Les Juifs d’origine algérienne qui ont souffert de la persécution nazie pendant la Seconde Guerre mondiale seront indemnisés par l’Allemagne pour la première fois, rapporte lundi le quotidien israélien Haaretz.

La compensation, d’un montant d’environ 2.550 euros (environ 11.000 shekels) par personne, sera accordée cet été aux Juifs qui vivaient en Algérie entre juillet 1940 et novembre 1942 et ont subi la persécution du régime français de Vichy, qui a coopéré avec les nazis.

Selon les estimations, environ 25.000 personnes seraient concernées. La plupart vivent en France et environ 3.500 vivent en Israël.

« Cette reconnaissance d’un grand groupe d’Algériens qui ont souffert des mesures antijuives des alliés nazis aurait dû avoir lieu il y a longtemps », a déclaré Greg Schneider, directeur général de la Claims Conference, organisation dont le but est de réclamer des dédommagements pour les victimes des nazis et les rescapés de la Shoah, qui a mené les négociations avec Berlin.

Selon lui, les Juifs algériens sont le dernier grand groupe de Juifs persécutés pendant la Shoah, qui recevront une compensation de l’Allemagne.

« Cette compensation est une petite mesure de justice que méritent ces survivants de l’Holocauste, mais leur reconnaissance est importante … Nous continuerons à nous battre jusqu’à ce que tous les survivants de l’Holocauste soient reconnus », a déclaré Rudiger Mahalo, représentant de la Claims Conference en Allemagne.

Les personnes éligibles résidant en Israël recevront un courrier de la Claims Conference et de l’aide pour remplir les formulaires de demande. Paris, Marseille, Lyon et Toulouse ouvriront des centres d’information, qui aideront également les survivants dans les démarches.

Le professeur Haim Saadon, directeur du Centre de documentation sur les Juifs d’Afrique du Nord durant la Seconde Guerre mondiale à l’Université de Jérusalem, étudie actuellement un grand nombre de documents récemment publiés en France sur le déplacement des Juifs en Algérie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Selon lui, le premier et le plus important coup subi par les Juifs d’Algérie durant la guerre a été l’abolition du décret Crémieux en 1940, qui avait attribué la nationalité française à la population juive d’Algérie en 1870.

« Les Français en Algérie n’ont jamais accepté le fait que les Juifs là-bas aient reçu des droits égaux à ceux des Français », a déclaré Saadon.

En outre, certains Juifs algériens, dont le nombre exact n’est pas connu, ont été envoyés en détention et dans des camps de travail dans toute l’Algérie. Cependant, selon Saadon, cette déportation n’a pas eu lieu de manière systématique et n’était pas dirigée contre les seuls Juifs.

i24news.fr

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Marie

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