Le front de plus contre l’Iran

Le 12 février, Qassem Soleimani, chef des Brigades al Quds des Gardiens de la Révolution, promettait « l’éradication de l’entité sioniste », à l’occasion du 10ème anniversaire de  l’élimination du mégaterroriste Imad Mughniyeh, chef de guerre extérieure du Hezbollah durant de nombreuses années… 

Depuis cette élimination ciblée, la liste est longue des successeurs délégués par Soleimani qui ont essayé… et ont connu un sort identique. 

L’expérience montre que la loi des vase communicants entre généralement en jeu quand il s’agit des confrontations avec l’Iran et ses milices supplétives, d’un côté, et des menaces terroristes contre des cibles israéliennes ou juives de l’autre. Selon Meir Geshuni, ancien officier supérieur au sein du Shin Bet, un déploiement complet de sécurité est requis sur tous les fronts, aussi bien en Israël qu’ailleurs. Opinion.

Les célébrations Iraniennes de la commémoration de la Révolution (Photo: AP)

La bataille à laquelle Tsahal a été contraint de participer, sur le théâtre d’opérations Nord, samedi 10 février 2018, s’est terminée par un K.O du dispositif syro-iranien déployé sur les hauteurs du Golan, face aux services de renseignements et aux forces aériennes d’Israël. La prise de conscience par l’Iran et la Syrie qu’il leur serait difficile d’agir librement à la frontière israélienne, dorénavant, débouche nécessairement sur l’évaluation qu’ils vont tenter de répliquer contre Israël sur d’autres théâtres d’opérations.

Par conséquent, il est vivement recommandé de se préparer à la continuation du conflit ailleurs et d’être en alerte sur tous les fronts.

L’expérience démontre que la loi des vases communicants entre généralement en jeu, dès qu’il s’agit des confrontations avec l’Iran ou ses milices supplétives, dans une arène particulière d’un côté, et des menaces terroristes contre des cibles israéliennes, en Israël et à l’étranger, de l’autre.

Plus Israël a l’avantage dans le conflit, plus motivé sera l’effort iranien pour chercher un « ventre mou » israélien sur d’autres scènes. Par conséquent, l’escalade sur le front nord et le combat direct contre des forces iraniennes (pour la première fois) et syriennes, nécessité d’élever le niveau d’alerte autour des organismes israéliens autour du monde, afin d’empêcher et de déjouer des tentatives d’attentats terroristes.

La confrontation contre les supplétifs de l’Iran se déroule depuis des années sur divers théâtres d’opération le long des frontières d’Israël : dans le sud avec le Hamas et, tout particulièrement dans le nord avec le Hezbollah. En même temps, les services de renseignements iraniens sot très occupés à recueillir des renseignements préalables à un attentat, tout en planifiant et en commettant des attaques contre des cibles israéliennes et juives à l’étranger. C’est devenu évident au cours de ces dernières années, quand des diplomates et touristes israéliens ont été pris pour cibles en Géorgie, en Bulgarie et en Inde, ou quand des tentatives d’attentats ont été déjouées autour du globe (par exemple en Thaïlande, il y a deux ans).

Dans quelques semaines, nous marquerons les 26 ans, depuis qu’une attaque à la voiture piégée avait conduit à l’effondrement de l’Ambassade israélienne à Buenos-Aires, en Argentine, avec, pour conséquence la mort de 29 personnes, dont 4 responsables israéliens et des séquelles pour plus de 220 blessés. Il est évident que la communauté des renseignements a toujours su que les services d’espionnage iraniens était à l’origine de cet attentat meurtrier.

Deux ans plus tard, le 18 juillet 1994 (photo du haut de page), le Centre Communautaire Caritatif de Buenos Aires – « Beit Amiya » – explosait. Le Hezbollah a revendiqué sa responsabilité dans l’attentat, en disant qu’il s’agissait d’une vengeance, à la suite d’un bombardement réalisé par les forces aériennes israéliennes contre un de ses camps d’entraînement à Ein Dardara, lors duquel 50 terroristes de l’organisation avaient été liquidés. Les empreintes de l’Iran sont également évidentes dans ce dossier.

On a aussi découvert que la Syrie, même à l’époque d’Hafez El Assad, était impliquée dans des attentats terroristes contre des cibles israéliennes à l’étranger, le plus important ayant été la tentative de faire exploser un avion d’El Al sur un vol de Londres à Tel Aviv, le 17 avril 1986. Une passagère irlandaise : Anne-Marie Murphy, enceinte de 5 mois, manipulée par Nezar Nawwaf al-Mansur al-Hindawi, un agent syrien de nationalité jordanienne (le père de son enfant à naître) avait tenté d’embarquer par le vol d’El Al transportant 375 passagers, avec une valise à double-fond contenant 1,5 kg de Semtex.

Ce n’est uniquement que le professionnalisme et le haut niveau d’alerte de l’officier de sécurité et de l’équipage de sécurité d’El Al qui a empêché la perte de cet avion et la mort certaine de ses 375 passagers et membres d’équipage. L’investigation menée par les services de renseignements britanniques et israéliens a révélé que la Syrie et ses services de renseignements étaient directement reliés à cette tentative d’attentat. Il a aussi été révélé que l’engin explosif lui-même avait été assemblé au coeur de lAmbassade syrienne à Londres.

Indépendamment des renseignements ciblés nécessaires pour orienter le déploiement sécuritaire en préparation de possibles attaques, toute évaluation de futurs attentats mis en oeuvre par le Hezbollah ou l’Iran – ou même la Syrie – contre des cibles israéliennes à l’étranger doit envisager une très large gamme de méthodes d’actions éventuelles.

Des plateformes mobiles comme des voitures et des drones piégés sont les moyens prévalents d’attaque menée par des organisations terroristes n’importe où dans le monde, étant donnés les avantages inhérents qu’ils comportent. L’utilisation de véhicules banalisés, afin les transformer en armes permet aux terroristes de parvenir à des effets physiques et médiatiques significatifs. Des drones armés, d’un autre côté, ne sont pas encore régulièrement utilisés, mais ils prennent de plus en plus de place dans l’arsenal des organisations terroristes, qui les utilisent pour obtenir des résultats plutôt impressionnants, en particulier en Syrie et en Irak.

Le Hezbollah et le Hamas, avec le soutien et les encouragements de l’Iran, ont déjà lancé des engins aéroportés (c’est-à-dire des drones) interceptés par les forces aériennes de Tsahal. L’incident le plus récent s’est déroulé samedi dernier, 10 février, par l’infiltration d’un UAV sophistiqué, intercepté par un hélicoptère d’attaque Apache de l’IAF.

Les forces de sécurité qui font face à ces menaces requièrent un déploiement sécuritaire spécialisé, qui comprend diverses composantes de doctrine, de procédures et de moyens technologiques.

En l’absence de renseignements ciblés (et même si une telle information est disponible), un déploiement complet est nécessaire si on veut empêcher et déjouer des attentats de divers types et contre des cibles diversifiées : des personnalités, des installations et infrastructures, y compris dans le cyberespace (bien que dans ce cas particulier, les Iraniens choisiront vraisemblablement de s’attaquer à des cibles physiques).

Les organismes de sécurité et de défense doivent demeurer proactifs pour empêcher des dommages à l’avenir. En d’autres termes, les efforts pour déjouer ces tentatives au niveau tactique sont impératifs, non seulement pour sauver des vies, mais aussi pour créer un espace de respiration stratégique et empêcher l’escalade du conflit.

Meir Gershuni | 12/02/2018

 ***

Meir Gershuni, ancien officier supérieur de l’Agence de Sécurité Intérieure Israélienne ou Shin Bet, est aujourd’hui propriétaire d’une entreprise de conseil en Sécurité.

israeldefense.co.il

Adaptation : Marc Brzustowski

3 Commentaires

  1. tant que tous ceux qui ont le pouvoir d’y mettre un terme abaisserons le froque rien ne sera fait ! combien de fois ISRAËL leurs à dit quoi faire pour y mettre un terme ! combien de fois par de beau dicourt ils ont promis de le faire résultat !!!!! rien ‘as été fait ! pourquoi ? ON APPEL CELA UNE IMMENSE PEUR DE S’ENGAGER ! par contre quand ISARËL ose faire ceux qu’eux sont incapable de faire , ils deverses leurs haine et leurs annerie habituel ! pourquoi ? pour vendre leurs armes et faire bonne figure auprès de ceux qui leurs font très peur !

  2. « Faire front commun… »
    Il y a un tas de pays qui seraient prêts à aider les commanditaires des attentats.
    Plus ceux qui, s’en aider les commanditaires, attendent avec impatience la chute d’ Israël, ce pays dont le peuple est trop fier et a la nuque merveilleusement (pour moi) raide.

  3. Puisqu’on connaît les commanditaires des attentats dans le monde, il devrait y avoir un front militaire commun de tous les pays pour frapper durement, sur leurs sols les commanditaires qui se sentent aujourd’hui intouchables. Tant qu’ils ne seront pas directement touchés dans ce qu’ils ont de plus cher, ils continueront à nuire.

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