French Defence Minister Florence Parly speaks during a joint press conference with the President of Iraq's Kurdistan Region, in Arbil, the regional capital of northern Iraq, on August 27, 2020. (Photo by SAFIN HAMED / AFP)

Florence Parly, ministre des Armées, a saisi la justice

Militaire français soupçonné d’espionnage au profit de la Russie : ce que l’on sait

L'homme est soupçonné d'avoir fourni des informations sensibles à la Russie (photo d'illustration).
L’homme est soupçonné d’avoir fourni des informations sensibles à la Russie (photo d’illustration). © Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
Un lieutenant-colonel de l’armée française, en poste à l’OTAN, en Italie, a été mis en examen il y a une dizaine de jours pour atteinte à la sécurité. Il est soupçonné d’avoir fourni des documents ou des informations ultra-sensibles à un agent des services secrets russes, selon les informations d’Europe 1. 

 

DÉCRYPTAGE L’affaire a des airs de scénario du Bureau des Légendes, mais elle est bel et bien réelle : comme vous le révélait Europe 1 dimanche matin, un militaire français a été arrêté pour trahison, soupçonné d’avoir transmis des informations sensibles à la Russie. « Un officier supérieur est sous le coup d’une procédure judiciaire pour atteinte à la sécurité »a confirmé la ministre des Armées Florence Parly, invitée du Grand Rendez-vous.

Que sait-on de cet homme ? 

Ce militaire est un lieutenant-colonel de l’armée, en poste à l’OTAN – pas au siège de l’organisation, à Bruxelles, mais dans une base en Italie. Il travaille précisément au centre de commandement des forces alliées, situé près de Naples. Selon les informations d’Europe 1, le suspect, âgé d’une cinquantaine d’années et père de cinq enfants, a de lointaines racines familiales en Russie, et parle couramment la langue de ce pays.

Quelles sont les accusations qui le visent ? 

C’est en Italie que cet officier supérieur a été vu au contact d’un espion russe, un agent du G.R.U., le service de renseignement militaire de la Russie. Dès que ces soupçons sont apparus, la France n’a pas voulu prendre le risque de continuer à le laisser agir. « Le ministère des Armées a pris l’initiative de saisir le procureur de la République en enclenchant l’article 40 (du Code de procédure pénale qui prévoit que tout officier qui acquiert la connaissance d’un crime en informe sans délai l’autorité judiciaire, ndlr)« , a indiqué Florence Parly.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête et la Direction Générale de la Sécurité intérieure (DGSI) a interpellé le militaire suspect il y a une dizaine de jours, alors qu’il finissait ses vacances dans l’Hexagone et qu’il s’apprêtait à repartir en Italie.

Que risque-t-il ? 

Fournir des documents ou des informations ultra-sensibles à un agent russe est un fait qualifié de « trahison » par la justice française. Un crime, passible de quinze ans de réclusion devant une cour d’assises. Tandis que l’enquête est désormais confiée à un juge d’instruction, le militaire, mis en examen, est incarcéré à la maison d’arrêt de la Santé.

Europe 1
Par Guillaume Biet, édité par Margaux Lannuzel

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