Israël accélère son intégration dans le nouveau hub commercial au Moyen-Orient
Israël se positionne activement pour renforcer son rôle dans le corridor commercial IMEC (Inde-Moyen-Orient-Europe), un projet stratégique visant à créer une nouvelle voie d’échange entre l’Asie et l’Europe. Face aux menaces pesant sur les routes maritimes traditionnelles, notamment les attaques des Houthis en mer Rouge et les tensions avec l’Iran, la société Ports d’Israël (חנ »י) prépare une proposition gouvernementale pour établir des ports terrestres connectés aux infrastructures portuaires et ferroviaires existantes. Cette initiative a été annoncée lors du récent congrès Mare Med à Tel-Aviv, en présence de représentants israéliens et internationaux.
Le projet IMEC ambitionne de réduire la dépendance aux passages maritimes vulnérables comme le détroit de Bab el-Mandeb et le canal de Suez, en offrant un itinéraire alternatif qui traverse le golfe Persique, l’Arabie saoudite, la Jordanie, avant d’atteindre Israël. De là, les marchandises seraient expédiées vers la Grèce et d’autres pays européens, combinant transport terrestre et maritime. Ce corridor vise à optimiser les délais de livraison et à sécuriser les échanges commerciaux dans une région marquée par des risques géopolitiques croissants.
Cependant, Israël fait face à une concurrence régionale significative. La Turquie et la Syrie développent des corridors concurrents, ce qui accentue la nécessité pour Israël d’accélérer la mise en place de ses infrastructures et de consolider ses partenariats internationaux. Lors du congrès, un forum international a été créé, réunissant des acteurs d’Israël, des États-Unis, de la Grèce, de l’Union européenne et de la Jordanie, ainsi que des compagnies maritimes et des exploitants portuaires. Ce groupe a pour mission de faciliter la coordination, lever les obstacles réglementaires et opérationnels, et assurer le passage rapide du projet de la phase de planification à celle de l’exécution.
Le directeur général de Ports d’Israël a souligné l’urgence de cette démarche : « Le projet IMEC représente une opportunité historique pour transformer Israël en un hub commercial majeur. Ce n’est plus une question de savoir si cela se fera, mais quand. Toutefois, la compétition s’intensifie et la fenêtre d’opportunité ne restera pas ouverte indéfiniment. » Le président de l’entreprise a également insisté sur l’importance stratégique du corridor, le qualifiant de « pont reliant le Moyen-Orient à l’Europe » et d’un élément clé pour renforcer la position géopolitique et la résilience nationale d’Israël à long terme.
Par ailleurs, le responsable des entreprises publiques a appelé le gouvernement à doter les sociétés impliquées des moyens nécessaires pour agir rapidement et efficacement. La Grèce, partenaire essentiel, souhaite utiliser ses ports du Pirée et de Thessalonique comme points d’entrée principaux des marchandises en Europe, réaffirmant la coopération étroite avec Israël dans ce cadre.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les routes maritimes traditionnelles sont fragilisées par des attaques ciblées et des tensions régionales, notamment autour du détroit d’Hormuz, passage stratégique pour le transport énergétique. La sécurisation et la diversification des voies commerciales sont donc devenues des priorités pour Israël, tant sur le plan économique que stratégique.
Israël mise sur le corridor IMEC pour devenir un acteur incontournable du commerce intercontinental, en s’appuyant sur des infrastructures terrestres et maritimes intégrées. La réussite de ce projet dépendra de la capacité à surmonter les défis géopolitiques, à accélérer les travaux et à maintenir des alliances solides avec ses partenaires régionaux et européens. Le temps est compté pour Israël, qui doit éviter de laisser cette opportunité stratégique échapper à ses concurrents régionaux.
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