Les forces russes déploient des systèmes de missiles Iskander K lors d’exercices près de l’Ukraine

Si la Russie lance une offensive contre l’Ukraine, la « riposte sera » et elle paiera « un coût très élevé », a prévenu le président Macron, qui aura l’occasion d’en parler avec son homologue russe, Vladimir Poutine, lors d’un échange téléphonique prévu le 28 janvier, soit deux jours après la tenue, à Paris, d’une réunion au format dit de « Normandie », avec des diplomates français, allemands, russes et ukrainiens.

À Washington, le président Joe Biden a dit ne pas écarter l’idée de sanctionner « personnellement » M. Poutine, promettant également « d’énormes conséquences » si Moscou décidait d’attaquer l’Ukraine, ce qui, selon lui, « changerait le monde ».

En réponse, ce 26 janvier, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a relativisé les propos de M. Biden, estimant que les sanctions envisagées par ce dernier ne seraient « pas douloureuses politiquement » pour le président russe mais « destructives » pour les relations entre la Russie et les Occidentaux. Et le président de la Douma [chambre basse du Parlement russe], Viatcheslav Volodine, a fait valoir qu’elles viseraient surtout le « choix du peuple russe ».

En attendant, les discussions sur les garanties de sécurité que la Russie entend obtenir des États-Unis et de l’Otan sont au point mort, aucune des parties n’ayant manifesté l’intention de faire la moindre concession. Et la pression militaire russe sur l’Ukraine continue de s’accentuer.

Ainsi, le 25 janvier, le ministère russe de la Défense a annoncé de nouvelles manœuvres aux abords de la frontière avec l’Ukraine, peu après que le Pentagone a indiqué la mise en alerte de 8’500 militaires, susceptibles de venir renforcer la Force de réaction de l’Otan [Nato Response Force, NRF] le cas échéant.

Cela étant, l’ampleur des manœuvres russes est relativement limitées puisqu’elles mobilisent environ 6’000 hommes, des avions de chasse de type Su-27SM et Su-30SM2, des bombardiers tactiques Su-34 « Fullback » ainsi que des navires des flottes de la mer Noire et de la mer Caspienne.

« L’objectif principal [de ces exercices] est de s’assurer des capacités de combat des troupes, de leur état de préparation pour accomplir leurs missions à court préavis », a expliqué le ministère russe de la Défense.

À noter que celui-ci a également annoncé le déploiement d’un bataillon de guerre électronique dans la région de Belgorod, frontalière avec l’Ukraine, afin d’augmenter « considérablement » les capacités de reconnaissance des forces déployées dans le secteur.

Quoi qu’il en soit, les manœuvres annoncées par Moscou sont aussi un moyen de montrer les muscles… Ainsi, l’état-major russe a diffusé une vidéo montrant une unité dotés de missiles Iskander en train se déployer.

Selon les images, les engins en question seraient apparemment des missiles de croisière 9M728 Iskander-K [SSC-7 « Screwdriver »] qui, également appelés R-500, ont une portée approchant les 500 km. À moins qu’il ne s’agisse de missiles 9M729 [SSC-8], qui en sont une version modernisée. Leur portée serait supérieure à 500 km… Et

Pour rappel, le 9M729 est à l’origine du retrait des États-Unis du traité des Forces nucléaires intermédiaires [FNI], ces derniers ayant affirmé que sa portée était supérieure à la limite autorisée par ce texte, soit 500 km.

L’Iskander-K, comme l’Iskander-M [qui correspond au missile balistique 9M723 ou, selon la nomenclature de l’Otan, SS-26 Stone], est mis en oeuvre depuis un Tracteur-Élevateur-Lanceur [TEL] 9P78-1, qui peut en accueillir deux exemplaires.

Le système Iskander « apparaît comme central dans les capacités d’action dans la profondeur russes, mais aussi en tant qu’instrument politique. Les tensions avec l’Otan autour du déploiement de défenses antimissile […] ont ainsi été à l’origine de plusieurs annonces de déploiement du système dans l’enclave de Kaliningrad, que ce soit de manière permanente ou dans le cadre d’exercices, suivies de plusieurs démentis. Des Iskander y sont cependant basés de manière permanente depuis 2016, sans que l’on sache s’ils sont dotés du missile SS-26 ou du SSC-7 », relevait le magazine DSI, en septembre 2019.

Et d’ajouter : « Dans la vision russe, ces armes restent prioritairement affectées aux opérations contre les États, dans le cas d’une guerre régulière de haute intensité ».

Dans le cas de l’Ukraine, les missiles SSC-7 seraient notamment utilisés pour frapper les postes de commandement et les cibles à haute valeur ajoutée, en coordination avec d’autres capacités.

2 Commentaires

  1. J’y vois une véritable partie d’échec entre POUTINE et l’occident dont le but est de recréer le modèle soviétique dont il a amèrement regretté la disparition. Sauf qu’en ce moment il joue une partie qui pourrait se traduire en tragédie.

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