Les élections les plus écœurantes de toute l’histoire américaine s’achèvent cette nuit par l’accouchement d’un ou d’une Président(e)

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Après plus de six-cent jours de campagne et des dépenses qui s’élèvent à plus de six milliards de dollars, Hillary Rodham Clinton et Donald J. Trump n’ont, finalement, plus grand-chose à faire qu’à attendre que les Américains se rendent aux urnes afin de choisir lequel ou laquelle d’entre eux deux sera leur prochain « Commander-in-Chief-« .

Ils offrent au public américain un choix cornélien des plus inhabituels – pas simplement entre un Républicain et une Démocrate, mais entre un homme qui est fondamentalement un Outsider, sans expérience dans aucun gouvernement jusqu’à présent, et une femme dont toute la vie, pour le meilleur et aussi pour le pire, s’est déroulée dans le service public, sous les feux de la rampe.

Trump, qui s’est bâti une carrière dans l’immobilier à New York, est venu pour représenter, aux yeux de ses partisans, une opportunité de réduire les sphères dominantes de Washington en pièces détachées.

Pour ses détracteurs, c’est un démagogue intolérant, qui surfe sur le sexisme et le racisme, qui exploite les divisions du pays à des fins de bénéfices politiques.

Clinton, qui s’est promenée depuis plus de 30 ans sous le regard du public est, pour ses électeurs, une centriste pragmatique : c’est une ancienne Première Dame expérimentée, Sénatrice de New York et ancienne Secrétaire d’Etat, néanmoins marquée par le scandale des failles de son serveur privé d’e-mails. Ses adversaires la considèrent comme une femme politique rouée à tousd les mauvais coups, prête à dire ou à faire n’importe quoi pour s’accrocher au pouvoir par n’importe quel moyen, corrompue par la richesse de sa Fondation et les jeux d’influence qu’elle n’a cessé d’alimenter.

Une rivalité qui, à certains moments, a atteint des niveaux inégalés d’obscénité au vitriol, semble avoir à peine affecté l’image que l’Amérique s’est faire de ces deux personnalités, qui ont débuté leurs campagnes respectives en janvier, comme deux des candidats les plus impopulaires de toute l’histoire américaine, aux élections générales. Depuis, ils le sont demeurés au moment d’affronter le Jour des Elections, alors que leur niveau d’approbation -après tout ce bruit pour rien- reste globalement ce qu’il était au départ.

Clinton, qui deviendrait, si elle était élue, la première femme Présidente des Etats-Unis, après le premier Président Noir [effet de la discrimination positive, mais ensuite?], a mené presque de bout en bout la course dans les sondages nationaux, depuis le début.

Elle termine la campagne avec quatre points d’avance devant Trump, dans trois sondages distincts, publiés lundi 7 novembre par Fox News, CBS News et ABC/Le Washington Post.

Dimanche, elle a finalement commencé à livrer, par un spot, son argumentaire final qu’elle avait tenté d’apporter tout au long de la semaine dernière, mais elle s’en est trouvée empêchée, après l’annonce inattendue du Directeur du FBI, James Comey, le 28 octobre, que le Bureau d’Investigation réexaminait des documents récemment découverts qui pouvaient être en lien avec une enquête précédente de ses pratiques en matière de courrier Internet au Département d’Etat.

Comey a ensuite annoncé dimanche qu’il n’avait finalement rien trouvé de si nouveau et dit qu’il ne poursuivrait pas l’ancienne Secrétaire, [ce qui pourrait suffire à lui assurer finalement le fauteuil tant convoité].

« C’est le cœur même de nos valeurs qui est à l’épreuve, dans ces élections, mais où que j’aille, les gens refusent de se définir par la peur et la division », déclare Clinton dans sa vidéo finale de campagne d’une durée de deux minutes, « Cette nuit, j’en appelle à votre vote et demain, faisons l’histoire ensemble ».

La Maison Blanche a fait tout son possible pour éviter la défaite de Clinton, puisqu’elle dispose de plusieurs accès aux suffrages du collège électoral des 270 grand électeurs requis pour remporter le vote. Les lieutenants de Clinton pensent que les victoires précoces en Caroline du Nord et en Floride, riches en délégués mettront un terme définitif aux chances de Trump.

La dernière vidéo de campagne de Trump, au même moment, avertit les électeurs contre une « structure mondiale du pouvoir », qui a « volé » la classe laborieuse de l’Amérique – et d’un système de réseau contrôlé par les personnages de l’élite, dans les médias, la sphère politique et la finance. Cette vidéo promotionnelle a déclenché la colère de la Ligue contre la Diffamation et de plusieurs autres organisations juives américaines, qui identifient de vieux poncifs antisémites sous la théorie de la conspiration lancée par le milliardaire Trump contre la « finance » [un argumentaire d’abord populiste déjà rôdé avant lui par François Hollande ou Arlette Laguiller. Il brise le lien entre le rêve méritocratique américain du « tout est possible » et la classe moyenne. Cela dit, l’ADL emploie une théorie du soupçon qui n’a pas grand-chose à envier à celle de la conspiration employée par Trump. Le peuple américain reste globalement proche des valeurs portées au Moyen-Orient par Israël. Trump tente plutôt d’utiliser les vieilles ficelles de la flaterrie populiste, y compris pour atteindre certaines fins globalement « philosémites »… ].

Les deux candidats ont expédié leurs principaux suppléants à travers les Etats en ballottage de tout le pays pour arracher les derniers votes pouvant faire la différence.

Les membres de la famille de Trump ont été ses supplétifs essentiels tout au long de la campagne, alors que Clinton a pu compter sur le renfort d’un Président en exercice, Barack Obama, sa première Dame Michelle Obama, le Vice-Président Joe Biden et plusieurs célébrités comme Beyoncé, Stevie Wonder, etc, pour l’aider à élever la visibilité de sa campagne.

Et alors que les bureaux électoraux ouvrent ce jour-même à travers tout le pays, 36 millions d’Américains ont déjà accompli leur devoir dans 38 Etats – y compris sur des champs de bataille cruciaux, comme le Nevada, la Caroline du Nord, la Floride et la Géorgie, qui tous, ont vu les électeurs latinos, vraisemblablement en majorité contre Trump, voter très tôt à des niveaux record.

Pendant ce temps, les responsables américains du maintien de l’ordre ont déployé du personnel du Département de la Justice Civile – la division des droits dans les lieux de vote de 28 Etats, afin de surveiller la bonne tenue des élections de ce Mardi – cinq fois plus qu’il n’y en a eu en 2012, a déclaré le département lundi.

La plupart de ces Etats recevront des équipes du Département de la Justice qui n’ont aucune autorité statutaire pour accéder à ces bureaux de vote, à la suite de la décision de la Cour Suprême qui a invalidé l’Acte du Droit de Vote, freinant ainsi la capacité du Département à déployer des observateurs électoraux sans la moindre entrave à l’égard du scrutin.

Sur son sentier de campagne, Trump a alerté ses électeurs que ces élections pourraient être truquées et il a appelé ses partisans à ouvrir l’oeil sur les activités durant le vote, à cause de possibles signes de fraude dans les grandes villes. De très nombreuses études ont démontré que les cas de fraude électorale sont extrêmement rares aux Etats-Unis.

« Comme toujours, notre personnel accomplira son devoir de façon impartiale, avec un seul objectif en tête : constater que tout électeur éligible puisse participer à nos élections dans toute l’étendue des possibilités que garantit la loi fédérale », a déclaré la Procureur Générale Loretta Lynch.

Les responsables des renseignements américains surveilleront aussi de façon particulièrement intensive le risque de cyber-attaques, à la suite de la détermination par 17 services de renseignements américains, tout le long de l’été, que le gouvernement russe s’est ingéré durant la campagne à travers des fuites organisées de façon stratégique.

Lors de son dernier jour de campagne pour Clinton, Obama a déclaré à une foule rassemblée dans le Michigan, qu’il ne fallait redouter aucune interférence dans le cadre de ces élections et qu’il fallait plutôt rejeter les incitations disant que leurs suffrages seraient « compromis ».

 » Après tout ce bruit, après les vidéos négatives, ces campagnes, ces rassemblements, il n’en revient qu’à vous », a t-il dit. « Ce n’est pl entre les mains d’Hillary, ni entre celles de Michelle, ce n’est pas non pls entre mes mains. C’est entre vos mains ».

« Le destin de notre démocratie dépend de vous et de ce que vous ferez en vous rendant aux urnes, demain, de combien vous emmènerez de personnes pour vous assurer de leur vote », a ajouté Obama, sortant.

jpost.com

Adaptation : Marc Brzustowski

Pronostic : Tout semblait plié pour le Donald jusqu’au tout dernier coup de théâtre du Directeur Comey : la relance officielle de l’enquête pouvait lui assurer la victoire à titre conservatoire. Tout porte à croire qu’Hillary ne sera pas parvenue, à cause de tous ses écarts de conduite (Benghazi, l’accord nucléaire iranien, les e-mails, les pots-de-vin de la Fondation, son alliance avec la soeur musulmane Huma Abedin…)  au sommet de ses ambitions. 

4 Commentaires

  1. Ixiane, « il faut il faut et il taut », mais l’Amérique n’est pas la Syrie, Irak ou l’Iran; l’Amérique est une démocratie où le peuple choisie librement ses représentants qu’ils vous plaisent ou non.

  2. Hillary représente la gauche caviar coupé de la réalité et du petit peuple Américain véritable et Donald est celui qui défend l’Amérique profonde. Devinez qui avait les chances de gagner les élections ? D’ailleurs les médias de la gauche caviar américaines ont roulé pour Hillary et les Clinton Obama et consorts. Leurs sondages étaient du pipo. N’ont-ils pas vu que les metings de Trump étaient noir de monde pendant que ceux de Hillary Clinton 4X moins ? Vive le nouveau Président des Etats Unis d’Amérique, Donald Trump !

  3. Je me demande comment l’auteur de l’article, ici Mr Marc Brzustowski, peut s’être prononcé tout au long de cette analyse, en mettant les deux protagonistes aux même niveaux de nuisance potentielle.

    Alors que pour Mme Clinton les casseroles qui sont loin d’être de simples rumeurs, sont plutôt d’une extrême gravité, pour qui veut avoir les rênes d’un pays aussi important que les USA.

    La campagne a été d’un vilain niveau, cela est vrai, mais l’un n’en est pas fait moins que l’autre…et ce qui était largement permis à l’un, a facilement été outrageant venant de l’autre…

    D’une part :

    De plus, qu’à t’on trouvé à reprocher à Mr Trump ? D’être un sale Macho ? Oui ! C’est vrai c’est en effet un sale macho, comme le sont sans doute pratiquement une majorité d’hommes, et bien davantage encore tous les hommes de pouvoir. Partout où ils se trouvent…

    Seulement Trump ne vient pas du milieu politique et n’en connaît ni utilise cette langue de bois qui est la seconde nature de tout politicien.

    Ce serait plutôt rafraichissant étant donné que les reproches qui lui sont faits ne sont pas d’une gravité aussi astronomique que les manipulateurs essaient de le faire croire.

    1-Vous pensez que le Mari Clinton est mieux sur ce terrain ?

    2 Vous trouvez qu’il est beaucoup plus décent que pour se défendre, la dame Clinton se soit entourée de personnalités du Monde « Hollywoodien » ?
    Et parmi elles, certaines dont les frasques dans la réalité médiatique et pas seulement… ont largement et de loin dépassées, toutes les vilaines inconduites et fredaines machistes manifestés depuis ?…
    On a fouillé loin pour trouver, des histoires ridicules, qui n’importe où s’appelleraient de la drague et même du racolage si vous voulez – certainement lourdaud de la part d’un homme peut être misogyne, ce qui n’est pas sur –car alors, ce serait très partagé dans le Monde.…Cela commence dans la cour des écoles primaires avec des garnements…Jusqu’à l’Université avec de plus grands « enfants », en verve, et surtout en pleine crânerie et cela continue ensuite…

    Enfin cela se passait encore il n’y a pas si longtemps, quand on n’avait pas décidé de faire les puritains à géométrie variable. Je rappellerais pour cela rapidement les frasques chez nous de Mitterrand, Hollande et il paraîtrait que Mr Chirac…
    Sans oublier ceux qui ont été pris la main dans le sac…Si je puis dire !

    Avez-vous entendu les promesses de Madonna pour ceux qui voteraient Clinton ?
    Si.. non ! Ce serait facile de retrouver sur Google. C’est autrement choquant, où alors aujourd’hui, dans ce domaine on inverse, et tout ce qui n’est plus permis aux hommes, est largement autorisée si l’on est femme ?

    Avez-vous vu comment se sont présentées les autres petites « artistes » entremises dans cette défense – Enfin des artistes, plutôt de sales gamines par encore vraiment matures mais qui vraiment n’ont rien à envier côté perversité et inconduites dans leurs vies privées et publiques pourraient faire rougir Trump, lui-même…

    Ne parlons pas de tous les autres, nous savons dans ce milieu qui la soutient avec tant de ferveur ce qu’il en est de leur vie ….disons…personnelle ?

    Oh mais ce qui vous choque, c’est surtout sa façon de parler de l’immigration peut-être ?
    Et que se passe -il donc , dans nos sites communautaires , d’autre ?
    Pas beaucoup plus subtilement pour beaucoup d’ailleurs ?

    Mon Dieu Comment nous en sortir, si on condamne quelqu’un qui ose dire les choses par les noms que beaucoup se disent tout bas ?

  4. L ‘Amérique est ramollie par sa discrimination positive ! Ce n’est plus le mérite et la compétence qui comptent, c’est la couleur de peau, le sexe !! et puis la parité …. il faut des femmes , tant pis si elles ne sont pas candidates, on les obligera ; tant pis si elles ne sont pas compétentes on les aidera , tant pis… il faut de la diversité, il faut que l’arabe devienne une langue officielle !

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