Dans son instauration de normes disparates pour différentes nations, le Secrétaire Général Ban Ki-Moon sape les valeurs les plus fondamentales des Nations-Unies. Pourtant, il échappe souvent de façon injustifiable au poids de la critique, en ce qui concerne les distorsions qui se donnent libre cours au plus haut niveau de son organisation intergouvernementale et dans plusieurs de ses agences.
La déclaration universelle des Droits de l’Homme est la clé de voute principale de la politique des Nations Unies. Son objectif était de définir les valeurs universelles les plus fondamentales. Cette déclaration était une réponse à la Shoah, destinée à éviter tout relativisme moral, cette conception qui fait que les valeurs déterminantes pourraient diverger en les fondant sur la culture ou l’histoire. Un tel relativisme moral a permis la classification de l’approche meurtrière des Nazis comme un phénomène excusable, du fait de la culture allemande extrémiste et des attitudes antisémites prévalant dans l’Europe de l’époque[1].
En tant que Secrétaire Général des Nations Unies, Ban devrait être le premier gardien des valeurs universelles. Il devrait ainsi avoir sévèrement réprimandé des organismes comme le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU et l’UNESCO, qui font fréquemment usage de relativisme moral à l’encontre d’Israël[2]. Les deux rapports sur Gaza préparés pour l’UNHRC, le rapport Goldstone et le rapport d’enquête sur l’Opération Bordure Protectrice de 2014 sont probablement les pires illustrations du relativisme moral de l’ONU[3].
Pourtant, Ban se garde bien d’admonester les organismes de l’ONU qui usent et abusent de relativisme moral. Il préfère, selon toute évidence, appliquer lui-même cette approche discriminatoire, en établissant des critères différenciés envers Israël, si on compare l’Etat hébreu à d’autres pays. L’échec fréquent et répété du Secrétaire Général dans le traitement équitable d’Israël s’est diversement illustré, s’attirant différentes critiques. Si on conjugue certaines déclarations, on obtient un tableau de ce qui ne va pas dans son comportement.
En 2013, Ban a hypocritement déclaré qu’il ne pouvait pas croire que les Nations Unies puissent exprimer un préjugé défavorable à l’encontre d’Israël. Selon ses termes : “Le gouvernement israélien a peut-être soulevé cette question disant qu’il y aurait un jugement faussé envers Israël, mais Israël est l’un des 193 états-membres. Ainsi Israël devrait disposer d’occasions et de droits égaux, sans rencontrer aucun préjugé ni aucune discrimination. C’est un principe fondamental inscrit dans la charte des Nations Unies. Et de fait, Israël devrait se voir pleinement offrir ces mêmes droits[4]”.

Pourtant, de nombreux Etats-membres ne permettent pas à Israël d’exercer pleinement ces droits et l’Etat Juif est continuellement diabolisé aux Nations Unies. Ban fait, d’ailleurs, lui-même exactement la même chose. En août 2014, au plus fort de la campagne Bordure Protectrice, Ban a convoqué une réunion d’urgence de l’Assemblée Générale, au sujet des violations potentielles des lois humanitaires internationales par les dirigeants israéliens, accusant Israël de disproportionnalité.
L’actuel ambassadeur d’Israël à l’ONU, Ron Prosor n’a aucun scrupule à démontrer le relativisme moral de Ban et il le fait très fréquemment. Lors de cette session, il a affirmé : “Si l’assemblée de l’ONU avait investi un dixième de son énergie dépensée à enquêter sur Israël, elle aurait révélé les crimes de guerre horrifiants commis par le Hamas[5]”
On trouve des réponses supplémentaires aux déclarations de Ban devant l’Assemblée Générale, dont celles de l’ancien ambassadeur israélien au Canada, Alan Baker et de Nachi Eyal, directeur de la Division Action Internationale et PDG du Forum Juridique pour Israël. Ils ont écrit avoir été consternés que Ban et les Etats-membres de l’ONU puissent accuser Israël de crimes de guerre, alors qu’ils ont gardé le silence sur le fait que les installations de l’UNRWA servent de dépôts d’armes pour les roquettes du Hamas. Ils ajoutaient : “En permettant le stockage d’armements et en transférant ces armes entre les mains du Hamas, l’ONU s’est en fait autorisé à devenir un accessoire dans le processus destiné à commettre des crimes de guerre[6]”.
Ban a publié un communiqué à l’occasion des élections démocratiques de mars 2015 en Israël,où il declare qu’Israël ne pourrait “rester un Etat démocratique” que s’il arête les constructions dans les implantations. Prosor lui a répliqué : “Les Nations-Unies peuvent être en désaccord avec la politique du gouvernement israélien,mais il existe un fait incontestable : qu’Israël est la seule démocratie au Moyen-Orient. Si l’ONU est aussi inquiète pour l’avenir du people palestinien, alors elle doit se demander pourquoi le Président de l’AP, Mahmoud Abbas entame la dixième année d’un mandat présidentiel d’une durée de cinq ans[7]”.
Tsipi Hotovely
Ban a critiqué Israël pour avoir provoqué des souffrances aux enfants au cours de l’opération Bordure Protectrice, après la diffusion d’un rapport sur les enfants dans les conflits armés, en juin 2015, réalisé à la demande de Ban. Il a été prepare par Leïla Zerrougui, d’Algérie. La Vice-Ministre israélienne des affaires étrangères, Tsipi Hotovely a répliqué : “A une époque où une guerre incessante fait rage au Moyen-Orient et où les enfants sont massacres quotidiennement, l’ONU décide de désigner Israël dans un même soufflé, en même temps que des Etats qui, depuis si longtemps, n’appliquent aucun des droits de l’homme fondamentaux”. Elle a aussi souligné les efforts réalisés par Israël pour prévenir les civils à Gaza d’attaques potentielles, “alors que le Hamas utilise cyniquement les enfants et les équipements civils et qu’il provoque intentionnellement des dommages à la vie de la population. L’Etat d’Israël continuera à mener sa campagne afin de révéler la vérité et ne se laissera pas confisquer son droit à l’autodéfense[8]”.
Ban a ajouté : “L’ampleur inacceptable et sans précédent de l’impact sur les enfants, en 2014, soulève de graves inquiétudes concernant le respect des lois humanitaires internationales et son usage excessif de la force, de la part d’Israël”. Prosor a répliqué que la requête israélienne de fournir des informations détaillées au rapport de l’ONU lui a été refusée. L’auteur du rapport a plutôt uniquement choisi d’utiliser les sources fournies par des groupes radicalement anti-israéliens. Prosor a mentionné que 10% du rapport était consacré à “l’agression” d’Israël contre les enfants, là où 2% concernaient l’Irak et 6% débattait de la situation en Syrie[9].
Le Premier Ministre Netanyahu a aussi répondu aux déclarations unilatérales de Ban, en disant que l’hypocrisie de l’ONU était “sans limite” : “Au lieu de faire toute la lumière sur le fait que le Hamas prend les enfants de Gaza en otage, lorsqu’il tire sur Israël depuis des écoles maternelles et qu’il creuse des tunnels en direction des écoles maternelles israéliennes, l’ONU, une fois encore, a choisi délibérément de n’adresser ses reproches qu’à Israël[10]”.
Alan Dershowitz l’explique succinctement : “Ban Ki-Moon fait partie du problème plutôit que de la solution au Moyen-Orient[11]”. En effet, le Secrétaire Général est supposé éteindre les flammes de l’incendie qui dévore les valeurs universelles de l’ONU. Pourtant, les citations ci-dessus concernant Israël prouvent que Ban est, en réalité, un pyromane qui nourrit les flames du relativisme moral.
Manfred Gerstenfeld et Jamie Berk
Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.Jamie Berk est chercheur travaillant à l’obtention d’un Master en Sciences Politiques à l’Université Hébraïque de Jérusalem.
Adaptation : Marc Brzustowski.
[1] The Universal Declaration of Human Rights,” United Nations.
[2] Manfred Gerstenfeld and Jamie Berk, “The UN Human Rights Council and Moral Relativism,” Israel National News, 31 July 2015. See also. Manfred Gerstenfeld and Jamie Berk, “UNESCO’s Use of Moral Relativism to Foster Anti-Israel Bias.” Israel National News, 18 August 2015.
[3] Forthcoming
[4] Maya Shwayder, “Ban Ki-moon: ‘I don’t think there is discrimination against Israel at UN” The Jerusalem Post, 19 August 2013.
[5] “Ron Prosor Hits Back at UN ‘War Crimes’ Accusation,” Israel National News, 6 August 2014.
[6] Alan Baker and Nachi Eyal, “A letter to UN Secretary-General Ban Ki-moon,” The Jerusalem Post, 24 August 2014.
[7] Hana Levi Julian, “UN’s Ban Ki-moon Advises Israel on ‘How to Stay a Democracy’”, The Jewish Press, 19 March 2015.
[8] Hezki Ezra, “Hotovely: UN’s Ban is Showing His ‘Outrageous’ Anti-Israel Bias,” Israel National News, 18 June 2015.
[9] Ibid.
[10] “Netanyahu: No Limit to UN Hypocrisy on Gaza,” The Times of Israel, 19 June 2015.
[11] Lisa Barron, “Dershowitz: Israel Has to Respond to Rocket Attacks,” Newsmax, 14 March 2014.
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