«Toute ressemblance avec la réalité est fortuite» : la formule convenue fait sourire dès lors qu’elle émane d’Ari Issacharoff, réalisateur et Lior Raz acteur, créateurs des séries Hatufim et Hostage (Homeland). L’un, ancien des Forces spéciales israéliennes et l’autre, ex – garde du corps d’Arnold Schwarznegger, ont encore sévi avec Fauda, la nouvelle série qui cartonne sur la chaîne israélienne Yes : déjà, le titre en arabe donne le ton, jouant de plus sur l’ambivalence sémantique. Monomanes s’abstenir !

Fauda signifie chaos, précisément la situation avant l’Intifada (1987). Mais c’est aussi le nom de code d’une unité secrète opérant dans les territoires disputés. Ces mistaravim, membres du Shabak, appartiennent à une unité d’élite spécialisée dans les opérations d’infiltrations au cœur des territoires palestiniens, en adoptant tous les codes locaux. Ils traquent Taoufik, alias Abu Ahmad, la panthère, responsable de la mort de 116 Israéliens, censé avoir été éliminé.
Epaisseur psychologique
Dialogues en arabe et hébreu, tournage pendant l’opération Bordure protectrice dont à Kafr Qasim et surtout, une épaisseur psychologique inédite des protagonistes palestiniens, des états d’âme côté israélien: si le motif de la série est cette traque plus vraie que nature, la clé du succès est assurément dans son traitement inédit, voire dérangeant, plongeant les clichés au cœur du chaos.
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