Contrairement aux déclarations du négociateur en chef palestinien Saeb Arekat, qui estimait que « les relations israélo-palestiniennes avaient atteint un point de non-retour », il se pourrait bien que dans les jours voire, les semaines à venir, le président de l’Autorité palestinienne donne son accord de principe à un retour « sans-conditions » à la table des négociations.

Ce n’était au départ qu’une rumeur, c’est devenu une conviction pour tous ceux qui ont approché ces derniers temps Mahmoud Abbas. Le président de l’Autorité palestinienne ne peut plus camper sur ses positions jusqu’au-boutiste à l’endroit d’Israël et se prépare à jeter du lest. La communauté internationale qui le presse de reprendre les négociations, les déclarations désormais quasi-quotidiennes de Binyamin Netanyahou sur un retour au dialogue et surtout le « rapprochement » entre Israël et le Hamas sur un cessez-le-feu prolongé à Gaza, ont eu raison des dernières réticences du « Raïs ».

Acte 1 : dissoudre l’actuel gouvernement palestinien de consensus avec le Hamas et le reconstruire avec des « hommes surs », même si pour sauver les apparences, des hommes du Hamas en feront encore partis, ils ne seront plus nommé depuis Gaza mais seront scrupuleusement choisis par la présidence, à Ramallah.

Acte 2 : une fois le nouveau gouvernement formé (ce qui est très élastique dans le temps), Abbas annoncera le retour des Palestiniens à la table des négociations. Mais cette fois, pas question de s’impliquer directement. Le président de l’Autorité enverra au front son Premier ministre Rami Hamdallah, qui dans l’entourage d’Abbas défend la posture la plus souple et estime qu’il faut retourner négocier sans poser de conditions préalables à Israël.

Les conditions du retour aux pourparlers restent cependant en discussion au sein du comité exécutif de l’OLP. Pour l’instant, la position de Hamdallah n’est pas majoritaire. De nombreux membres du Comité estiment qu’il faudrait au moins exiger l’arrêt de la construction juive en Judée Samarie avant de renouer le dialogue avec Israël.

Si rien n’est encore réglé, le seul fait que Mahmoud Abbas puisse envisager de reprendre langue avec Israël est une information en soi. Le président de l’Autorité palestinienne n’étant pas réputé pour son courage et sa témérité, on se demande à Jérusalem si ce dernier n’a pas reçu quelques assurances incitatives de la part de certains leaders internationaux, en échange d’un retour à la table des négociations. Obama qui a toujours un compte en suspens avec Netanyahou ? Hollande qui veut promouvoir son nouveau plan à l’Onu ?

CAN

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