehudi), qui déclare depuis longtemps son objectif d’annexer la zone C. Il est aussi membre de la faction Tekumah, ausein de Foyer Juif, qui est considérée comme la droite « dure », par rapport au reste du parti.
Moti Yogev (à gauche) et le dirigeant de son parti « Foyer Juif », Naftali Bennett (Photo by FLASH90)
Yoguev a ouvert la réunion en disant que la discussion devrait se focaliser sur les statistiques de la zone C. Il a raconté que lorsqu’il était officier de haut-rang dans Tsahal, en Judée-Samarie, il réussissait à obtenir le nombre exact par tête de chaque Palestinien dans sa juridiction, qui comprenait les villes de Tulkarem et Qalqiliya. Il a argumenté en disant qu’Israël a besoin de savoir le nombre complet de résidents dont l’Etat est responsable dans le but de prendre des « décisions d’avenir » concernant l’éducation, la planification et les infrastructures.
Après que Ze’evi, responsable de l’administration civile dans Tsahal, ait dit à la Commission que l’armée ne dispose pas de statistiques spécifiques sur la Zone C, parce que les statistiques de la population de l’AP concernent la totalité de la Judée-Samarie et ne fractionnent pas les zones de population selon des secteurs « légaux », Yoguev a demandé à ce que Ze’evi ramène ces statisiques au Comité sous deux mois. =
Le Député Hilik Bar, de l’Union Sioniste a aussi fustigé l’administration civile, en disant : « Israël sait combien de tanks a l’armée syrienne et combien de missiles a le Hezbollah entre les mains, mais on ne sait pas comment compter combien de Palestiniens vivent sous son administration en Judée et Samarie? ».
Ze’evi a protesté en disant que le sujet est trop sensible et complexe pour pouvoir le traiter en moins de deux semaines.
Bien que l’armée ne sache pas combien de Palestiniens vivent dans la zone C, cela n’a pas empêché des membres importants du parti Foyer Juif de faire des déclarations publiques fondées sur des estimations qu i ne sont corroborées par rien, concernant la démographie en Judée-Samarie.
Le Ministre de l’Agriculture, Uri Ariel, un personnage important au sein du parti Foyer Juif, qui, comme Yoguev est membre de la faction Tekumah, plus radicale, a déclaré mardi que « Le Peuple Juif doit aspirer à l’annexion de la zone C », en expulsant les Palestiniens qui y vivent.
« Nous devrions en faire partir quelques milliers, ce qui ne constitue pas un facteur numérique significatif », a t-il déclaré à Times of Israël.
Le Ministre de l’Agriculture Uri Ariel assiste à une réunion de la commission de la Knesset le 3 Février 2016 (Issac Harari/Flash90)
L’initiative de stabilité de Naftali Bennett, dirigeant de Foyer Juif, ne reconnaît la présence que de 48.000 Palestiniens dans la zone C (comparés à 350.000 résidents juifs des implantations), minorant ainsi la « menace démographique » envers la majorité juive d’Israël, si cette zone – comprenant 61% du territoire de la Judée-Samarie – devait être annexée.
Le « Profil de vulnérabilité de la Zone C« , publié en 2014 par le Bureau de l’ONU pour la Coordination des Affaires Humanitaires des Territoires Plaestiniens « occupés » (disputés), ou OCHA, estimait que 297.000 Palestiniens vivent dans 532 zones de résidence dans la zone C. Ce chiffre, cela dit, est très vivement contesté,même par certains éléments de la gauche israélienne (!).
Shaul Arieli, colonel à la retraite, qui a fait la carte des limites des Zones A, B et C en 1995, en tant que chef de l’Administration pour l’Accord intérimaire de Tsahal en Judée-Samarie, avait déclaré en 2014, qu’en réalité il y a avait un nombre de Palestiniens plus proche de 75.000 dans la région en question. Il avait alors critiqué le rapport de l’ONU pour avoir amalgamé les chiffres de l’intérieur des villes qui chevauchent la Zone C, mais sont plus précisément situées essentiellement en Zone B.
Alon Cohen Lipshitz, qui a corédigé un rapport démographique en 2007 sur la Zone C, pour le groupement des Droits de l’Homme Bimkom, qui se spécialise dans le champ de la planification, avait aussi critiqué ce rapport de l’ONU.
Alors que les statistiques de Lipshitz intègrent les résident de la Zone C qui vivent dans les villes qui font aussi partie de la Zone B, il dit que l’équipe de l’OCHA (ONU) se sont trompés et n’ont pas su estimer raisonnablement combien de Palestiniens vivent à l’intérieur de la zone C, comme faisant partie de ces zones de localisation duales.
Lipshitz a déclaré que le nombre actuel était probablement plus proche de 200.000 Palestiniens dans la zone C. Il dit fonder ses chiffres sur la croissance naturelle estimée, parmi les 150.000 Palestiniens de son estimation dans son rapport de 2007.
8 juin 2016, 3:19
Elhanan Miller a contribué à ce reportage.
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Des députés critiquent l’ignorance de l’armée israélienne sur la démographie palestinienne
Alors que les partisans de l’annexion ont des vues sur la zone C, les experts proposent une fourchette d’estimation quant à la taille de sa population
Je rappelle à ce député qu’il appartient à lui et à ces collègues de déposer à Knesett un projet de loi, autorisant et chargeant Tsahal de certaines missions qui généralemùent incombe à l’Etat à charge par l’Etat de transmettre les renseignements recueillis aux organismes qui auraient besoin de ces informations.
Je relève que l’israélien actuel manque de vigilance et s’imagine être invincible. Ces négligences coûtent chères sur le plan humain, car elles permettent l’infiltrations d’éléments terroristes et les attentats sanglants, spectaculaires et meurtriers.
Trop de vie sont ainsi sacrifiés pour rien, les services de la protection civil devraient de temps à autre rappeler à tous et à chacun, le devoir de vigilance envers tout élément insolite, bizarre ou inconnu ! Cela s’adresse également à tous les MÉDIAS !