Les déclarations de Donald Trump relancent les spéculations sur un rapprochement stratégique entre Israël et l’Arabie saoudite. Alors que le royaume saoudien fait face à une intensification des attaques des rebelles houthis du Yémen, le président américain affirme que l’État hébreu lui a déjà apporté une aide importante. Une coopération qui pourrait, selon lui, ouvrir la voie à une normalisation diplomatique longtemps attendue entre Jérusalem et Ryad.
Interrogé vendredi devant la Maison Blanche sur l’éventualité d’une assistance israélienne à l’Arabie saoudite, Donald Trump s’est montré particulièrement affirmatif. « Israël a été d’une grande aide pour l’Arabie saoudite », a-t-il déclaré, estimant que Ryad devrait accueillir favorablement cette coopération. Le président américain n’a toutefois pas précisé la nature de cette assistance, ni confirmé l’existence d’une collaboration militaire directe contre les Houthis. Cette ambiguïté n’enlève rien à la portée diplomatique de ses propos, dans une région où les relations sécuritaires évoluent sous la pression des menaces communes.
Les attaques houthies rapprochent les intérêts régionaux
L’Arabie saoudite traverse une nouvelle période de fortes tensions sécuritaires. Les Houthis, mouvement armé yéménite soutenu par l’Iran, multiplient les attaques contre ses infrastructures stratégiques. Installations pétrolières, navires commerciaux et aéroport international de Ryad figurent parmi les cibles. Une récente frappe contre l’aéroport aurait provoqué la mort de treize personnes, tandis que la coalition dirigée par Ryad annonce avoir intercepté plusieurs drones, missiles de croisière et missiles balistiques, notamment au-dessus de la mer Rouge et de Yanbu, important terminal pétrolier saoudien.
Israël possède de son côté une expérience opérationnelle significative face aux attaques houthies. Depuis plusieurs années, son territoire est visé par des missiles balistiques et des drones provenant du Yémen. Ses systèmes de défense aérienne ont intercepté de nombreux projectiles, même si certaines frappes ont causé des victimes. L’armée israélienne a également mené des opérations contre des installations contrôlées par les Houthis. Interrogé sur d’éventuelles demandes d’assistance saoudiennes, Benjamin Netanyahu a récemment affirmé que presque tous les États du Moyen-Orient sollicitaient l’aide d’Israël, sans confirmer explicitement une coopération avec Ryad.
Les Accords d’Abraham reviennent au premier plan
Au-delà de la dimension militaire, Donald Trump voit dans cette convergence d’intérêts une occasion de relancer les négociations diplomatiques. Questionné sur une éventuelle normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite dans le cadre des Accords d’Abraham, il a répondu que cette perspective était d’actualité, « peut-être plus que jamais ».
Avant les attaques du 7 octobre 2023, les deux pays semblaient proches d’un accord historique. Le processus avait ensuite été interrompu par la guerre à Gaza. Ryad maintient cependant une condition essentielle : l’existence d’une perspective crédible de création d’un État palestinien. Cet obstacle politique demeure, malgré les intérêts sécuritaires communs.
Parallèlement, l’Iran rejette les accusations saoudiennes selon lesquelles il encouragerait les offensives houthies. Téhéran affirme ne pas diriger leurs opérations et propose sa médiation, tandis que Ryad l’accuse de continuer à fournir armes, formation et soutien au mouvement yéménite.
Dans ce contexte, les attaques contre les infrastructures énergétiques et les voies maritimes de la mer Rouge accentuent les inquiétudes régionales. Pour Washington, la menace houthie pourrait favoriser un rapprochement israélo-saoudien. Mais entre coopération sécuritaire et reconnaissance diplomatique officielle, plusieurs obstacles restent à surmonter.
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