Jérusalem: heurts dans le secteur de la mosquée al-Aqsa
John Kerry aurait torpillé une rencontre entre Abbas et Netanyahou
Awad Awad (AFP/Archives)« Des policiers israéliens sur l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem (Mont du Temple pour les Juifs) »Des heurts ont éclaté dimanche entre des Palestiniens et les forces de l’ordre israéliennes sur l’esplanade des Mosquées (Mont du Temple pour les Juifs) à Jérusalem, a annoncé la police israélienne, au dernier jour des congés de la fête musulmane de l’Aïd al-Adha.
La police a indiqué dans un communiqué que des jeunes Palestiniens avaient « lancé des pierres sur la police », qui a utilisé des moyens anti-émeute pour les disperser.
La police israélienne avait été mise en état d’alerte en raison des prières du dernier jour de l’Aïd al-Adha, la fête du Sacrifice, redoutant que des extrémistes musulmans ne se barricadent dans la mosquée al Aqsa dans le but de provoquer des émeutes.
Le site a été le théâtre ces dernières semaines de nombreuses violences qui se sont propagées dans la capitale israélienne, obligeant les autorités à prendre des mesures pour mettre fin aux troubles.
Le ministre israélien de la Défense a donné pour instruction aux forces de l’ordre de laisser dimanche le libre accès à tous les fidèles musulmans sans restriction d’âge à l’occasion de l’Aîd al-Adha et d’en interdire l’entrée aux visiteurs juifs dans le but d’éviter tout provocation.
Rencontre Abbas – Netanyahou torpillée par Kerry
Le secrétaire d’Etat américain aurait récemment empêché la tenue d’une rencontre entre Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas, selon des sources concordantes israélienne et palestinienne, rapporte dimanche le journal Haaretz.
Le porte-parole du département d’Etat John Kirby a réagi à cette information afirmant que les « détails ne sont pas exacts ».
Le président de l’Autorité palestinienne a rencontré lundi dernier à Paris quatre ambassadeurs israéliens auxquels il a fait part de sa volonté au cours des dernières semaines de rencontrer Netanyahou, mais une « tierce partie qui n’est pas israélienne », a bloqué la rencontre.
De hauts responsables israéliens et palestiniens affirment qu’Abbas faisait allusion à un incident qui se serait déroulé durant le mois de septembre.
Le Premier ministre israélien a exprimé récemment à Abbas, par l’intermédiaire de canaux discrets ou publics, sa volonté de discuter en vue de la reprise du processus de paix alors que les pressions de la communauté internationale se font de plus en plus fortes, qu’une vague de violences frappe la Cisjordanie et Jérusalem et qu’Abbas menace d’annoncer lors de son discours cette semaine à l’Assemblée générale des Nations Unies la suspension des Accords d’Oslo.
C’est dans ces circonstances qu’un intermédiaire, qui n’est pas américain, a tenté d’organiser une rencontre entre les deux dirigeants, rapporte le Haaretz. Abbas aurait accepté tout en précisant qu’il voulait au préalable consulter John Kerry.
Ce dernier aurait dissuadé le raïs palestinien, lui demandant d’attendre quelques semaines jusqu’à leur rencontre à New York à l’occasion d ela 70ème Assemblée générale des Nations Unies.
L’Américain et le Palestinien se sont rencontrés samedi soir.
Selon Haaretz, les raisons pour lesquelles Kerry aurait torpillé la rencontre Abbas – Netanyahou ne sont pas claires. Il est possible que Kerry, qui a été le principal acteur des tentatives ces dernières années de reprise du processus de paix, n’ait pas souhaité que le dialogue ne reprenne sans implication des Etats-Unis et de sa médiation personnelle.
Pour les Israéliens, il est possible que Kerry était préoccupé, au moment de la requête d’Abbas, par l’éventualité d’un rejet par le Congrès de l’accord nucléaire iranien et n’aurait par conséquent pas pu consacrer le temps nécessaire au dossier israélo-palestinien.
A Washington, les responsables américains émettent des doutes quant à la version palestinienne, accusant à demi-mots Abbas de transférer sur les Etats-Unis la responsabilité de l’affaire pour masquer sa réticence à rencontrer Netanyahou. Les diplomates américains affirment au contraire que maintenant que le dossier nucléaire iranien est derrière eux, Kerry veut porter ses efforts pour trouver une percée dans la reprise des pourparlers entre Palestiniens et Israéliens.
« Le secrétaire d’Etat souhaite s’impliquer à nouveau dans ce dossier. Il consulte de nombreux experts et des parties prenantes pour mieux comprendre les options faisant partie du réexamen en cours de notre politique », a déclaré un haut responsable au département d’Etat.
John Kerry a récemment rencontré le chef de l’opposition israélienne Yitzhak Herzog à Londres avec lequel il aurait, selon certaines sources, discuté l’hypothèse d’un gouvernement d’union nationale. Mais Herzog avait confié au Haaretz qu’il n’était pas dans ses intentions de rejoindre un gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou.
Cependant même si Kerry n’a pas admis publiquement avoir abordé des questions de politique intérieure israélienne, l’établissement d’un gouvernement d’union nationale pourrait permettre à Kerry de relancer l’initiative de paix qu’il souhaite.
« Si un gouvernement d’union nationale est formé en Israël, Kerry pourra aller chez Obama et le persuader que malgré les échecs passés, il y a de de bonnes raisons pour le président de s’investir au cours de la dernière année de son mandat dans les efforts pour promouvoir le processus de paix entre Israël et les Palestiniens », a conclu le haut responsable américain.
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