Il est toujours intéressant de voir comment des gens qui se doivent d’être polis, vernis, impeccables sous tout rapport arrivent quand même à exprimer la haine qui les habite tout en respectant les formes.

Ainsi, lors des évènements en Cisjordanie, des « jeunes » ont mis le feu au tombeau de Joseph, lieu vénéré des Juifs. Leur haine a donc débordé la croyance coranique qui veut que Joseph était, tout comme Moïse, David, Jacob, etc., un musulman. Croyance un peu surajoutée puisque, justement, elle est balayée dans ce genre d’occasion.

Monsieur Laurens, historien, professeur au Collège de France, interrogé sur l’événement[1], déclare : « si c’est un tombeau, ce n’est sûrement pas celui de Joseph puisqu’il n’a jamais existé ». « Le fils de Jacob vendu par ses frères est un mythe, ne l’oublions pas ».

Il prend donc le mythe au sens le plus vulgaire du terme : quelque chose qui n’existe pas. Pour nous, un mythe est un fantasme collectivement célébré et transmis parce qu’il condense des réalités vécues ; mais le professeur ajoute : « Si lieu saint biblique il y a en Palestine, en général, ce ne sont ni les juifs ni les chrétiens qui les ont désignés comme tels, mais les musulmans ».

Ainsi, le lieu du Temple juif de Jérusalem, ce sont les musulmans qui l’ont désigné. C’est contraire à l’histoire qui veut que le conquérant Omar arrivé à Jérusalem au VIIe siècle dans un des tout premiers djihads, s’est fait indiquer par un Juif le lieu exact où se trouvait le temple hébreu ; et c’est là qu’il a choisi de construire le fameux Dôme d’Omar, pour recouvrir le lieu juif. Tout comme le Coran veut recouvrir la Bible, dont il démarque de longs passages, en en donnant la vraie version. (Rappelons au passage que sur le même site, la mosquée d’Al Aqsa, (« la lointaine ») fut bâtie, dans la foulée de la conquête musulmane parce que Mohamed, en Arabie, a eu la  vision  de la place (« lointaine ») du temple juif antique. Les guerriers musulmans l’ont bâtie pour authentifier sa vision, après coup.

Un antijuif radical, c’est quelqu’un qui non seulement veut effacer les Juifs mais voudrait qu’ils n’aient pas été. Il aimerait un effacement rétroactif. C’est aussi sur ce problème que bute le Coran avec la Bible, et il résout la difficulté par un jet continu de malédictions contre les juifs et les chrétiens. Parce que lui aussi veut résoudre le problème impossible : comment faire en sorte que le Coran ait précédé la Bible alors qu’il s’en inspire et qu’il la « corrige » ?

On aimerait savoir ce que pense le même professeur du tombeau des Patriarches. Il y a peu de chance en effet qu’on y trouve leurs dépouilles, mais c’est un lieu qui symbolise leur ancrage dans cette terre, leur sépulture. Il est vrai que pour le Coran, Abraham, Isaac et Jacob sont des musulmans, mais ces personnages sont mentionnés dans la Bible plus d’un millénaire avant, en tant qu’hébreux.

Qu’il les islamise après coup, pourquoi pas ? Qu’ils aient été un mythe, c’est possible, mais c’est parce qu’ils ont existé pour les Juifs, comme mythe ou comme réalité, qu’ils prennent une valeur pour les musulmans. De même, c’est parce que Jérusalem est une ville sainte pour la Bible que l’âme de Mahomet a fait le détour par là en montant au ciel, plutôt que de passer par Athènes ou par Rome.

P.S : H. Laurens qui écrit des livres d’histoire sur le Proche-Orient ne mentionne aucun auteur juif dans ses bibliographies ; le vœu d’effacement peut donc l’emporter sur la rigueur « scientifique ».

[1] Voir Lepoint.fr

Daniel Sibony.

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5 Commentaires
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Rudi

Pour comprendre Henry Laurens, je ne peux que conseiller la lecture de cet article paru dans PARDÈS N° 55.

Comment Henry Laurens du Collège de France dédouane Amin al-Husseini, le mufti collaborateur de la Shoah

Le lien est dans mon profil ou ici
https://independent.academia.edu/RudiRoth1

o.icaros

Laurens est une andouille, du latin inductilia (« choses prêtes à être introduites ») . D’après Zemmour, Laurens aurait écrit un article intéressant (Le Point, numéro consacré aux Arabes), comparant le whaabisme au … protestantisme!!! Ce serait en s’inspirant des protestants que les auteurs du whaabisme ont réformé, ou tenter de réformer l’islam. J’aimerais connaître les sources écrites de cette hypothèse présentée comme une volonté réformatrice.
Je suis persuadé que les Arabes, qui ont fondé ce mouvement, n’avaient jamais entendu parler de la Réforme. C’est une affirmation purement gratuite, une comparaison analogique avec l’histoire chrétienne, une mythification sortie de l’imagination d’un historien à la recherche de formules chocs pour rapprocher l’islam du christianisme. Cet argument ne vaut rien.

o.icaros

Laurens est une andouille. Il ne pense plus en occidental mais en oriental, formaté par Edward Saïd qui, à travers lui, travaille nos consciences et modifie nos référents culturels. Etre humaniste, dit-il, signifie rejeter le rapport de force, reconnaître l’autre et accepter qu’il vous change…
Une chose est certaine, c’est que l’autre l’a changé, lui, mais lui a-t-il changé l’autre? Quand il affirme qu’être humaniste c’est rejeter le rapport de force, c’est du style, du blabla généreux mais qui ne repose sur aucune loi biologique ou cosmique. On peut être humaniste et accepter le rapport de force. En 44, fallait-il renoncer de se battre sous prétexte qu’un humaniste refuse le rapport de force?
C’est également lui qui affirme que si on a accepté la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie dans l’union européenne, il faut donc accepter la Turquie (et toute la rive sud de la Méditerrané) parce que ces pays étaient des possessions turques!!!!!!! Avec des historiens de ce niveau, qui broutent dans la main des turcs, c’est la crétinisation assurée.

Andre

Je ne sais pas s’il est « anti-juif » (ça me paraît excessif) mais il est certain que dans cette histoire il a choisi son camp et depuis longtemps en utilisant les termes occidentalo-arabes de « territoires occupés », ainsi la Judée et la Samarie ont perdu leur appellation ancestrale pour celle de « territoire » (un peu comme si demain la Bretagne cessait d’être nommée ainsi pour être appelée « territoire »…), de « frontières de 1967 » alors qu’il ne s’agit que d’une ligne de cessez-le-feu de 1949 et donc arrêtée au hasard là où se trouvait des troupes et jamais reconnues comme telles ni par les israéliens ni par les arabes, le fameux « retour des réfugiés », réfugiés de pères en fils incluant même les concubins… etc. etc. etc.

Bref un « orientaliste » ami des arabes dans la bonne tradition française…

raf1

Beaucoup de professeurs persistent à croire des stèles gravées mais pas la Bible, oubliant que les rois qui ont gravé leurs stèles se vantaient de leur règne « prospère » et n’on jamais reconnu une erreur ou une défaite, par contre, la Bible ayant été composée tardivement et suite à une tradition orale très pratiquée dans l’antiquité et assez fiable n’est considérée que d’un ensemble de mythes non scientifiques. Les faits et les lieux qui ont gardé les noms bibliques ne parviennent pas à les convaincre de la réalité du passé, sans parler d’une volonté d’accommoder l’histoire à leurs préjugés et à leurs tendances politiques.
Raf1