Le 24 juin 2014, l’État islamique (EI) proclamait l’instauration du califat sur les territoires irakiens et syriens sous son contrôle.  

Voilà donc plus d’un an que les fous d’Allah procèdent à une purification ethnique sur fond de barbarie démesurée et de cruauté infinie.   Déjà presque quinze mois que des terroristes sanguinaires détruisent, ravagent, kidnappent, massacrent, égorgent, violent, brûlent vifs, décapitent et ne laissent sur leur passage que ruines et désolation.

L’esclavage sexuel fait partie du fonds de commerce de l’EI. Ses leaders ont même élaboré une «théologie du viol» dans laquelle cet acte odieux est jugé «spirituellement bénéfique». Néanmoins, les sociétés occidentales restent impassibles. On lit rarement des textes d’indignation. On ne voit aucun collectif d’«intellectuels» signer des pétitions enflammées pour réclamer la libération des femmes qui sont sauvagement violées trente fois par jour. Nous sommes tous des spectateurs indifférents, insouciants. Nous laissons l’inqualifiable se produire, comme si le sort des esclaves sexuelles ne nous concerne pas.

Plus déplorable encore, ce sont les efforts déployés pour saboter, inconsciemment ou volontairement, les initiatives de l’une des rares personnes à refuser l’inaction face aux crimes de l’EI. L’homme d’affaires montréalais, Steve Maman, est cette personne.

Après avoir engagé son propre argent pour libérer des esclaves sexuelles des griffes de l’EI, M. Maman a fondé le 25 juin dernier l’organisme CYCI afin de collecter des fonds nécessaires pour racheter les femmes et les jeunes filles retenues captives. Mais au lieu d’être épaulé par ses concitoyens, il fait maintenant l’objet d’une croisade visant à le discréditer, à délégitimer son organisation et à le faire passer pour un escroc. Notre société reste amorphe devant les atrocités de l’EI, mais vilipende le seul courageux qui tente une action. Avons-nous donc perdu la raison?

On reproche à CYCI d’avoir omis de compléter tous les formulaires exigés par Revenu Canada, d’avoir enfreint certaines résolutions de l’ONU et possiblement, mais non sciemment, des lois fédérales en ce qui concerne le financement d’activités terroristes. Ces critiques sont certainement fondées. Peut-être que CYCI a agi avec précipitation. Après tout, CYCI n’existe que depuis deux mois et opère grâce à une poignée de bénévoles.

Mais ces manquements, aussi réels soient-ils, ne justifient pas le traitement au vitriol dont Steve Maman fait l’objet. Au contraire, ils sont autant de raisons pour lui prodiguer les conseils légaux et le support administratif qui lui font défaut. Pourtant, personne ne bronche. Notamment, les avocats et autres «experts» qui se plaisent à sermonner M. Maman ne lui offrent aucun soutien pour corriger la situation et l’aider à poursuivre sa cause.   Ils préfèrent le salir et miner sa mission, même si d’innocentes jeunes filles Yézidis s’en trouveraient sacrifiées.

Il faut dire que M. Maman dérange. Par son initiative, il donne mauvaise conscience à ceux qui se vautrent dans l’indifférence. Il ébranle la quiétude de ceux qui discourent sans jamais agir. Et il rappelle que la solidarité n’est pas qu’un slogan. Surtout, son action isolée met en lumière notre inaction collective.

Albert Einstein disait : «Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire». Par notre léthargie collective, nous collaborons avec les monstres de L’EI. Torpiller la mission de Steve Maman ne changera rien à cette triste réalité!

Nathalie Elgrably-Lévy – Montréal pour la rédaction d’Israël-flash

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